Strasbourg: Pourquoi l'université relativise le résultat du classement de Shanghai

EDUCATION Restée entre la 101e et la 150e au désormais traditionnel palmarès mondial annuel de Shanghai en 2017, l'université de Strasbourg relativise de nouveau le résultat. Voici pourquoi...

Bruno Poussard
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L'université de Strasbourg reste néanmoins dans le Top 150 du désormais prestigieux classement de Shanghaï. Illustration
L'université de Strasbourg reste néanmoins dans le Top 150 du désormais prestigieux classement de Shanghaï. Illustration — Gilles Varela
  • Classée 87e en 2015 au classement de Shanghaï, l'université de Strasbourg reste en 2017 entre la 101e et la 150e place, où elle a chuté l'été précédent.
  • Comme un an plus tôt, son président a tenu à relativiser ce palmarès, sa portée et ses différents critères et algorithmes de classement.

Le classement académique de Shanghai ne connaît pas le 15 août. Et à Strasbourg, le cru 2017 n’a pas attendu longtemps avant de faire réagir. Classée 87e en 2015, l’université passée dans la catégorie « 101e-150e » l'année suivante n’a donc pas progressé en 2017, malgré le prix Nobel de chimie de Jean-Pierre Sauvage fin 2016.

C’est ce résultat qui est probablement à l’origine de la rapide réaction de Michel Deneken, nouveau président de l’Unistra, le petit nom de l’université de Strasbourg. Un propos résumé dans un communiqué à l’intitulé relativement clair, « un classement parmi d’autres », et répété dans la matinale de France Inter ce mercredi matin.

Parce qu’elle l’avait déjà fait l’année passée et reste sur sa ligne

« Qu’il soit bon ou moins bon pour notre université, le classement médiatique, qui sort en plein été, ne révèle pas la diversité des universités de recherche en France », résume ainsi Michel Deneken. Ce que son prédécesseur, Alain Beretz, avait déjà déclaré, en substance, un an plus tôt : « Une université n’est pas un produit volatil. »

Parce que les critères de jugement seraient incomplets

En rentrant dans le détail, l’actuel président de l’Unistra commence par parler de « la complexité des critères ». Qui ne seraient pas pour avantager les universités françaises (pas vraiment sélectives), au fonctionnement et au contexte différents des universités américaines, qui trustent encore le Top 20 du palmarès académique de Shanghai.

Ces critères n’avantageraient surtout pas, selon les précisions de Michel Deneken, celle de Strasbourg comme celles d’Aix-Marseille ou de Bordeaux, bien engagées dans les sciences humaines et sociales, « complètement ignorées », puisque le classement ne concernerait « que les sciences exactes et les publications de recherche ».



Parce que d’autres classements la mettent en meilleure posture

En sortant au milieu du mois d’août, dans une période à l’actualité souvent peu importante, le classement de Shanghai a acquis une sacrée portée médiatique. C’est de là qu’est probablement aussi née la vive réaction strasbourgeoise. Pourtant, d’autres palmarès, moins connus, la mettent en meilleure posture.


Comme le récent Nature index 2017, un classement des organismes de recherche nettement méconnu du grand public et à la lecture plus riche (et compliquée), que le président de l’université de Strasbourg n’hésite cette fois pas à mettre en avant. Pas étonnant, puisque Unistra tire cette fois un peu plus son épingle du jeu.

Parce que les nouveaux algorithmes n’avantageraient pas la France

Le dernier argument de Michel Deneken est le plus technique. Mais pour classer les universités du monde entier, le classement de Shanghai utilise des algorithmes, dont les critères ont évolué. Ce qui ne serait, selon lui, toujours pas à l’avantage des universités françaises, dont la première - Pierre-et-Marie-Curie à Paris - occupe la 40e position.

La faute à la primeur qui serait accordée aux publications récentes plutôt qu’à l’ensemble des travaux des chercheurs, et des universités françaises pas toujours mises en avant parmi les premières dans les signatures de publications scientifiques. Malgré ces nuances, Strasbourg reste toutefois dans le Top 5 des facultés françaises. Cela dit.