Alsace: Comment une visite de l'Assemblée a (notamment) permis à Westhoffen de profiter d'une réserve parlementaire

POLITIQUE En 2016, Westhoffen a été la seule commune de France à profiter de la réserve parlementaire de la présidence de l’Assemblée nationale. « 20 Minutes » a cherché à comprendre pourquoi…

Bruno Poussard

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Au perchoir de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone a décidé de doter Westhoffen de 50.000 euros de sa réserve parlementaire, en faisant la seule commune à en bénéficier en 2016.
Au perchoir de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone a décidé de doter Westhoffen de 50.000 euros de sa réserve parlementaire, en faisant la seule commune à en bénéficier en 2016. — Patrick Kovarik / AFP

Au cœur des bénéficiaires de la réserve parlementaire de la présidence de l’Assemblée nationale, la présence de Westhoffen nous a d’abord surpris, aux côtés d’associations ou fondations. Seule commune à y figurer en 2016, la cité alsacienne a reçu 50.000 euros. L’aboutissement, en fait, de longues discussions et d’un vieux projet environnemental.

Promise trois ans plus tôt par le président de l’Assemblée Claude Bartolone après un échange détaillé, l’aide financière a ainsi permis de soutenir la fin de la construction d’une chaufferie bois et d’un réseau de chaleur, afin de rendre la commune autonome en énergie. « Parce qu’on est sur un grand territoire forestier », justifie Pierre Geist, maire.

L’intermédiaire Jean-Louis Debré, aux origines alsaciennes

Derrière le coup de main de l’occupant du perchoir de l’Assemblée se cache un autre homme : Jean-Louis Debré. L’ancien président du Conseil constitutionnel aux origines (lointaines) alsaciennes a en fait joué l’intermédiaire autour de cette idée née dix ans plus tôt. Notamment lors d’une visite des élus municipaux au Palais-Bourbon en 2015.

La commune de Westhoffen est située sur un territoire boisée, au pied des Vosges.
La commune de Westhoffen est située sur un territoire boisée, au pied des Vosges. - Capture d'écran / Google Street View.

« Avec lui, Claude Bartolone nous a reçus directement à l’hôtel de Lassay », précise le premier magistrat depuis 2001. Sans les relances de Jean-Louis Debré, la commune du Bas-Rhin n’aurait probablement jamais profité d’une telle réserve parlementaire arrivée, certes, plus tard. Mais Westhoffen la doit aussi, finalement, à son histoire.

Une terre aisée et une importante communauté juive

Plusieurs figures connues de la République ont des origines à Westhoffen. « Le père de Léon Blum en est natif, comme la grand-mère du président [en poste entre 1920 et 1924] Alexandre Millerand ou le grand-père de la famille Debré, Simon, devenu ensuite grand-rabin », détaille ainsi Bernard Class, à la tête de l’association d’histoire de la commune.

Une cité historiquement plus importante qu’aujourd’hui. « Elle se trouve dans le piémont viticole où toutes les localités avaient une certaine aisance financière », prolonge ce conseiller municipal. Attirant investisseurs et autres familles nobles, Westhoffen a également vu l’implantation d’une importante communauté juive depuis le XIVe siècle.

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Imaginée dix plus tôt, la chaufferie expérimentée sous peu

« Beaucoup de familles avaient une certaine aisance et une certaine instruction », prolonge Bernard Class. A l’image des ancêtres de Jean-Louis Debré, bon nombre ont en revanche dû fuir avec l’annexion de l’Alsace-Lorraine en 1870. Plus d’un siècle plus tard, l’ex-homme politique français n’a en tout cas rien oublié de son histoire familiale.

Jean-Louis Debré au Conseil constitutionnel le 9 février 2016 à Paris
Jean-Louis Debré au Conseil constitutionnel le 9 février 2016 à Paris - PATRICK KOVARIK AFP

A Westhoffen, la fameuse chaufferie au bois d’un mégawatt doit désormais être testée à la fin de l’hiver. D’une longueur d’environ un kilomètre, le réseau de chaleur inspiré d’autres expériences alsaciennes ou allemandes va désormais permettre d’alimenter 17 bâtiments communaux dont l’école, l’église, la salle polyvalente ou la synagogue.

Au coût total de 1,7 million d’euros (pour lequel la région Grand Est a également participé, dans le cadre du plan de soutien gouvernemental aux énergies renouvelables), le projet devrait être rentable en un peu moins de dix ans, selon les calculs de la mairie. Un exemple pour d’autres. Comme leurs voisins d’Allenwiller, déjà dix ans en avance.