Strasbourg: Cinq choses étonnantes à découvrir dans l'exposition consacrée à la CTS

EXPOSITION Les archives de la ville et l’Eurométropole de Strasbourg retracent l’histoire et l’évolution de la Compagnie des transports strasbourgeois…

Alexia Ighirri
L'exposition pour les 140 ans de la CTS: cinq choses à découvrir.
L'exposition pour les 140 ans de la CTS: cinq choses à découvrir. — A. Ighirri / 20 Minutes

Elle a décidé de s’afficher pour son anniversaire. A l’occasion de ses 140 ans, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) est au cœur d’une exposition des archives de la ville et de l’Eurométropole de Strasbourg. Baptisée « En voiture ! 140 ans de CTS », l’exposition retrace évidemment l’évolution de l’entreprise, des premiers fiacres (véhicules tirés par des chevaux) du XIXe siècle jusqu’à l’extension de ligne D jusqu’à Kehl. Mais elle donne aussi à découvrir les petites histoires et anecdotes, pas ou peu connues, qui ont marqué et accompagné la CTS.

Un deuil collectif. Il y avait un tram avant (l’actuel) tram à Strasbourg. Et le premier réseau électrifié a vécu de la fin du XIXe siècle jusqu’aux alentours des années 1950. Il a ensuite laissé place à une période favorable à l’automobile et au bus.

Le 30 avril 1960, la dernière ligne de tramway urbaine, allant du Neuhof à Hoenheim, est à son tour arrêtée. Le 1er mai, un « enterrement du tramway » est organisé : à cette occasion, un faire-part est envoyé par la « famille des usagers » et un cortège de 100.000 personnes circule sur le parcours de la ligne pour un dernier au revoir. Du 2 au 5 mai, la quasi-totalité des rames strasbourgeoises est incendiée au dépôt de Cronenbourg.

Le faire-part de l'enterrement du dernier tram de Strasbourg.
Le faire-part de l'enterrement du dernier tram de Strasbourg. - A. Ighirri / 20 Minutes
Le cortège de 100.000 personnes sur le parcours du dernier tram de Strasbourg.
Le cortège de 100.000 personnes sur le parcours du dernier tram de Strasbourg. - A. Ighirri / 20 Minutes

De la betterave et du courrier. Serrés comme des sardines dans une rame du tram aux heures de pointe, on a un peu de mal à s’imaginer que la CTS ne s’occupait pas que du voyage de ses usagers, mais aussi du transport de marchandises entre la ville et la campagne. Facilité par les lignes suburbaines créées par l’entreprise vers le Kochersberg, Marckolsheim et Erstein notamment.

Les graines et le lait, entre autres, étaient ramenés de la campagne à la ville. Et du centre de Strasbourg partaient des rames de courrier pour les habitants des communes extérieures. Aussi, il était fréquent de voir en plein centre-ville les véhicules de la CTS transporter de la betterave.

Des tickets sponsorisés. Sous les vitrines de l’exposition, des livres, des casquettes ou encore le matériel des contrôleurs. Parmi eux, on retrouve des carnets de tickets. Avec une petite particularité : ils sont en quelque sorte sponsorisés grâce à la publicité de sociétés de boissons telles que Perlofruit ou La Perle.

Un ours nommé Bruno. Ceux qui ont vécu le retour du tram à Strasbourg et son chantier au début des années 1990 le connaissent. Le célèbre ours Bruno, disparu de la circulation depuis (il n’en reste qu’un visible à Schiltigheim). La CTS crée en 1991 cette silhouette représentant l’animal en salopette et casque de chantier sur la tête pour orienter les Strasbourgeois dans les rues en travaux ou les avertir des essais du tram.

Pourquoi un ours ? Pourquoi Bruno ? Le prénom est celui de l’ancien directeur du projet tram, qui travaille toujours à la collectivité. L’ours, « parce qu’il était un peu bourru », nous explique-t-on avec sourire.

Le dernier souvenir visible aujourd'hui de l'ours Bruno se trouve sur l'avenue Pierre Mendès-France à Schiltigheim.
Le dernier souvenir visible aujourd'hui de l'ours Bruno se trouve sur l'avenue Pierre Mendès-France à Schiltigheim. - Capture d'écran - Google Street View

Des femmes au pilotage. A l’aube de la Première Guerre mondiale, pour faire face à une diminution de 30 % de ses effectifs, la CTS introduit en septembre 1915 la main-d’œuvre féminine et embauche 260 femmes comme receveuses et conductrices.

Aujourd’hui, le pourcentage de femmes à la conduite se situe entre 10 et 15 %. « Et on le regrette, souligne Jean-Philippe Lally, directeur général de la compagnie. Mais c’est surtout par manque de candidatures. On avait lancé une campagne de recrutement, ce qui nous avait permis de passer un cap. A la direction de l’exploitation par exemple, on arrive à la parité. »