Strasbourg: Voilà comment Benoît Hamon aurait pu passer au second tour de la présidentielle

ELECTIONS Dans une expérimentation universitaire de différents modes de scrutin dans deux bureaux de vote de Strasbourg, le candidat du PS Benoît Hamon a notamment obtenu de bien plus jolis scores…

Bruno Poussard

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Au premier tour de l'élection présidentielle, Benoît Hamon a été largement éliminé au premier tour. Mais avec des modes de scrutin testés dans deux bureaux de Strasbourg, le résultat n'est pas le même. Illustration
Au premier tour de l'élection présidentielle, Benoît Hamon a été largement éliminé au premier tour. Mais avec des modes de scrutin testés dans deux bureaux de Strasbourg, le résultat n'est pas le même. Illustration — SIPA
  • Au premier tour de l'élection présidentielle 2017, des chercheurs ont mené des expérimentations d'autres modes de scrutin.
  • Dans deux bureaux strasbourgeois, les volontaires ont placé Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon au second tour, dans un vote par notation et un autre par approbation.

Pas question de refaire l’élection présidentielle. Emmanuel Macron est bien président de la République pour les cinq ans à venir. Mais à Strasbourg, l’expérimentation d’autres modes de scrutin menée par des universitaires lors du premier tour de la présidentielle vient de livrer des résultats différents dans deux bureaux de vote.

>> A lire aussi : Strasbourg: Des modes de scrutin par notation testés par des chercheurs dans deux bureaux de vote

C’est Rue89 Strasbourg qui révèle ce mercredi l’analyse de ces travaux dirigés par la chercheuse Herrade Igersheim. Ainsi, dans les deux bureaux de la salle de la Bourse (historiquement à gauche), Jean-Luc Mélenchon arrive en tête devant Benoît Hamon dans un vote par approbation et un autre scrutin par notation (de 0 à 3).

Deux modes de scrutin testés voient un second tour Mélenchon - Hamon

Pourtant, au scrutin uninominal (réel) que l’on connaît, le candidat du Parti socialiste n’est arrivé que cinquième au premier tour avec 10,35 % des voix de ces deux bureaux strasbourgeois, le 23 avril. Derrière Jean-Luc Mélenchon (29,76 %), Emmanuel Macron (25,75 %), François Fillon (15,28 %) et Marine Le Pen (15,85 %).

En fait, l’étude, menée en parallèle à Grenoble ou Saint-Etienne, montre donc des résultats bien différents lorsque les participants n’ont plus à choisir un candidat unique, grâce aux 1.071 volontaires strasbourgeois (sur les 1.874 votants de ces deux bureaux). Mais pas tous les mêmes, loin de là, suivant le mode de scrutin.

Marine Le Pen dernière lorsqu’est intégrée une possible note négative

Lorsqu’il a fallu approuver plusieurs candidats (en les cochant d’une croix) parmi les onze du premier tour, les 919 participants ont commencé par placer Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Emmanuel Macron à plus de 45 %. Dans cet ordre. Avec, respectivement, 50,83, 45,22 et 45,36 % des suffrages chacun.

Quant au vote par notation, plusieurs formats étaient aussi expérimentés. La proposition de 0 à 3 (aux 257 bulletins) est, devant les résultats, encore profitable à Benoît Hamon (avec une moyenne de 1,32 % contre 1,31 % à Emmanuel Macron). De 0 à 2 (avec 229 participants), l’actuel président passe néanmoins au second tour de l’expérimentation.

Des tests pour montrer d’autres systèmes possibles

Enfin, lorsqu’est intégrée une note négative (sur deux tests de -1 à 2 et de -1 à 1 aux 212 et 252 participants) Marine Le Pen arrive dernière dans les deux expérimentations avec -0,58 et -0,51 % de notation de moyenne, soit en dessous, même, de Jacques Cheminade !

Après de premières expérimentations depuis 2007, et notamment déjà dans les mêmes bureaux strasbourgeois, les chercheurs ont simplement cherché à montrer d’autres systèmes possibles. « Tout aussi acceptables et cohérents, complétait le 23 avril Herrade Igersheim. Il s’agit de nourrir la réflexion. » Sans aucun militantisme.