Football: Speaker du Racing club de Strasbourg, que fais-tu donc de tes vendredis soirs à l’intersaison?

SPORT En attendant de retrouver la Ligue 1, Jean-Luc Filser, speaker du Racing depuis 1997, a pris le temps de raconter à « 20 Minutes » son intersaison à lui, pendant les vacances des footballeurs strasbourgeois…

Bruno Poussard

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A la Meinau, Jean-Luc Filser, en habitué, arrive deux heures avant le coup d'envoi pour préparer l'animation de la rencontre. Lancer le diaporama
A la Meinau, Jean-Luc Filser, en habitué, arrive deux heures avant le coup d'envoi pour préparer l'animation de la rencontre. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Après avoir perdu sa voix lors du dernier match de la saison du Racing, contre Bourg-en-Bresse pour la montée, Jean-Luc Filser raconte son intersaison.
  • Le speaker du Racing club de Strasbourg est en poste depuis désormais 20 ans, au fil desquels il a dû s’adapter.

La dernière fois qu’on a entendu ses cris, c’était un sacré soir de montée, contre Bourg-en-Bresse. Mais depuis le 19 mai, que fais-tu donc de tes vendredis soirs, Jean-Luc Filser, speaker du Racing club de Strasbourg ?

« Je peux enfin programmer des soirées, des barbecues ou des week-ends, rigole la voix de la Meinau, 51 ans. Avec la télé, les matchs décalés, c’était pas toujours évident cette année pour la vie sociale et familiale. »

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Et celui qui est aussi chef du marketing de la Ligue d’Alsace de foot depuis 16 ans de nuancer : « Je suis loin d’être le seul à m’adapter, je pense d’abord aux abonnés qui n’ont pas toujours pu se libérer ou aux enfants qui n’ont parfois pas pu venir le lundi soir, à 20 h 30… »

Une première « pour dépanner » contre le PSG en 1997

Enfin, Jean-Luc Filser trouve aussi le temps de jouer avec ses potes en super vétéran, chez lui, à Diensheim-Griesheim, où il a surtout brillé particulièrement par ses absences cette saison : « C’est pas la Champions League, c’est clair, mais ça permet de décrasser un peu ! »

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Passionné du ballon rond et habitué de la Meinau depuis 1978, c’est en août 1997 qu’il en est devenu le speaker « pour dépanner » lors d’une défaite 3-0 contre le PSG de Rai. « Avec des buts de Rai, Simone, Maurice », se souvient-il en retrouvant la feuille de match sur le net, depuis son bureau bien rempli.

Jean-Luc Filser dans son bureau de la Ligue d'Alsace, dont il est le responsable marketing au quotidien.
Jean-Luc Filser dans son bureau de la Ligue d'Alsace, dont il est le responsable marketing au quotidien. - B. Poussard / 20 Minutes.

« Clown de service » à la Meinau pendant 18 ans maintenant

Vingt ans – avec deux saisons de break seulement – et la mise en place de nombreuses animations comme les célébrations de but plus tard, « le clown de service » comme il se décrit affectueusement avec autodérision est encore là. Ses hurlements – qui lui valent même parfois de recevoir des textos en live – dans l’euphorie aussi.

« Je me suis pété deux fois les cordes vocales, raconte en rigolant celui qui s’autorise un coup de pouce médical pour les gros matchs. Une des deux fois, Didier Deschamps, alors coach de Monaco, m’avait même chambré : “Comme ça, tu vas arrêter de dire des conneries !” […] Plus récemment, après la montée, j’avais plus de voix non plus. »

En vieux sage, le speaker entend aussi les critiques

Le 19 mai justement, son omniprésence au micro lui a valu quelques critiques. En vieux sage, celui qui a également fait de la radio les écoute avec recul : « Dans le délire, je pensais avant tout à faire bouger les gens sur le terrain. Avec le kop, on avait préparé l’avant-match, moins l’après, c’est vrai. »

Est-ce que vous êtes chauds?
Est-ce que vous êtes chauds? - B. Poussard / 20 Minutes.

Aux yeux de l’Alsacien originaire de Lembach, l’ambiance est tout ce qui compte. C’est dans cette idée que le speaker échange depuis des années avant chaque match avec les leaders du virage Ouest. Jean-Luc Filser a d’ailleurs dû s’adapter au fil des ans pour mettre le bordel. Pas seulement parce qu’il a vieilli.

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« C’est surtout depuis la liquidation en fait, parce qu’aux côtés du kop déjà présent, un nouveau public, plus jeune, s’est formé, décrypte-t-il. Ces supporters arrivés pendant cette période compliquée ont construit leur histoire avec le club. C’est plus agréable avec eux parce que le stade chante plus qu’avant et pousse tout le temps. Le kop, lui, est toujours formidable, mais je ne pensais qu’il pourrait atteindre de tels sommets ! »

Un livre en réflexion autour de ses nombreuses anecdotes

Plutôt en bons termes avec les dirigeants ou joueurs actuels, l’ambianceur s’est surtout attaché depuis deux décennies à rester à sa place. Sa longévité vient peut-être de là. Son sérieux aussi, malgré l’habitude : « J’arrive toujours deux heures avant pour prendre connaissance du conducteur, répéter les textes et discuter avec le délégué. »

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Après Milan, Glasgow ou Liverpool en coupe d’Europe à ses débuts ou Raon-l’Etape plus récemment, Jean-Luc Filser s’apprête désormais à retrouver les grands clubs français. Le speaker devrait en garder de nouveaux gros souvenirs. Ses anecdotes vaudraient d’ailleurs bien un petit bouquin. Ça tombe bien, il les met déjà sur papier.