Football: En enchaînant deux montées du National à la Ligue 1, ils ont montré l'exemple au Racing club de Strasbourg

SPORT A huit journées de la fin, le Racing est, avec Amiens, en position de monter en Ligue 1 alors qu’il n’est que promu en Ligue 2. Mais avant lui, d’autres ont enchaîné ces deux accessions…

Bruno Poussard

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Ici contre le Red Star, Dimitri Liénard fait partie de ces joueurs du monde amateur à découvrir avec appétit la Ligue 2. Avant mieux, encore ?
Ici contre le Red Star, Dimitri Liénard fait partie de ces joueurs du monde amateur à découvrir avec appétit la Ligue 2. Avant mieux, encore ? — G. Varela / 20 Minutes

Assurer le maintien et se retrouver à jouer la montée en Ligue 1. Comme des exemples pour le Racing club de Strasbourg et l’Amiens SC à huit journées de la fin cette saison, certains l’ont fait. En 2015, le dernier à avoir réalisé cet exploit n’est autre que le Gazélec Ajaccio avec, à la tête de l’équipe corse, un certain… Thierry Laurey, justement débarqué en Alsace à l’été 2016.

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Si nul doute que le technicien a les clés pour le rééditer, le Racing a probablement néanmoins quelques idées à piocher dans les parcours des sept autres formations à réussir l’enchaînement de ces deux montées successives, comme Sedan (en 1998 et 1999), Valenciennes (2005-2006) ou plus récemment, Bastia (2011-2012).

« Cohésion et détermination » pour le FC Metz en 2013 et 2014

Adversaire du RC Strasbourg de Thierry Laurey dans une semaine avec Sochaux, Albert Cartier l’a, lui, réalisé avec le FC Metz. Au moment de transmettre la recette de son double exploit en 2013 et 2014, l’entraîneur fonce : « Cohésion et détermination ! Même s’il y avait une chance sur cent, cette possibilité était exploitée à 100 %. »

Pour réussir cette énorme perf, les promus qui l’ont fait semblent l’avoir toujours gardé en tête sans vraiment se poser la question. « On n’avait pas conscience qu’on avait un tel potentiel, rebondit Pierre Bouby, à Evian du CFA jusqu’à l’accession en Ligue 1 (2010-2011). Mais quand tu es dedans, tu te dis que c’est normal, pas que c’est compliqué. »

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Evian Thonon-Gaillard, en 2011, a « surfé sur son titre de National »

En plongeant dans ses souvenirs, le désormais joueur d’Orléans enchaîne : « En Ligue 2, on a surfé sur la vague de notre titre en National. Et on n’a jamais vraiment eu d’appréhension. » Avec un 4-0 et un « bouillon » imposé à Vannes dès la deuxième journée en tête. Sans complexe, tout est plus facile : « On était puissant, on ne s’arrêtait pas. »

En guise de prise de conscience de leurs capacités, un bon début de saison apparaît comme un préalable indispensable. « Pour notre part, nous avions pris conscience que nous avions le potentiel à la quatrième journée, après notre victoire à Caen, qui descendait de Ligue 1 et qui était candidat à l’accession », rebondit Albert Cartier.

Strasbourg le 24 février 2017. Foot RCS vs Clermont. Jéremy Grimm
Strasbourg le 24 février 2017. Foot RCS vs Clermont. Jéremy Grimm - G. Varela / 20 Minutes

Un collectif soudé, un effectif impliqué et libéré

Avec deux autres mots-clés, par la suite : la solidarité et l’implication. A Evian, barbecues, apéros et bouffes étaient notamment de mise au début de l’actuelle décennie. « A Metz, il y avait un fil rouge, celui de réussir ensemble, ajoute l’ex-coach. L’idée, c’était : ne te considère pas comme un titulaire mais comme un joueur important. »

Au final, en se surprenant eux-mêmes, ces clubs-là se sont libérés en se donnant de l’appétit. « Rien n’était programmé pour un tel parcours sur la base d’un collectif "né" au centre de formation du FC Metz », illustre Albert Cartier. Alors forcément, le recrutement a très fortement compté dans l’exploit, aux côtés de joueurs issus du monde amateur.

Expérimentés ou prometteurs, des renforts qui comptent

En Moselle, Sylvain Marchal, Grégory Proment, Romain Rocchi ou Jérémy Choplin ont été des renforts qui comptent, comme Yannick Sabgo, Cédric Barbosa ou Olivier Sorlin à l’ETG, où Stéphane Paille et Bernard Casoni se sont succédé côté staff. Un peu comme Jacky Duguépéroux et Thierry Laurey, venu à Strasbourg avec un important Khalid Boutaïb.

L’ancien messin Albert Cartier décrypte : « Nous avons veillé à ne jamais rompre la pyramide fragile du groupe, entre âge et leaders, puis de faire avancer le "train" plus vite chaque saison. Pour cela, il fallait faire descendre chaque année un ou plusieurs joueurs et les remplacer par d’autres qui feraient avancer ce "train" un peu plus vite. »

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« A Evian, on a connu quelques renforcements tous les six mois, avec des joueurs expérimentés ou très prometteurs, termine Pierre Bouby, parti après la montée en Ligue 1 pour ne pas cirer le banc. Ceux du National restés, on a progressé avec le groupe, certains nous ont clairement tirés vers le haut. » Jusqu’ici, le Racing a justement pris l’habitude de bien se renforcer