Strasbourg: Un banc qui fait le buzz car c'est également un hôtel... à insectes

INNOVATION Deux Alsaciens ont imaginé un hôtel à insectes adapté au milieu urbain, qui puisse servir de banc pour les riverains…

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Un banc qui offre du repos aux passants et un abri aux insectes
Strasbourg: Un banc qui offre du repos aux passants et un abri aux insectes — Simon Chasseloup

Prenez un banc, ajoutez un hôtel à insectes, et vous obtenez le « banc refuge ». C’est le nom du projet porté par les Alsaciens Philippe Riehling, designer, et Julien Hoffmann, naturaliste, réunis sous la structure Défi écologique.

Une « assise urbaine au service de la biodiversité » qui a récemment été primée au concours d’innovations strasbourgeois Tango & Scan.

« On propose le gîte »

« Tout est parti d’une discussion sur l’écosystème du vivant en ville. Surtout avec la réglementation sur l’encadrement des produits phytosanitaires : qui dit végétation spontanée dit insectes. On voit que les abeilles sont de retour en ville. En milieu urbain, les insectes ont le couvert mais pas le gîte. Nous, on propose le gîte », indique Philippe Riehling, qui travaille depuis plusieurs années sur le mobilier urbain. Tout en proposant aux passants – six maximum – de s’offrir une petite pause durant leur balade.

Le banc refuge entend aller plus loin que l’hôtel à insectes, que l’on retrouve essentiellement dans les espaces verts, en l’adaptant à la ville. Ce qui sous-entend l’usage de matériaux attirant les petites bêtes mais répondant aussi aux normes de sécurité : « Normalement, il y a du foin dans les hôtels à insectes. On a dû chercher une alternative parce que c’est inflammable », illustre Philippe Riehling.

Chrysopes, staphylins et osmies

De même, le banc devra être orienté sud pour combler les besoins en lumière des insectes, et les tons terre de Sienne à l’intérieur du banc s’approchent de la couleur des briques qui les attirent. « Il est prévu de l’installer au pied des arbres, là où il y a de la terre, des feuilles, des oiseaux, soit déjà un petit écosystème », poursuit le designer.

Et donc, on pourra s’asseoir sur quelles bêtes (façon de parler) ? Parmi les quinze niches que compte le banc, on retrouve des abeilles types osmies bicolores, des chrysopes, des carabes dorés ou encore des staphylins (des coléoptères). Et parce qu’il n’est pas question de se faire piquer les fesses, le duo s’est assuré qu’aucun insecte pensionnaire du banc refuge ne pourra être tenté de le faire. « On sait qu’il y a des gens phobiques aux insectes. C’est pourquoi il y a aussi un panneau pédagogique pour expliquer, informer et rassurer : il n’y a aucun insecte qui pique ».

Bientôt à Strasbourg

Un prototype a été mis à disposition de la ville de Strasbourg pour pouvoir expérimenter le concept du banc refuge d’ici à quelques semaines. Les services de la collectivité sont actuellement en train de rechercher l’emplacement idéal. Avant, peut-être, d’essaimer dans d’autres communes de l’agglomération.

En parallèle, et pour continuer à développer leur projet grâce notamment aux analyses naturalistes, les deux Alsaciens espèrent récolter de nouveaux financements via la Fabrique Aviva.