Strasbourg: 67 étudiants rendent copie blanche pour protester contre la sélection à l’entrée de leur master

EDUCATION Les 67 étudiants d’une licence 3 de la fac des sports de Strasbourg ont rendu copie blanche à leurs examens pour s’opposer à la nouvelle sélection à l’entrée du master de leur spécialisation en enseignement…

Bruno Poussard

— 

Lors de leur dernier partiel du second semestre, les étudiants ont rendu copie blanche pour s'opposer à une décision prise en cours d'année. Illustratio
Lors de leur dernier partiel du second semestre, les étudiants ont rendu copie blanche pour s'opposer à une décision prise en cours d'année. Illustratio — Patrice Magnien/20 Minutes

Lundi, ils ont simplement émargé. Restés assis, ils n’ont rien écrit sur les feuilles de leurs partiels. Cette semaine, l’ensemble des 67 étudiants de licence 3 en éducation et motricité de la faculté des sports de Strasbourg ont ainsi rendu copie blanche à deux de leurs examens du second semestre.

>> A lire aussi : Où sont les gros chantiers de l'Opération campus de l'université de Strasbourg

Un boycott destiné à montrer leur opposition groupée à la toute nouvelle sélection programmée à l’entrée du master de leur spécialisation, apprise quelques semaines avant et confirmée quelques jours plus tôt seulement. « Le plus grand problème, c’est le changement de règle en cours de jeu », insiste l’un d’eux, Romain Gretz.

Une première sélection avant celle, habituelle, du Capeps

En enseignement et motricité depuis la deuxième année de leurs études de Staps (pour Sciences et techniques des activités physiques et sportives), la très grande majorité compte en fait passer le concours du Capeps à l’issue de leur master 1 pour devenir professeur de sport, aboutissement de leur spécialisation.

>> A lire aussi : Réforme du master, qu'est ce qui va changer?

Sauf qu’à la fin de leur actuelle troisième année, le master nécessaire ne devait désormais plus compter que 60 places. Enfin, si l’on parle maintenant au passé, c’est qu’au cours d’une longue et cordiale réunion entre les différentes parties prenantes ce jeudi matin, la promotion semble avoir finalement obtenu gain de cause.

Une réforme de la sélection en master en 2016 et en cours d’année

Rendue possible par la récente réforme de la sélection en master, la décision de l’École supérieure du professorat et de l’éducation de l’académie de Strasbourg aurait ainsi été édulcorée par la présidence de l’Université. « Nous avons un accord favorable », accorde simplement Romain Gretz, sans toutefois donner de chiffre.

>> A lire aussi : Le gouvernement lance un site Internet pour aider les étudiants à trouver un master

Devant la mobilisation des élèves qui devront néanmoins valider leurs examens (qu’ils devraient avoir à repasser), la capacité d’accueil du master pourrait donc être légèrement (ré) augmentée. Une écoute applaudie par l’association étudiante alsacienne de l’Afges et l' association nationale des étudiants de Staps.

Un accord estimé favorable pour les étudiants, qui restent vigilants

Après une nouvelle après-midi de concertation à 67, les étudiants – également soutenus par leurs camarades de licence d’autres spécialités et ceux de première et deuxième années – ont en tout cas décidé de suspendre leur mouvement. Après une semaine de vacances, ils reprendront les cours avec un stage, prévu dès le 24 avril.

>> A lire aussi : Comment l'université de Strasbourg a gagné 750 millions d'euros en toute discrétion (ou presque)

« On est vraiment contents de l’issue de cet échange, termine Romain Gretz, également à l’origine, avec sa promotion, d’une manifestation pacifique sur le campus mercredi. On est heureux de pouvoir continuer à apprendre. On a confiance en nos rapports avec l’université, mais on veillera à ce que les engagements soient tenus. »

Dans un communiqué publié mardi le vice-président en charge de la formation, Benoît Tock justifiait cette sélection par la volonté de l’université de travailler avec un « groupe plus restreint » pour favoriser la « préparation plus efficace » et la « réussite de chaque étudiant ». En attendant, la voie du compromis paraît avoir été choisie.