Strasbourg: Trois questions sur le dossier de l'usine d'incinération d'ordures ménagères de Rohrschollen

SOCIETE Après avoir été « débattu » lors du dernier conseil de l’Eurométropole et suite à une plainte de la CGT, voici une petite piqûre de rappel pour y voir plus clair dans ce dossier très enfumé…

Gilles Varela

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A l'usine d'incinération du Rohrschollen, on travaille aussi à réutiliser l'énergie dégagée par les déchets.
A l'usine d'incinération du Rohrschollen, on travaille aussi à réutiliser l'énergie dégagée par les déchets. — G. Varela / 20 Minutes

Au ralenti depuis 2014 après la découverte d’amiante, l’usine exploitée par Senerval est à l’arrêt depuis peu pour une durée de deux ans et demi. Problème d’amiante, de gestion des déchets, de surcoût, le dossier est devenu à présent source de vives polémiques entre l’opposition, la collectivité et les syndicats.

Mais pourquoi on reparle de l’incinérateur ?

S’appuyant sur un rapport de la mission d’expertise économique et financière (MEEF) du ministère de l’économie, des élus de l’opposition avaient indiqué quelques jours avant le conseil de l’Eurométropole du 3 mars vouloir « obtenir des éclaircissements sur la gestion de ce dossier ». En cause notamment, les résultats d’un diagnostic amiante commandé en mai 2008 évoquant de l’amiante dans des matériaux et préconisant des investigations et analyses ultérieures.

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Que s’est-il passé au conseil de l’Eurométropole ?

Le conseil a pris un air de vaudeville. Alors que la question de l’usine d’incinération allait être abordée, le président de l’Eurométropole Robert Herrmann, accusant l’opposition de vouloir faire des coups pour la presse, a quitté l’hémicycle, suivi d’autres élus, laissant les débats à la vice-présidente en charge du dossier, Françoise Bey. « Déni de démocratie et stupéfaction » pour l’opposition, le dossier n’a pas vraiment avancé. Sous le feu des questions, Françoise Bey a rappelé que « les recherches obligatoires d’amiante ne concernaient en 2008 pas le process industriel, pas les fours et portaient sur le bâtiment » précisant également « que les règlements sur l’amiante ont évolué depuis. » Quant au surcoût estimé par l’opposition à 180 millions d’euros, il serait de 140 millions d’euros selon l’élue.

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Quelles sont les suites ?

A la complexité de ce dossier est venue s’ajouter une plainte de l’Union Départementale CGT du Bas-Rhin, avec constitution de partie civile. La CGT s’appuie à son tour sur le rapport et affirme dans un communiqué que celui-ci « reconnaît aujourd’hui implicitement ce que les salariés et la CGT dénonçaient lors d’un conflit de quelque huit semaines en 2014, et durant lequel l’Eurométropole et l’exploitant contestaient la présence d’amiante dans l’usine. »

Contactée par 20 Minutes, la collectivité, en attente d’éléments supplémentaires, ne souhaite pas faire de commentaires.