Présidentielle: Comme d'autres élus LR, Fabienne Keller «regrette que François Fillon se soit maintenu envers et contre tout»

ELECTION Quelques semaines après avoir appelé le candidat François Fillon à se retirer, plusieurs élus de droite dans l'Est n’hésitent pas ce lundi à pointer sa responsabilité personnelle dans la défaite de leur parti au premier tour…

Bruno Poussard

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La porte-parole d'Alain Juppé, Fabienne Keller a voté ce dimanche à Strasbourg vers 11h30.
La porte-parole d'Alain Juppé, Fabienne Keller a voté ce dimanche à Strasbourg vers 11h30. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Dans le Grand Est, de nombreux élus de droite avaient appelé leur candidat, François Fillon, à se retirer début mars
  • Au lendemain de l’échec des Républicains au premier tour de l’élection présidentielle, ils estiment que « le gâchis » vient de lui

Comme une prophétie. « Nous voyons le mur de l’échec », confiait à 20 Minutes l’ancienne porte-parole d’Alain Juppé, Fabienne Keller, le 1er mars. Puis de renchérir, cinq jours plus tard, à propos de la candidature maintenue de François Fillon malgré les affaires : « Le mur se rapproche. » Pour Les Républicains, le choc est arrivé dimanche.

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Après le premier tour, la sénatrice alsacienne ne décolère pas : « Quelques mois plus tôt, l’élection était réputée imperdable et pourtant, on l’a perdue. Ce n’est pas parce que les valeurs de la droite et du centre ne sont pas partagées, mais à cause de la défiance autour de notre candidat. Je regrette qu’il se soit maintenu envers et contre tout. »

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« Un énorme boulevard » puis « un énorme gâchis »

Devant l’espérance d’alternance au moment de la primaire de la droite, les élus qui avaient en mars appelé au retrait de François Fillon n’en ont que plus de regrets. « On considérait qu’on avait un énorme boulevard, reconnaît également la Nancéenne Valérie Debord. C’est un énorme gâchis, pour notre famille, nos militants… »

Et la vice-présidente de la région Grand Est d’ajouter, devant la présence d’Emmanuel Macron face à Marine Le Pen au second tour : « Quand on avait appelé François Fillon à se retirer, on disait qu’on serait dans l’incapacité d’être crédible, ça a été le cas. (…) On a été empêchés de faire campagne et dérouler nos idées comme on le souhaitait. »

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« Un enfermement dans un système de défense »

Parmi les premiers signataires d’un appel public d’élus de l’Est au retrait du candidat LR embourbé dans les révélations le 2 mars, Jean Rottner n’hésite pas à parler aussi de « vrai gâchis » mais modère son propos. « Il ne s’agit pas d’accabler, mais de reconnaître les erreurs commises par le candidat et notre famille », poursuit le maire de Mulhouse.

Affaire Fillon: le maire de Mulhouse Jean Rottner à l'origine d'une pétition demandant le retrait de la candidature?
Affaire Fillon: le maire de Mulhouse Jean Rottner à l'origine d'une pétition demandant le retrait de la candidature? - G Varela / 20 Minutes

« Il y a eu un enfermement dans un système de défense qui a abouti à la situation qu’on connaît. Et le système de désignation de notre candidat par les primaires n’a finalement pas permis de regrouper comme on l’imaginait. (…) Aujourd’hui, on a besoin d’une droite qui se renouvelle, une droite moderne qui donne envie. Surtout pas de faire du neuf avec du vieux. (…) En tant qu’élu local, j’ai vite vu ce que pensaient les gens, et ce n’est pas le microcosme parisien qui doit régner, il faut être au service d’un pays, d’un territoire. »

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Au terme d’une drôle de campagne, François Fillon et Les Républicains ne seront donc pas au second tour. Dès dimanche soir, l’ancien Premier ministre a reconnu sa responsabilité, avant de déclarer ce lundi qu’il allait « penser (s) a vie autrement ». Dans son parti de droite, les élus appellent désormais en majorité à faire barrage au FN.