Port du casque obligatoire à vélo: A Strasbourg, les cyclistes ont un coup de pédale d’avance

SOCIETE Alors que le port du casque vélo est obligatoire depuis le 22 mars pour les enfants de moins de 12 ans, « 20 Minutes » est allé à la rencontre de leurs parents, dans « la ville du vélo »…

Gilles Varela

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Un enfant à vélo portant un casque devant une école du centre de Strasbourg
Un enfant à vélo portant un casque devant une école du centre de Strasbourg — G. Varela / 20 Minutes

Voilà, maintenant il n’y a plus le choix. Depuis le 22 mars, la question de mettre ou pas un casque vélo sur la tête de votre enfant de moins de 12 ans ne se pose plus. A défaut, c’est une amende qualifiée de quatrième classe et punie de 90 euros qui vous attend au coin de la rue, car c’est à présent obligatoire, aussi bien au guidon de leur monture qu’en tant que passagers. Oui, mais voilà, avec tous les as de la Petite Reine qui serpentent quotidiennement les rues de la ville, comment ce décret est-il apprécié et surtout appliqué ? 20 Minutes a fait les sorties de classe pour prendre la température…

A première vue, difficile de trouver un enfant sans casque. Les Strasbourgeois seraient-ils les champions du respect de la loi ? Pas vraiment. Si tous sont au courant de ce décret, ce n’est pas ce qui les motive et ils assurent ne pas avoir attendu qu’il y ait une loi pour faire porter un casque à leur chérubin. Même, si, dès le premier jour de son application, le magasin de vélo Rustine et Burette a connu un rush sur les casques enfants…

Pour Isabelle, 43 ans, toute la famille est casquée. « Le fait de dire," je roule doucement", est une fausse excuse. On peut très bien tomber et se blesser grièvement, sur le coin d’un trottoir. C’est plus dur par contre lorsqu’ils grandissent, reconnaît la maman. Les ados ne veulent pas le porter, pour ne pas être le seul de la classe à le faire et devenir la risée de ses copains. »

Fathia, maman de deux enfants qui se rendent également en vélo à l’école, n’est pas au courant de cette nouvelle loi. « Déjà que les grands ne portent pas de casque en scooter… et la police a autre chose à faire. Mais je vais leur en acheter un, moi ça me rassure, c’est bien si c’est obligatoire. »

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« D’habitude elle en porte un mais aujourd’hui elle a une belle coiffure »

Pour ceux que nous avons rencontrés sans casque, l’explication la plus souvent donnée est l’oubli, mais tous reconnaissent que c’est nécessaire. Néanmoins, dans la pratique, certaines contraintes pointent le bout du nez. Pour Marie, 29 ans, maman d’un garçon de 8 ans, son fils qui en portait toujours un, le fait de moins en moins. La raison ? « Il ne sait pas quoi en faire en classe. Il en avait un, mais qui a été fracassé pendant la récréation, et un autre, perdu. Ce n’est pas dans les habitudes encore. Et puis, il y a déjà beaucoup d’affaires dans les couloirs de l’école, sur les crochets. Peut-être qu’un mot de la maîtresse, en dehors des cours de prévention routière, avec un espace prévu pour les ranger, ça serait bien. »

Elodie, 33 ans, maman de deux enfants d’un et cinq ans, utilisant un vélo cargo, assure également aussi ne pas avoir attendu la loi pour mettre un casque à ses enfants. « Mais c’est difficile d’en trouver un pour les bébés. Il y a un harnais, mais c’est sûr, rien ne protège sa tête en cas de choc », regrette la jeune maman.

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Autre problème « de taille », la coquetterie. Céline, quadragénaire, porte sa fille de cinq ans sur un siège vélo. « Aujourd’hui je ne l’ai pas, mais d’habitude elle en porte un et même un casque de ski pendant l’hiver. Mais aujourd’hui, c’est son anniversaire et elle a une belle coiffure. » Même problème pour Paul, 43 ans, père d’un garçon de 11 ans. « C’est impossible de lui demander de porter un casque alors qu’il vient de passer un quart d’heure devant le miroir pour se mettre du gel dans les cheveux. Mais bon, je vais me servir de cette loi pour lui en faire porter un, puisqu’il n’a pas conscience du danger. C’est une bonne occasion. » Et si la loi peut faire peur à certains, d’autres n’hésitent pas à la contourner, comme les enfants de Damien, 41 ans : « Ils ont 10 et 14 ans et partent seuls à l’école et ne mettent que rarement un casque, même si je pense que c’est mieux. Je leur ai parlé de la loi et de l’amende. Mais ils étaient bien au courant et m’ont répondu qu’il faut un adulte avec eux pour être sanctionné. On n’a pas eu de véritable information sur cette loi. Mais je vais leur mettre la pression car c’est une bonne chose. »

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« Et pourquoi pas un casque quand on marche ? »

Vincent, papa d’une fillette de 8 ans, sans casque, fait exception : « C’est encore une nouvelle loi pour racketter les gens et je n’aime pas le côté obligatoire. Tout est dangereux, pourquoi ne pas obliger les gens à porter une armure ou un casque quand ils marchent ? D’interdire de sortir lorsqu’il y a du vent ? 90 euros, c’est du vol, un nouvel impôt, tout simplement. »

En attendant, Sindy, 38 ans, va probablement en porter un. « C’est mon fils de 8 ans qui me le demande. Je dois montrer l’exemple. » Et ça tombe bien, c’est justement l’un des objectifs de cette loi : faire porter un casque aux parents, mais sans que cela déraille…