Alsace: Comment les auteurs des guides touristiques trouvent-ils leurs nouvelles petites perles?

TOURISME A l'heure du lancement de la pleine saison touristique, les auteurs des guides du «Routard», du «Petit Futé» et du «Lonely Planet» racontent comment ils ont déniché leurs nouveautés dans les dernières éditions alsaciennes...

Bruno Poussard

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Dans la dernière édition du Petit Futé
Dans la dernière édition du Petit Futé — B. Poussard / 20 Minutes.

Chaque année, c’est la même. Entre la fin de l’automne et le début de l’hiver, les hôteliers et restaurateurs guettent le passage des auteurs de guides touristiques. C’est que, quelques mois plus tard, au lancement de la saison pleine au début du printemps, leur présence dans le Routard, le Lonely Planet ou le Petit Futé peut compter.

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L'édition strasbourgeoise du dernier nommé est ainsi éditée à 18.000 exemplaires. Et tous les douze mois, il faut la remettre à jour. En 2017 par exemple, 70 nouveautés y ont fait leur apparition, pour 30 adresses retirées.

« Il faut rester au plus près de la carte, des prix, des horaires », justifie sa responsable depuis cinq ans, Véronique Praxmarer.

Une présélection sur Internet et une veille dans les journaux

Plus ou moins subjectifs, ces différents guides demandent donc à leurs collaborateurs des heures de recherche et de tests afin de vérifier les établissements déjà présents, puis d'en chercher des nouveaux. Pour ne pas perdre trop de temps à arpenter les rues, tout commence souvent sur Internet. Où les avis, jusque sur TripAdvisor, sont scrutés.

La présélection se fait les oreilles grandes ouvertes. « Ça vaut le coup de lire les courriers des lecteurs, les commentaires sur le net ou encore les journaux… », liste Christophe Bouchu, qui bosse pour Lonely Planet depuis 1999. Entre amis, offices du tourisme, hôteliers ou restaurateurs, les auteurs ont en fait un réseau d’informateurs sur place.

Pour dénicher les nouveaux coins sympas, les auteurs de guides touristiques arpentent beaucoup les rues mais écoutent aussi beaucoup de conseils.
Pour dénicher les nouveaux coins sympas, les auteurs de guides touristiques arpentent beaucoup les rues mais écoutent aussi beaucoup de conseils. - B. Poussard / 20 Minutes.

Un réseau d’informateurs sur le terrain pour les trouvailles

Pour trouver les bonnes petites récentes adresses sympas, Gérard Bouchu, du Routard, mise sur quelques acteurs sympas : « J’avais appelé quelqu’un au  Graffalgar, par exemple, il m’avait donné de bonnes pistes, en me parlant d’un petit bar à bières ou d’un salon de thé à l’arrache. » Car sur place, tout doit aller vite, question de budget.

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Avec un guide à rafraîchir en dix jours côté Routard par exemple, mieux vaut s’organiser parfaitement en amont. Chacun sa stratégie. Pour la troisième édition du Lonely Planet Alsace/Vosges, Christophe Corbel a misé sur des sites centraux comme Wissembourg, avant de rayonner autour, « en se plaçant toujours du point de vue du voyageur. »

Des heures à arpenter un maximum de lieux incognito

Au volant de sa voiture ou à pied, il faut pousser un maximum de portes. Sans se présenter d’abord. Et pour juger, là aussi, chacun son truc. Julia Vesque fait près de 700 spots pour an pour le Petit Futé : « Je vais d’abord aux toilettes pour vérifier la propreté. Mais ensuite, c’est un ensemble, avec le repas, la rapidité, ou les conseils sur le vin. »

Si son guide de consommation est le moins subjectif, le Routard et le Lonely Planet alsaciens intègrent, eux, plus ou moins de vécu. Le choix est à l’appréciation de ces travailleurs freelance. « Des fois, l’accueil peut être rude, mais la bouffe très bonne, ça dépend de ce qu’on ressent », décrit Gérard Bouchu, qui est basé en Bourgogne.

L'édition 2017 du Petit Futé strasbourgeois est édité à 18.000 exemplaires.
L'édition 2017 du Petit Futé strasbourgeois est édité à 18.000 exemplaires. - B. Poussard / 20 Minutes.

« Les mentalités sont sensibles en Alsace, il faut faire attention »

Après des journées à accumuler bon nombre d’informations, quitte à faire des détours et plusieurs restos le midi, Christophe Corbel - amoureux, notamment, des Vosges du Nord - fait sa sélection à tête reposée le soir venu. « J’essaye de ne pas mettre ce qui ne me plait pas. Mais on donne la primeur à l’information vis-à-vis du ressenti. »

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« Aujourd’hui, si on n’aime pas, on préfère ne pas le mettre que le descendre, embraye Véronique Praxmarer du Petit Futé dont les critères tournent autour de l’esthétique, de l’accueil et des produits. Et ici, les mentalités sont sensibles, les Alsaciens n’oublient pas, il faut faire attention. » On ne rigole pas avec les guides.