Strasbourg : Les lynx transferés en Allemagne parce que les cages du zoo étaient trop petites

ANIMAUX Les deux lynx du zoo de l’Orangerie ont finalement été transférés dans un sanctuaire en Allemagne. Tout un symbole pour les différents partenaires du zoo et un soulagement pour les diverses associations qui réclamaient leur départ…

Gilles Varela

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Le zoo de l'Orangerie. Strasbourg le 19 mars 2017.
Le zoo de l'Orangerie. Strasbourg le 19 mars 2017. — G. Varela / 20 Minutes
  • Les lynx du zoo de l’Orangerie à Strasbourg ont été transférés dans un sanctuaire en Allemagne
  • Un geste porteur d’espoirs pour les associations protectrices des animaux et l’occasion de porter de nouveaux projets pour Strasbourg

« Cela s’est fait en toute discrétion, dans la plus grande quiétude, pour ne pas soulever les tensions et que l’on ne se focalise pas sur ce transfert, pour le bien des animaux », confie Christel Kohler, adjointe au maire en charge du dossier du zoo de l’Orangerie.

Depuis mardi matin, les deux lynx ont quitté le zoo de Strasbourg pour rejoindre un sanctuaire en Allemagne, le Bärenpark, à une soixantaine de kilomètres, et « disparaître dans la nature ». « Cela est très symbolique, car il y avait une crispation autour de ces animaux dans le parc. Et c’est le résultat d’une belle concertation entre les différents intervenants pour faire évoluer les projets, vers un autre zoo, plus ludique et pédagogique », se félicite Christel Kohler.

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Un zoo pointé du doigt

Et il est vrai que la contestation et les polémiques ne manquaient depuis de longues années, menant souvent au clash les nombreux intervenants, où les associations de protection des animaux, l’association des Amis du zoo de l’Orangerie à qui appartiennent les animaux, l’université et la ville de Strasbourg, se déchirent.

Un zoo pointé du doigt, sur liste noire des associations naturalistes, objet de pétitions virulentes sur internet appelant à sa fermeture. Un lieu inapproprié et exigu, avec des « cages prison », se plaigne les internautes. Non pas que les animaux aient été maltraités, bien au contraire, reconnaissent tous les intervenants. Mais le zoo lui-même devait être mis au goût du jour, repensé, dans la forme comme sur le fond.

Pourtant, d’autres parcs animaliers français présentent des animaux sauvages. Mais ceux contactés par 20 Minutes, comme ceux de Paris, affirment ne pas connaître ce genre de problème, les infrastructures étant adaptées à la morphologie des animaux. Strasbourg, une particularité française donc ? « C’est un petit zoo, devenu vétuste, caractéristique des zoos du XXe siècle et pas en phase avec les aspirations des visiteurs, justifie Christel Kohler. Et en Alsace, c’est un peu particulier. On a un réseau d’associations naturalistes qui est extrêmement dense. Des associations nationales comme Code animal, ont leur président à Strasbourg. »

Un transfert symbolique

« Ce transfert est symbolique mais aussi porteur d’espoir », explique Franck Schrafstetter président de l’association Code animal à l’origine d’une plainte déposée en 2013 pour mauvais traitements à l’encontre des deux lynx. « Ils vont passer d’un espace d’une soixantaine de mètres carrés à plus d’un hectare et demi, avec d’autres espèces, comme des ours. Les projets, discutés avec l’Université de Strasbourg, Alsace nature, la ville, l’association des Amis du zoo de l’Orangerie, progressent, nous ne pouvons que nous féliciter de cette situation, même si sur le fond, nous continuons de penser qu’il ne faut plus de zoos. »

Autre bonne nouvelle, un consensus autour du sort donné aux macaques qui, pour des raisons historiques et pratiques, devraient rester au zoo et connaître des aménagements de leur espace de vie, a été trouvé. Mais surtout, la réduction des diverses espèces proposées et la mise en avant de la faune locale et de mesures pédagogiques, notamment à l’attention des scolaires, devraient permettre un peu plus encore de rassembler tous les intervenants de ce complexe dossier.

Côté calendrier, une enquête auprès des Strasbourgeois sera menée dès cet automne et un projet final (et chiffré) pourrait voir le jour dès le premier trimestre 2018.