Législatives: A Forbach, Florian Philippot part favori peu importe ses divergences avec Marine Le Pen

ELECTIONS A quelques jours du premier tour des législatives, Florian Philippot bat la campagne entre les plateaux télé et sa circonscription de Moselle, où on ne s’intéresse guère à ses divergences avec Marine Le Pen…

Bruno Poussard

— 

Avec les forts résultats de Marine Le Pen dans cette partie du nord-est de la Moselle, Florian Philippot part favori. Lancer le diaporama
Avec les forts résultats de Marine Le Pen dans cette partie du nord-est de la Moselle, Florian Philippot part favori. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Dans la sixième circonscription de Moselle briguée par Florian Philippot, les électeurs du Front national ne s’intéressent pas à ses divergences avec Marine Le Pen.
  • Mais l’avenir du candidat parachuté en 2012 au sein du Front dépend probablement en partie de cette élection où il est opposé à 16 autres candidats.

Radio classique ce jeudi. France 5, BFM TV, LCI, C8 ou TF1 les jours précédents. Florian Philippot squatte les plateaux avant les législatives. Candidat dans la 6e circonscription de Moselle, le vice-président du Front national se veut partout, ces jours-ci. Sur le marché de Merlebach, ce matin. A une commémoration à Forbach ce soir, ou brièvement dans sa permanence ouverte lundi.

>> A lire aussi : Mené par Philippot, le Front national aura-t-il un député en Moselle?

Dans cet ancien bassin minier de Lorraine à quelques kilomètres de l’Allemagne, le candidat frontiste compte bien capitaliser sur les gros scores de Marine Le Pen à l’élection présidentielle. Peu importent les divergences nouvelles entre les deux figures du parti d’extrême droite puis la création de son micro-parti, Les Patriotes, le 16 mai.

« C’est normal que Florian Philippot ne soit pas toujours d’accord avec elle »

A Freyming-Merlebach, les habitants semblent bien s’en moquer. « Tout ça, c’est interne au parti, coupe Michel, derrière le comptoir de l’auberge du Barrong. De toute manière, on entend beaucoup moins parler de ces élections que de la présidentielle. » Ceux qui ont suivi les récentes bisbilles du FN n’y voient d’ailleurs pas un mal pour autant.

>> A lire aussi : Florian Philippot lance «Les Patriotes», une association «dans le FN»

« C’est normal qu’il ne soit pas toujours d’accord avec Marine Le Pen, se réjouit même Jean-Marie, devant un café de Forbach. Ce n’est pas parce qu’elle est présidente qu’il ne doit rien dire. » A défaut de réponse de l’intéressé, sa suppléante, Patricia Mihelic reconnaît : « Les gens nous posent la question, mais ce n’est pas la première. »

Patricia Mihelic dans la permanence de Florian Philippot ouverte lundi, moins d'une semaine avant le premier tour de l'élection législative.
Patricia Mihelic dans la permanence de Florian Philippot ouverte lundi, moins d'une semaine avant le premier tour de l'élection législative. - B. Poussard / 20 Minutes.

Et cette conseillère municipale de Freyming-Merlebach depuis 16 ans d’enchaîner : « Dans ce cas, Florian répond souvent que l’on est aux législatives et que c’est un enjeu local. » Sur l’euro et les frontières par exemple, les échanges restent vifs à la Petite-Rosselle, commune frontalière où Marine Le Pen a cartonné (57 % au second tour !).

>> Le résultat du premier tour de la présidentielle dans la sixième circonscription de Moselle :

 

>> A lire aussi : Florian Philippot quitterait le FN si la sortie de l'euro était abandonnée

Le FN pour certains un « espoir » et Florian Philippot une « nouveauté »

Bien plus que les prises de tête politiciennes, les préoccupations concrètes occupent les discussions. « Les gens en ont marre, ils se sentent délaissés, illustre Michel, patron de l’auberge du Barrong dont l’activité a chuté de 50 % ces dernières années. La Moselle était riche. Aujourd’hui, elle est oubliée. Les élus font des parcs d’attractions mais plus d’industries. »

Michel, patron de l'auberge du Barrong, à Freyming, a vu son activité divisée par deux ces dernières années.
Michel, patron de l'auberge du Barrong, à Freyming, a vu son activité divisée par deux ces dernières années. - B. Poussard / 20 Minutes.

Sur ces terres désindustrialisées, le FN représente pour certains un « espoir » et Florian Philippot la « nouveauté ». « Beaucoup de gens sont pour eux, embraye Marie-France, de la boulangerie Huck à la Petite-Rosselle. Il y a un vrai ras-le-bol, il faut voir pourquoi ça vote FN. C’est le social qui joue. Et les gens veulent aussi de la sécurité, c’est pour cela qu’il part favori selon moi. »

A la boulangerie Huck de la Petite-Rosselle, Marie-France explique croiser un grand nombre de votants du Front national. La commune a voté à 57% au second tour de la présidentielle pour Marine Le Pen.
A la boulangerie Huck de la Petite-Rosselle, Marie-France explique croiser un grand nombre de votants du Front national. La commune a voté à 57% au second tour de la présidentielle pour Marine Le Pen. - B. Poussard / 20 Minutes.

L’implantation d’un candidat parachuté en 2012 nettement plus discutée

Sur une circo aux 17 candidats (dont un des Républicains, un dissident de droite, un La République en marche, un socialiste et encore un de la « majorité présidentielle »), l’éparpillement pourrait jouer en sa faveur. « Enfin, on entend des avis mitigés parce qu’il n’est pas d’ici et qu’il n’est pas souvent là, nuance Vivianne, dans une boulangerie de Forbach. Les gens disent qu’on le voit juste pour les élections. »

Parachuté en 2012, Florian Philippot a travaillé à s’implanter après ses défaites (au second tour) des législatives et des municipales. Son ancrage est au centre des débats de la semaine. « Il a quand même un mandat régional et un mandat européen, défend sa suppléante. Et puis ils ont tous été parachutés quelque part, un jour. »

La frontière est ici parfois à quelques mètres seulement, dans cette sixième circonscription de Moselle.
La frontière est ici parfois à quelques mètres seulement, dans cette sixième circonscription de Moselle. - B. Poussard / 20 Minutes.

En réponse depuis la grande rue de la Petite-Rosselle, un retraité tacle : « Il était au conseil municipal à Forbach, et on ne l’a jamais vu ». Effectivement peu présent, le vice-président du FN a même fini par démissionner en 2016. Mais aujourd’hui, le vice-président du Front aimerait bien gagner ici sa place à l’Assemblée nationale. Son avenir au sein du FN que Marine Le Pen veut encore rénover en dépend probablement en partie.