Après son record dans les Vosges, l'ultra-traileur Stéphane Brogniart veut traverser le Jura le plus vite possible

SPORT Déjà dépositaire du record des 217 km de traversée du massif des Vosges (en 31h) en 2016, l’ultra-traileur Stéphane Brogniart s’attaque cette année au Jura. Et pour cela, le Lorrain fait de la méditation en galopant…

Bruno Poussard
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Stéphane Brogniart dispose déjà du record de la traversée des Vosges en 31 heures, il s'attaque maintenant à celui du Jura.
Stéphane Brogniart dispose déjà du record de la traversée des Vosges en 31 heures, il s'attaque maintenant à celui du Jura. — Stéphane Brogniart / Peignée Verticale.

Les Vosges ne lui ont pas suffi. Après son record de la traversée du massif de l’Est (en 31h06 pour 217 km sur le GR5) en juin 2016, l’ultra traileur Stéphane Brogniart s’apprête à remettre ça dans le Jura. Tôt le samedi 21 mai, le coureur lorrain de 40 ans s’élancera de Pontarlier à travers les sentiers pédestres de «  La grande traversée du Jura » pour tenter de parcourir les 182 km (et 6.700 m de dénivelé positif) jusqu’à Bellegarde en un nouveau temps record.

C’est son nouveau hobby, entre deux fameux Ultra-trail du Mont-Blanc et Diagonale des fous à la Réunion. « Il y a bien un record en Corse, alors pourquoi pas dans les Vosges ou d’autres plus petits massifs ? », s’est dit au calme cet homme de défis. Mais pourquoi diable vouloir remettre ça, grand fou ? « C’était tellement sympa à vivre que ça m’est presque venu dès le lendemain. J’adore la compet’ mais la partager ainsi, c’est génial. »

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Tous les coureurs invités à participer à ses côtés

Comme dans les Vosges, Stéphane Brogniart invite donc tous les coureurs du coin à le rejoindre quelques mètres ou plus si affinités. Pour reprendre la recette magique de son premier record, le fondeur donnera les temps de passage estimés sur sa page Facebook suivie par près de 20.000 personnes. En attendant le film de son exploit, il compte aussi organiser une nouvelle petite fête en chemin, à la station des Rousses, 108e km de son périple, samedi soir.

Stéphane Brogniart fait de la méditation en courant.
Stéphane Brogniart fait de la méditation en courant. - Stéphane Brogniart / Peignée Verticale.

Avant une dernière nuit de course, ses proches – dont ses trois enfants – pourront ainsi profiter un instant de lui, malgré le chrono inarrêtable. « La compet’, c’est liberté totale d’être à 100 % dans ce que j’aime en étant seul avec soi-même alors que le record est plus altruiste, parce qu’il permet d’emmener plein de monde derrière soi », souligne-t-il encore. Mais comment en vient-on à se dire qu’on va se taper quasi 200 bornes le plus vite possible ?

De l’endurance comme mode de déplacement à son mode de vie

Avant de se mettre au triathlon ou à la grande randonnée, gamin, ce Vosgien pure souche n’a pas vraiment choisi l’endurance, il ne se déplaçait qu’à vélo ou à pied. Avec ces activités, le trail est arrivé comme une évidence. En 2003, une époque où seule une poignée de fadas se lançaient, loin de la hype actuelle. Et Stéphane Brogniart est vite passé au kilométrage supérieur de l’ ultra : « Mener un train à faible allure pendant 20h me paraît beaucoup moins violent. » Easy…

A 40 ans, Stéphane Brogniart est père de trois enfants. Il vit désormais à 100% de sa passion.
A 40 ans, Stéphane Brogniart est père de trois enfants. Il vit désormais à 100% de sa passion. - Stéphane Brogniart / Peignée Verticale.

Quatorze ans et de belles perfs aux Canaris, dans les Alpes ou dans les Dolomites plus tard, celui qui vit à une centaine de mètres des chemins où il s’amuse chaque jour a même fait du trail son mode de vie. Mais plus vraiment à courir après les (petits) trophées. « Lors de l’hiver 2009, je n’étais jamais satisfait, même désagréable avec ma famille. Après une contreperf', j’ai posé mes baskets, je me suis excusé, j’ai arrêté plusieurs mois et j’ai bouffé des bouquins de philo », raconte-t-il.

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De la méditation en courant, jusqu’à coacher ou donner des conférences

A en faire de la méditation en galopant ! « J’ai décidé d’arrêter d’utiliser le trail comme unique sport de compétition, mais comme un moyen de développement personnel, poursuit-il. Ça m’a changé la vie. » Ancien aide-soignant, Stéphane Brogniart est aujourd’hui à la fois préparateur mental, conférencier, coach et donc coureur (ou alors skieur de fond et VTTiste, l’hiver). Sponsorisé par des collectivités et des marques, il a ainsi décidé de faire profiter ce qu’il aime de son image.

Stéphane Brogniart vit à une centaine de mètres des premiers sentiers, pas très loin de Saint-Dié-des-Vosges, où il dispose d'une cabane en guise de bureau pour ses activités de préparateur mental, de conférencier ou de coach.
Stéphane Brogniart vit à une centaine de mètres des premiers sentiers, pas très loin de Saint-Dié-des-Vosges, où il dispose d'une cabane en guise de bureau pour ses activités de préparateur mental, de conférencier ou de coach. - Stéphane Brogniart / Peignée Verticale.

C’est le propos de ses tentatives de records. « L’événement permet de mettre en avant le massif et de communiquer pour dire que "ça aussi, ça existe" », insiste-t-il, depuis la cabane qui lui sert de bureau, d’où il prend le temps de nous répondre. Dès le chrono jurassien validé, le Vosgien n’aura plus qu’à réfléchir au record suivant, puisqu’il se voit bien en faire un par an, maintenant. Bretagne ? Mercantour ? Des idées, il n’en manque pas. Le foncier non plus…