Strasbourg: Ce qu'il faut savoir sur le projet de création d'un marché couvert

CONSOMMATION La ville de Strasbourg s’engage enfin pour la création d’un marché couvert qui devrait s’installer sur la Grande-Ile ou ses abords…

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Ce qu'il faut savoir sur le projet de création d'un marché couvert (Illustration, à Nantes)
Strasbourg: Ce qu'il faut savoir sur le projet de création d'un marché couvert (Illustration, à Nantes) — Julie Urbach / 20 Minutes
  • Strasbourg souhaite, d’ici à quelques années, se doter d’un marché couvert sédentaire, mêlant commerces et restauration, et où seraient valorisés produits locaux et savoir-faire des terroirs
  • Un groupe de travail a été mis en place par la collectivité et ses partenaires issus du secteur économique strasbourgeois pour donner un cadre au projet

Cela fait partie des serpents de mer strasbourgeois. Cette fois, il semblerait que la ville de Strasbourg et ses partenaires du secteur économique (l’association commerçante Vitrines de Strasbourg et la Chambre de commerce et d’industrie notamment) soient décidés à rouvrir pour de bon le dossier de création d’un marché couvert sédentaire au centre-ville. Un groupe de travail a été créé.

C’est quoi ? Une sorte de halle gourmande mêlant commerçants sédentaires locaux et variés, ainsi que de la restauration. Une vitrine de la gastronomie alsacienne en somme. Olivier Klein, membre des Vitrines de Strasbourg, imagine : « Le rez-de-chaussée avec les commerces, un premier niveau en sous-sol qui leur serait réservé pour le parking, les livraisons, l’évacuation des déchets. Deux autres niveaux en sous-sol pour le parking clients. A l’étage, au-dessus des commerces, des restaurants qui proposeraient une cuisine du marché. Et pourquoi pas un dernier niveau dédié à la culture ». Avec une répartition actuellement prévue de 50 % de commerçants sédentaires, 35-40 % de restauration sur site et 5-10 % de commerces non-sédentaires ou d’événementiel. Mais cela peut encore être modifié.

C’est prévu où ? S’il reste encore beaucoup de choses à définir, deux éléments semblent fixés. D’abord, la surface du marché couvert : 1.400 m² ou plus. Ensuite, son emplacement : sur la Grande-Ile de Strasbourg ou aux abords de l’ellipse insulaire. Cela pourrait être sur la place Grimmeissen à la Petite-France comme un projet privé le suggère déjà. Mais aussi dans un parking libre rue Kageneck voire place de la Bourse ou place de l’Etoile. Cette question fera partie de la concertation.

C’est pour quand ? Vous avez peut-être l’eau à la bouche, mais on doit vous prévenir : il faudra encore attendre ! Le projet de création n’en étant qu’à ses débuts, aucune date d’ouverture n’est avancée. Cet été servira à la mobilisation des différents acteurs. Les services de la ville vont de leur côté dresser une liste exhaustive des sites bâtis ou non-bâtis. De septembre à février seront analysés les besoins et demandes (localisation, parking, style architectural, etc.), dans l’espoir qu’en mars la fin de ces études sera accompagnée de la fin du tour de table financier. L’adjoint en charge des commerces et du tourisme, Paul Meyer, rappelle que « c’est un pari » et que Strasbourg n’est pas « garantie de réussir ».

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Et dans les autres villes ? Strasbourg n’est pas en avance, la ville le sait et compte rattraper d’autres grandes villes européennes, telles que Barcelone, Hambourg, Londres… Mais elle a également pas mal de retard sur d’autres villes françaises, puisqu’elle est l’une des rares à ne pas avoir de marché couvert.

A Toulouse, celui de la place Victor-Hugo, dans l’hypercentre, est plus que centenaire et c’est une institution. Il est d’ailleurs en train de subir un grand lifting. Celui de Nantes, le  marché de Talensac, a fêté ses 80 ans.
A Lille, les Halles de Wazemmes,rouvertes en 2004 après rénovation, sont bordées le dimanche par un large marché découvert qui passe pour être l’un des plus vastes de France. Globalement après quelques vicissitudes, les halles ont trouvé leur public, plutôt plus haut de gamme qu’attendu.

Le célèbre marché rennais des Lices passe lui en couvert dans deux halles le samedi matin. La ville compte aussi des vieilles halles centrales qui accueillent des commerces de bouches toute la semaine dans le centre-ville. Surtout pour une clientèle âgée et aisée. A Bordeaux, le grand marché couvert Les Capucins est très fréquenté, surtout le week-end.

Et puis bien plus proche de Strasbourg, mais sur une échelle différente, Schiltigheim va aussi ouvrir un marché couvert en septembre.