Ça construit à Strasbourg et ça va continuer au rythme de 3.000 logements par an, mais pourquoi?

URBANISME Strasbourg va continuer de construire plus de 3.000 logements par an dans l’agglomération…

Gilles Varela

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Illustrations. Chantiers. Strasbourg le 08 06 2008
Illustrations. Chantiers. Strasbourg le 08 06 2008 — G . VARELA / 20 MINUTES
  • La construction de 3.000 nouveaux logements chaque année devrait continuer jusqu’en 2030 dans l’Eurométropole
  • Logements aidés, innovations sociales, habitat participatif, rénovations, les orientations se multiplient

Elle tient le rythme. L’Eurométropole mène la danse dans le développement de l’habitat dans le département (plus de 45 % des logements) et ne compte pas s’arrêter là. Avec une moyenne de 3.300 logements construits chaque année depuis 2009, les grues ne devraient pas disparaître de sitôt car les projets fonciers dans l’Eurométropole vont se multiplier, se diversifier, s’affiner. Car le logement, « c’est une priorité », a souligné jeudi Robert Herrmann, président de l’Euroméropole, lors d’un « bilan d’étape à mi-mandat » sur la politique de l’habitat.

Le logement une question centrale

« Nous ne courrons pas après des chiffres », se défend l'élu. Même si dans le cadre du Plan local d’urbanisme (PLU), l’Eurométropole de Strasbourg s’est engagé à maintenir la production de logements neufs par an, pour atteindre les 50.000 logements d’ici 2030, Robert Herrmann affirme avoir inversé les réflexions sur le logement. Au lieu de construire pour construire, il préfère les adapter en fonction de la demande. Situation géographique, sociale, superficie, prix, service rendu… « Car le logement est une question centrale, au cœur du vivre ensemble », affirme l’élu.

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Vers une nouvelle répartition démographique

Avec une demande toujours plus importante sur un marché tendu, les constructions sur plusieurs décennies étaient réalisées en périphérie de l’Eurométropole, entraînant en autre, le départ des ménages. Conséquences, des espaces naturels et agricoles qui diminuent, des problèmes de déplacements pour venir travailler à Strasbourg, de pollution, mais aussi une hausse des loyers et des inégalités qui se creusent. La construction et la rénovation de logements depuis 2009 (3,6 % de 2008 à 2013) ont permis une augmentation de la population dans l’Eurométropole (selo l’Insee) de près de 2 % entre 2009 et 2014, atteignant les 485.000 habitants. Et ils pourraient être 530.000 d’ici à 2030. Une « situation équilibrée pour une croissance raisonnée », estime Robert Herrmann.

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Un logement accessible

De 2009 à 2016, plus de 12.200 « logements aidés » ont été livrés dans le parc public, soit 42 % du total des nouveaux logements. Une aubaine pour 63 % des ménages de l’Eurométropole aux revenus modestes qui n’avaient pas pu trouver suffisamment d’offres à des prix adaptés. Et une politique qui a favorisé la stabilité des loyers à Strasbourg.

Les perspectives pour 2030

Les pistes sont nombreuses. Si une partie de l’opposition déplore une « bétonnisation » de Strasbourg, l’objectif minimal reste pour l’heure 3.000 logements annuels, dont 50 % aidés (et 1.100 logements locatifs sociaux.) Acquisition et contrôle du foncier, « diversification des formes » ou innovations devraient permettre de rendre davantage l’habitat désirable et de rendre compatibles les prix des loyers ou des acquisitions avec les ressources des ménages.