VIDEO. Strasbourg: Sur la place Kléber, une nouvelle Maison Rouge à l'horizon, sans révolution esthétique

URBANISME Un projet de rénovation de l’emblématique Maison Rouge, située sur la place Kléber à Strasbourg, est enfin lancé…

Alexia Ighirri
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La Maison Rouge bientôt rénovée, place Kléber à Strasbourg.
La Maison Rouge bientôt rénovée, place Kléber à Strasbourg. — A. Ighirri / 20 Minutes
  • Un projet de rénovation est lancé pour la Maison Rouge, l’un des bâtiments emblématiques de la place Kléber à Strasbourg, qui n’avait jamais été modifié depuis sa construction en 1978
  • Le projet prévoit notamment une modernisation de la façade, sans pour autant détonner avec les autres bâtiments de la place Kléber et sans perdre son identité

A Strasbourg, vos yeux se sont forcément posés un jour sur la Maison Rouge. Qu’on aime ou pas (du tout) son architecture, le bâtiment de la place Kléber, qui abrite notamment la Fnac et la boutique Orange, fait parler. Depuis longtemps. Depuis toujours, en fait, quand la Maison Rouge a été construite en 1978, en lieu et place d’un ancien hôtel emblématique qui fut démoli. Date depuis laquelle la façade n’a d’ailleurs pas été modifiée.

« On avait la volonté de rénover depuis un certain temps. Parce que comme tous les bâtiments d’un certain âge, il avait besoin d’un rafraîchissement. Aussi parce que ça répond à une demande des commerçants, qui ont besoin d’une belle visibilité, de belles vitrines », indique Edouard Loeb-Picard, responsable du projet pour la Maison Rouge.

De beaux projets, mais irréalisables in situ

Plusieurs cabinets d’architectes ont été interrogés. « On nous a proposé des projets architecturaux intéressants mais quand on les transposait in situ, ça devenait absurde, prétentieux, raconte Edouard Loeb-Picard. Parce que la place Kléber est un bijou architectural et historique. On veut une rénovation fluide, belle et discrète pour ne pas venir faire concurrence au patrimoine de la place Kléber. Des projets de double coque par exemple, à l’instar de ce qui a fait pour le Printemps, c’était impossible à réaliser par respect pour le patrimoine. »

C’est finalement le cabinet alsacien DRLW Architectes qui a su retranscrire cette sensibilité dans son projet. Dans lequel il est entre autres prévu : un jeu de miroiterie à la place des vitres opaques pour refléter les bâtiments de la place Kléber, la suppression du « parvis obscur » pour avancer les vitrines, ou encore une façade plus lisible enduite de couleur blanche.

>> Le projet de rénovation de DRLW Architectes à découvrir en vidéo


Pas de révolution esthétique en vue donc parce qu’il n’est pas question de changer l’identité de la Maison Rouge, détenue aujourd’hui par une société. Le but est de la moderniser sans dénaturer le travail de l’architecte précédent.

« A l’époque, l’architecte François Herrenschmidt avait fait une proposition de modernité. Il voulait faire une architecture alsacienne revisitée. En reprenant l’esprit des colombages, du toit en demi-pente… C’était un écho intéressant à l’architecture classique alsacienne », estime le responsable du projet, fruit d’un « travail collaboratif » entre les architectes, les services de la ville ou encore les propriétaires du bâtiment. « Je crois que la démolition de l’ancien hôtel a été un tel traumatisme que son travail n’a pas été compris. Il a été difficile pour la population de se projeter dans ce nouveau bâtiment. »

« Aller au plus vite »

Pour le moment, ni calendrier ni budget ne sont annoncés. La volonté « est d’aller au plus vite », le projet étant actuellement dans le processus administratif avec d’abord la dépose du permis de construire. Quant au budget, il sera sans doute plus important que le chiffre de deux millions d’euros qui a commencé à circuler.

L’avancée des vitrines et la disparition du parvis, prévues dans le projet de rénovation, va permettre une petite réorganisation des enseignes locataires. Et de commercialiser plus facilement l’espace laissé vide, au rez-de-chaussée et sous-sol, depuis le déménagement de l’enseigne Habitat.

La ville veut sortir de l’immobilisme

Du côté de la municipalité, on est très satisfait de voir enfin un projet de rénovation se lancer. « Il y avait deux “verrues” sur la place Kléber : celle-ci et la brasserie Schutzenberger », réagit Alain Fontanel. Le premier adjoint au maire prévient toutefois : « Le bâtiment continuera à faire débat, parce qu’il y a un attachement dans la conscience collective à l’ancien hôtel de la Maison Rouge ».

Après avoir enfin vu le dossier de réhabilitation de la Maison du bâtiment prendre forme, voilà que Strasbourg peut se réjouir du projet de rénovation de la Maison Rouge. Quid de la brasserie Schutzenberger ? « Il y a des procédures de succession qui sont encore en cours. C’est un dossier complexe. Il faut que la situation se clarifie pour réfléchir ensuite à un projet, indique Alain Fontanel. Les trois bâtiments cités sont similaires dans le sens où ce sont des bâtiments phares, très visibles, mais privés. La ville ne peut qu’accompagner les projets. Ils peuvent faire débat mais ils nous permettent de sortir de l’immobilisme ».