Comment les Strasbourgeois peuvent offrir un label Unesco à leur ville

PATRIMOINE La candidature de Strasbourg à l’inscription de la Neustadt au patrimoine mondial de l’Unesco entre dans sa dernière ligne droite…

Alexia Ighirri

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Comment les Strasbourgeois peuvent offrir un label Unesco à leur ville. Ici l'église Saint-Paul de Strasbourg.
Comment les Strasbourgeois peuvent offrir un label Unesco à leur ville. Ici l'église Saint-Paul de Strasbourg. — A. Ighirri / 20 Minutes

Dans une quarantaine de jours, la ville de Strasbourg sera fixée. Vers le 9 juillet à Cracovie, le Comité du patrimoine mondial donnera son feu vert (ou non) à l’extension de l’inscription de la Grande-Ile à la Neustadt sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

« On entre dans la dernière ligne droite, de mobilisation et de communication », explique le premier adjoint strasbourgeois Alain Fontanel en charge de la culture et du patrimoine. L’idée est bien de lancer un appel à la mobilisation générale pour soutenir la candidature et envoyer un signal à l’Unesco.

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Oui parce que les Strasbourgeois ont un rôle à jouer. Même si, évidemment, la décision finale de l’Unesco n’est pas vraiment entre leurs mains.

Des animations grand public

Un peu comme pour les Jeux olympiques de 2024 où l’on espère que tous les Français fassent bloc derrière la candidature parisienne. Alors, personne ne demandera aux Alsaciens de mimer avec leurs doigts l’Eglise réformée Saint-Paul, comme les soutiens de Paris 2024 et le signe de ralliement de la Tour Eiffel. Mais la municipalité leur propose quelque temps forts pour tenter de fédérer autour de la candidature.

Pêle-mêle, à partir de la mi-juin sont prévus des expositions photo, l’installation d’un objet géant place du Château ou encore des déambulations sonores et « visites clownesques » dans la Neustadt. Et si Strasbourg décroche le label Unesco ? Un événement festif et populaire sera programmé le 12 juillet, avec un mapping vidéo sur la place de la République.

« Il ne faut pas de rejet de la population »

Mais pourquoi est-ce si important de mobiliser les Strasbourgeois ? « Le classement entraîne des obligations pour la ville en termes de protection, d’entretien… Qui vont se répercuter sur les habitants, et peuvent devenir des contraintes, répond Alain Fontanel. Par exemple, on ne change pas ses volets ou son toit comme dans d’autres quartiers. Le Comité du patrimoine mondial est attentif à ce que soient bien pris en compte ces outils de protection et qu’il n’y ait pas de rejet de la population. »

On a pourtant un peu de mal à s’imaginer la foule se lever dans le cadre de cette mobilisation générale, tant le périmètre voire le terme Neustadt semblent parfois méconnus. « Il y a une relation paradoxale des Strasbourgeois avec la Neustadt, ressentie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale comme un corps étranger. C’était une analyse un peu nationaliste, estime le premier adjoint. Il a fallu attendre les années 1980 pour que les Strasbourgeois se rapproprient l’histoire et les pierres. »

L’élu souligne toutefois qu’à « chaque manifestation, visites, ou journées du patrimoine, il y a énormément de monde » dans ce quartier impérial allemand : « Il y a un retour en grâce, un attachement. C’est vrai que ce sont des pierres froides, donc ça ne suscite pas le même enthousiasme que la grotte de Lascaux par exemple ». Mais après tout, tant que l’Unesco est enthousiaste…