Strasbourg: Pour ceux qui n’aiment pas le casque, un bandeau protège la tête des cyclistes

INNOVATION Des chercheurs strasbourgeois ont mis au point un bandeau de protection de la tête moins contraignant et plus léger qu’un casque pour les cyclistes. Il est même vendu depuis six mois maintenant…

Bruno Poussard

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Le bandeau est commercialisé par une société basée à Biarritz depuis novembre 2016. Lancer le diaporama
Le bandeau est commercialisé par une société basée à Biarritz depuis novembre 2016. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Afin de proposer une alternative au casque classique que certains refusent de porter, des scientifiques ont développé un bandeau de protection pour la tête.
  • À partir de nombreuses études et de l'analyse mécanique des traumatismes crâniens, le rôle du front, des tempes et l'arrière de la tête est jugé primordial, pas le dessus de la tête.

Strasbourg a beau être la capitale française du vélo, les cyclistes ne sont pas tant à la pointe de mettre un casque pour protéger leurs têtes sensibles. « Pourtant, vous avez de grandes chances d’être gravement blessé à 8 ou 10 km/h », rappelle Rémy Willinger.

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Partant de ce constat, son équipe de chercheurs en biomécanique du laboratoire iCube de l’université de Strasbourg a conçu un nouvel objet léger sous la forme d’un bandeau autour du front et des tempes.

Spécialisé précisément dans l’étude des traumatismes crâniens – et notamment en lien avec les accidents de transport –, l’Alsacien développe : « Les zones les plus impactées sont frontales, latérales ou arrières. » Pas (ou très peu) le haut de la tête.

Le chercheur Rémy Willinger et son collègue ont notamment travaillé sur la conception du bandeau.
Le chercheur Rémy Willinger et son collègue ont notamment travaillé sur la conception du bandeau. - B. Poussard / 20 Minutes.

« Un renforcement optimum avec une épaisseur minimum »

Après les essais de près de 40 matériaux, un polymère gardé secret a finalement été retenu. « On voulait un renforcement optimum avec une épaisseur minimum pour que ce soit acceptable », précise le scientifique, qui travaille sur la question depuis 25 ans.

Plus de 24 mois et de nombreux essais de sécurité plus tard, la commercialisation de l’objet nommé Oxyl et finalisé dans le Pays basque a finalement démarré en novembre 2016, par un petit bureau d’études de Biarritz en collaboration sur le projet dans la conception et le design.

La deuxième version exclusive du bandeau Okyl qui protège la tête des cyclistes.
La deuxième version exclusive du bandeau Okyl qui protège la tête des cyclistes. - Photo OKYL.

Depuis, plus d’un millier de bandeaux ont déjà été vendus ! « Nous sommes en rupture de stock depuis début mai, ajoute la directrice recherche et développement, Virginie Rosa. Mais les pré-commandes sur Internet pour la deuxième version, plus confortable et mode, vont débuter. » A 49 € l’Oxyl.

Les risques d’un choc précisément mesurés sur le système cérébral 

Mais ce genre de création n’est pas le cœur du métier des membres du laboratoire de biomécanique de l’université de Strasbourg. Après des années de travail et une trentaine de thèses, un outil de modélisation des lésions lors d’un choc et du lien entre l’élongation des axones (les fibres entre les neurones) avec les comas a été développé.

Le bandeau est né dans le laboratoire iCube à Strasbourg.
Le bandeau est né dans le laboratoire iCube à Strasbourg. - B. Poussard / 20 Minutes.

Impliqué dans d’autres nombreux projets sur l’étude des traumatismes crâniens et les équipements de protection de la tête et du cou, le laboratoire strasbourgeois des sciences de l’ingénieur, de l’informatique et de l’imagerie ne s’arrête surtout pas là. En ce moment, ses scientifiques s’intéressent à la question des normes des casques.