Résultats législatives : Qui est ce député du Doubs qui parle de monter un pôle écologiste dans la majorité?

ELECTIONS Ancien député des groupes EELV puis socialiste lors de la précédente mandature, Eric Alauzet, réélu dans le Doubs, rejoindra cette fois la majorité présidentielle, mais en souhaitant rester écologiste…

Propos recueillis par Bruno Poussard

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Eric Alauzet ne veut pas créer de sous-groupe mais juste un pôle informel écologiste pour véhiculer des réflexions à ce sujet au sein de la majorité.
Eric Alauzet ne veut pas créer de sous-groupe mais juste un pôle informel écologiste pour véhiculer des réflexions à ce sujet au sein de la majorité. — Thomas SAMSON / AFP

Comment faut-il le classer ? Elu député dans la deuxième circonscription du Doubs en 2012, Eric Alauzet, issu du parti Europe Ecologie - Les Verts, a d’abord siégé au sein du groupe écologiste avant de rejoindre les socialistes à l’Assemblée en 2016. Réélu ce dimanche 18 juin 2017, il s’apprête désormais à rejoindre l'actuelle majorité présidentielle.

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Pour autant, ce médecin de profession ne compte surtout pas abandonner ses idées écolos. Âgé de 59 ans, Eric Alauzet souhaite aujourd’hui participer à la formation de ce qu’il appelle « un pôle écologiste » au sein de l’Hémicycle. 20 Minutes lui a donc demandé quelques précisions, que le député a apportées mercredi matin.

Que sera ce pôle écologiste, Eric Alauzet ?

E. A. : Il n’est pas question que ce soit un sous-groupe. Dans cette majorité, j’ai déjà eu l’occasion de travailler avec d’autres députés comme François de Rugy ou Barbara Pompili, qui faisaient comme moi partis du groupe EELV lors de la précédente mandature. Mon idée, ou plutôt la nôtre, dans ce grand groupe de majorité présidentielle, c’est de faire prospérer cette culture écologiste à l'Assemblée en lien avec le ministre Nicolas Hulot.

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Sous quelle forme voyez-vous ce pôle ?

Il n’est pas question que ce pôle soit formalisé, c’est plutôt du travail sur le long terme afin d’avoir des propositions, des arguments solides et partagés, pour aller vers les autres. Sans être dans le rapport de force, surtout pas. Dans ce grand groupe, il y aura beaucoup de sensibilités, mais pas de sous-groupe pour autant.

Savez-vous combien pourriez-vous être dans ce pôle ?

Je ne sais pas trop, j’arrive, je débarque là. Mais quelques-uns pourraient être intéressés par ces questions-là. Je pense à Matthieu Orphelin (élu à Angers, dans la première circonscription du Maine-et-Loire), comme à d’autres.

Avez-vous déjà croisé Nicolas Hulot ?

Non, pas encore ! Mais j’espère bien que nous pourrons faire le lien entre lui et l’Assemblée. Quand il est entré au gouvernement, je me suis vite dit « il faut qu’on organise » quelque chose. Mais comme on a déjà travaillé avec les premières personnes que je vous ai citées, tout cela va se faire naturellement. Et je crois que nos collègues seront en attente de ces réflexions.

Que représente à vos yeux Nicolas Hulot, ce ministre de la Transition écologique et solidaire ?

Une crédibilité forte sur ces questions, avec un état d’esprit ouvert et bienveillant. Il apporte ses convictions, une force… Nous sommes aussi dans cet esprit-là. Mais on a beaucoup entendu que ce président (Emmanuel Macron) n’était pas écolo, à nous de montrer que ce n’est pas vrai. Certains disaient qu’il l’était beaucoup moins que Mélenchon ou Hamon. Mais ceux-là, il y a trois ans, ils étaient nuls en écologie. A nous d’aider notre président à évoluer comme eux !

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Sur quelles thématiques vous voyez-vous travailler pendant les cinq ans à venir ?

Il y a d’abord la dimension globale, mondiale et européenne, de lutte contre l’évasion fiscale. Et puis la fiscalité écologique, avec l’aspect global, puis le local : comment stimuler les initiatives locales sur le territoire ? Ancrés, les députés peuvent justement aider à articuler les deux, en simplifiant certaines choses et encourageant tous les acteurs à participer.

Enfin, dans quel parti allez-vous personnellement vous retrouver ?

Je ne sais pas si je vais rester encarté chez EELV. Pendant la campagne, j’ai tenté de jouer le rassemblement jusqu’au bout, avec le PS et la majorité présidentielle aussi, mais ça n’a pas été facile. J’y suis parvenu moyennement en renonçant à toute investiture et en m’inscrivant simplement « majorité présidentielle ». Aujourd’hui, j’apporte mon soutien au Président, et mon mouvement (EELV) y est lui opposé. Mon départ n’est pas acté, mais bon… Après, la tache verte sur la carte de France doit perdurer. Je reste écologiste.