Football: Jean-Marc Furlan et Thierry Laurey se j(a)ugent avant le choc de Ligue 2 entre Strasbourg et Brest

SPORT À l’heure du choc de la 29e journée de Ligue 2 entre Brest et Strasbourg, samedi (15 h), nous avons interrogé les coachs Thierry Laurey et Jean-Marc Furlan sur leur adversaire. Interview croisée, donc...

Bruno Poussard

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Thierry Laurey et Jean-Marc ont donc tous les deux été coach du Racing club de Strasbourg.
Thierry Laurey et Jean-Marc ont donc tous les deux été coach du Racing club de Strasbourg. — Photos Gilles Varela / 20 Minutes.

Les deux techniciens ont quelques points communs. Troyes, déjà. Thierry Laurey y est né, Jean-Marc Furlan y a entraîné près d’une décennie. La parole, aussi. Parce que lorsqu’ils la prennent, les deux passionnés également tous deux passés à Montpellier en tant que joueurs ont souvent du mal à la lâcher, tant ils aiment leur sport et leur métier.

Puisqu’il ne nous viendrait ainsi pas à l’idée de les arrêter en pleines explications détaillées et éclairées, 20 Minutes a plutôt proposé aux coachs alsacien et breton de se décrypter mutuellement en cinq questions. Samedi, à 15 h, ils s’affrontent à la Meinau pour Strasbourg-Brest, véritable choc de la 29e journée de Ligue 2.

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Comment jugez-vous la saison de votre adversaire ?

Jean-Marc Furlan : « Je trouve que c’est une équipe très compétitive. A l’aller, Marc Keller me disait rester inquiet pour le maintien. Moi, je n’ai jamais craint pour Strasbourg cette année. […] Et ils ont du lourd quand même ! C’est très athlétique, ce sur quoi nous, on est en déficit. A l’aller [2-1, pourtant], on s’est fait bouger, d’ailleurs. »

Thierry Laurey contre Troyes à la Meinau, en septembre 2016.
Thierry Laurey contre Troyes à la Meinau, en septembre 2016.

Thierry Laurey : « C’est la saison que j’attendais. Leur recrutement était bien ciblé. Et ils ont eu la possibilité de l’améliorer avec trois réelles plus-values cet hiver. Je sais que si Jean-Marc a pris le projet brestois, c’est qu’il savait qu’il aurait les moyens de mettre en place des choses, avec l’idée d’être dans le haut du tableau. Et quand on y est, on a forcément envie d’être dans le trio. »

Connaissez-vous bien l’entraîneur adverse ?

Jean-Marc Furlan : « Il a toujours bien su gérer ses équipes, avec beaucoup de qualités tactiques ou stratégiques. […] On échange souvent quelques mots, mais je regrette qu’il y ait trop peu de rassemblements d’entraîneurs. Parce que c’est en échangeant qu’on apprend. Lorsque j’ai été au chômage, j’en ai pourtant profité, comme avec Christian Gourcuff à Lorient, après mon départ de Nantes. »

Thierry Laurey : « Même si c’est toujours bref, les discussions avec Jean-Marc sont toujours intéressantes. C’est quelqu’un que je respecte beaucoup. J’aime bien sa façon de coacher. C’est un gagneur qui sait garder son calme sur le banc. C’est plutôt un exemple à suivre. C’est quelqu’un qui mériterait de retrouver la Ligue 1. »

L'entraîneur Jean-Marc Furlan a entraîné Troyes, là où est né Thierry Laurey.
L'entraîneur Jean-Marc Furlan a entraîné Troyes, là où est né Thierry Laurey. - J.S Evrard / AFP

Trouvez-vous qu’il existe une patte technique qui ressort, chez lui ?

Jean-Marc Furlan : « Thierry aime souvent jouer avec un milieu en losange, ce que j’ai aussi fait pendant longtemps. J’en parlais d’ailleurs cette semaine avec mon staff, c’est un système caractéristique intéressant. »

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Thierry Laurey : « C’est un garçon qui fait bien jouer ses équipes, avec des profils similaires à ceux de Troyes, des gabarits moyens voire petits, avec beaucoup de jeu à terre. Efficace et agréable. Peut-être qu’en Ligue 1 on peut avoir plus de mal à évoluer dans ce registre-là, mais c’est sûr qu’en Ligue 2, il a une compétence rare. En trois-quatre mois, réussir ce qu’il fait, c’est une performance. »

Comment voyez-vous le championnat de Ligue 2 cette année ?

Jean-Marc Furlan : « Le modèle économique du championnat de France n’est pas viable, les présidents ont du mérite. Encore plus en Ligue 2, la vente de joueurs est souvent indispensable. Aujourd’hui, on a moins de joueurs qui ont des matchs de Ligue 1 dans les pattes, par exemple. Mais de ce fait, on a un super "championnat espoir" comme le disent les recruteurs étrangers. C’est ce qui explique à mon avis le nivellement, ce pourquoi tout le monde peut battre tout le monde. Tant mieux pour les jeunes ! »

Thierry Laurey vit, comme Jean-Marc Furlan, une saison de Ligue 2 des plus serrées.
Thierry Laurey vit, comme Jean-Marc Furlan, une saison de Ligue 2 des plus serrées. - G. Varela / 20 Minutes

Thierry Laurey : « C’est très serré, encore plus qu’avant. Ceux qui sont en tête ont moins de points qu’à pareille époque les années précédentes. C’est vraiment homogène, avec des équipes qui, à la dixième place, peuvent espérer revenir. Il suffit d’enclencher une série pour être devant. […] Il y a beaucoup d’effectifs avec de jeunes joueurs et trois-quatre anciens. Ce qui est important, c’est la qualité de ces cadres. Et s’ils sont performants, on peut avoir de bonnes surprises. »

Enfin, quel est votre sentiment sur votre propre saison, à l’aube de ce choc ?

Jean-Marc Furlan : « On est premiers depuis quelques temps et on se dit "pourvu que ça tienne jusqu’au bout". Pourtant, au départ, comme le Racing, l' objectif c’était le maintien. On est heureux de cette belle saison, mais c’est aussi très stressant. Après, entre la Ligue 2 et la Ligue 1, il y a un monde. Et c’est mieux d’être costaud pour monter… »

Jean-Marc Furlan a lieu entraîné les deux équipes, comme ici, à Strasbourg, en 2008.
Jean-Marc Furlan a lieu entraîné les deux équipes, comme ici, à Strasbourg, en 2008. - G . VARELA / 20 MINUTES

Thierry Laurey : « On espère retrouver un peu de fraîcheur avec les matchs qui s’espacent un peu, et que la venue de Brest nous permette de nous survolter pour essayer de rester dans la course. Même s’il n’y a pas d’obligation d’être dans les trois premiers, on veut retrouver une qualité de jeu. Il y a eu beaucoup trop de déchet technique à notre goût et de mauvaise gestion de quelques situations à Valenciennes. »

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