Ligue 2: Quels sont les atouts et les défauts de Strasbourg à l’approche du sprint final?

FOOTBALL Troisième à huit journées de la fin de la saison, le Racing est toujours dans la course à la Ligue 1, un an après son retour en Ligue 2. Quelles sont ses chances ? On fait le point pendant cette petite trêve internationale…

Bruno Poussard

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Il reste huit matchs au Racing de Ihsan Sacko (avec le ballon), Anthony Gonçalves (à droite) et Eric Marester (au centre) pour tenter de monter directement en Ligue 1, moins d'un an après son accession en Ligue 2.
Il reste huit matchs au Racing de Ihsan Sacko (avec le ballon), Anthony Gonçalves (à droite) et Eric Marester (au centre) pour tenter de monter directement en Ligue 1, moins d'un an après son accession en Ligue 2. — G. Varela / 20 Minutes.

Après leur victoire à Auxerre (0-2) lundi, les joueurs du Racing ont disposé d’un mini-break bien mérité. Resté sur la 3e place du podium grâce à leur premier succès hors de leurs bases en 2017, le promu abordera donc le sprint final des huit dernières journées dans la peau d’un candidat à la Ligue 1.

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A l’occasion de la reprise de l’entraînement après quelques jours pour souffler ce vendredi, 20 Minutes s’est penché aux côtés d’un joueur et d’un supporter sur les forces et les faiblesses des Strasbourgeois, à dix jours d' un derby très attendu contre Sochaux.

Les atouts

Moins de pression que les autres. Acteurs, dirigeants, supporters, tous l’ont assez répété depuis des mois : l’objectif, les gars, c’est le maintien. Mais maintenant qu’il est assuré, que le Racing doit-il jouer ?  Eh bien la montée, devant l’opportunité ! « On est encore dans la course et moi, j’en rêve depuis tout petit », valide Jérémy Grimm. Sans pression ou presque, comparé à d’autres…

« Contrairement à Reims ou Lens qui ont annoncé la montée en objectif depuis le début, pour nous, c’est que du bonus », estime Andy, abonné du kop strasbourgeois. Les joueurs comme le milieu Jérémy Grimm ne disent pas autre chose : « On aborde ça sereinement, mais on va s’accrocher le plus longtemps possible pour tenter de décrocher un truc. »

Une attaque qui tourne très bien. Avec 47 réalisations et quatre d’avance sur ses poursuivants, Strasbourg a encore la meilleure attaque du championnat. Et si les Alsaciens ont un temps laissé croire qu’ils avaient une « Boutaïb-dépendance » avec le deuxième meilleur buteur de Ligue 2 (14), Baptiste Guillaume s’est replacé depuis janvier (7) et Jérémy Blayac est aussi en forme.

« Puis Stéphane Bahoken peut également rentrer à tout moment, et les milieux de terrain suivent, derrière », n’oublie pas dans la liste le jeune supporter. C’est simple, depuis début 2017, le Racing tourne en moyenne à deux buts par match. Son tempérament à se projeter rapidement vers l’avant et l’efficacité de ses buteurs pourraient compter.

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Un effectif impliqué, et une bonne rotation. Lorsqu’on lui a posé la question des atouts des siens, Jérémy Grimm n’a pas hésité. « C’est d’avoir un vrai groupe soudé qui bosse dans la bonne humeur. Sans embrouille. On bosse tous dans le même sens, et tout le monde fait l’effort. Sur le terrain, ça nous rend plus efficace. Ça donne envie de travailler pour les collègues. »

Malgré un certain nombre de joueurs en fin de contrat à l’issue de la saison et donc dans l’incertitude, le staff réussit à maintenir la majorité de son effectif impliqué. Par une rotation intéressante, autant devant que derrière. « Le coach nous apprend beaucoup, termine Grimm. Il a vécu le haut niveau, pourquoi on n’y arriverait pas nous aussi ? »

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L’attente et le soutien de toute une région, ou presque… « Quand le maintien a été acquis, j’ai été un des premiers à parler de la Ligue 1, vu comme c’est serré, ce serait dommage de cracher sur l’opportunité », assume Andy. Malgré ce débat lancinant autour de la préparation à l’échelon supérieur, bon nombre de supporters rêvent secrètement de ce retour tant attendu. Dans toute l’Alsace.

En bon Alsacien, Jérémy Grimm le sait mieux que quiconque, probablement, au sein de l’effectif du RCS. Un soutien populaire qui, à la faveur de la dynamique et de beaux jours, pourrait encore grandir. « J’espère qu’ils viendront nombreux sur les derniers matchs, poursuit le milieu. On aura besoin d’eux, qu’ils nous emportent sur ces matchs. »

Baptiste Guillaume fait partie des hommes en forme côté Racing.
Baptiste Guillaume fait partie des hommes en forme côté Racing. - G. Varela / 20 Minutes.

Le défaut

Le manque d’attention en défense. Premier en attaque, le Racing est, avec 39 buts encaissés, en queue de peloton en défense. Ce qu’il doit à de trop nombreuses erreurs ou des sautes de concentration. Parce que la régularité et la précision font aussi partie de la découverte, pour certains, de la Ligue 2. « Les matchs perdus, on s’est souvent pénalisés bêtement », confirme Andy.

Ces buts « à la con » comme ce fan les nomme, ne sont néanmoins pas uniquement la faute des défenseurs. « Si devant, comme au milieu, on ne fait pas le boulot, c’est plus compliqué derrière… On a péché collectivement. Ça se joue sur des détails. » Pour ne plus répéter les mêmes erreurs, il serait temps que l’apprentissage se termine.