Strasbourg: La fronde monte contre le coût de l’usine d’incinération des déchets, ce qui promet un conseil d'Eurométropole animé

POLITIQUE A deux jours de conseil de l'Eurométropole, des groupes de l'opposition espèrent obtenir des éclaircissements sur la gestion du dossier de l’usine d’incinération de Rohrschollen, dont le coût dépasse les 180 millions d’euros...

Gilles Varela

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Fabienne Keller indique que le coût de l'usine d'incinération est de 900 euros par foyer fiscal.
Fabienne Keller indique que le coût de l'usine d'incinération est de 900 euros par foyer fiscal. — G. Varela / 20 Minutes

Au lendemain d’une commission extraordinaire de l’Eurométropole concernant l’usine d’incinération du Rohrschollen, des élus de l’opposition indiquent vouloir « obtenir des éclaircissements sur la gestion de ce dossier ».

Strasbourg le 21 02 2014. L'usine de traitement des déchets du Rohrschollen.
Strasbourg le 21 02 2014. L'usine de traitement des déchets du Rohrschollen. - G. Varela \ 20 Minutes

La question que se posent les élus des deux groupes est de savoir « si la présence d’amiante était prévisble ou pas, avant que le contrat avec Sénerval, qui exploite le site, ne soit renouvelé pour 20 ans ». Car la découverte d’amiante en 2014 fait s’élever la facture à 180 millions d’euros, « soit l’équivalent de trois médiathèques Malraux », précise Fabienne Keller. Un surcoût dû à la découverte d’amiante mais aussi à l’arrêt de son activité pour deux ans et demi, de compensations pour les pertes d’exploitation, le détournement des déchets vers d’autres centres d’incinération et de travaux.

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900 euros par foyer fiscal

Lors d’une conférence de Presse, Fabienne Keller a rappelé que le coût par foyer fiscal est de 900 euros et pour marquer les esprits, a imprimé des flyers, s’inspirant de billets de banque où figure également la photographie du président de l’Eurométropole, Robert Herrmann. Selon Fabienne Keller, qui s’appuie sur le rapport de la mission d’expertise économique et financière (MEEF) du ministère de l’économie, un diagnostic amiante a été commandé mai 2008. Celui-ci évoque de l’amiante et relève des matériaux susceptibles d’en contenir, comme des joints de porte coupe-feu, des volets clapets et des rebouchages nécessitant des investigations et analyses ultérieures. Toujours selon l’élue qui s’appuie sur ce rapport, ce diagnostic aurait été réceptionné par l’eurométropole en avril 2009, soit avant de signer avec Sénerval en décembre 2010. Regrettable selon l’élue car cela aurait permis de négocier ce contrat en position de force et d’avoir à payer des compensations pour les pertes d’exploitation.

Contactée, Françoise Bey, vice-présidente de l’Eurométropole s’interroge sur les propos de Fabienne Keller. Elle indique que « les recherches obligatoires d’amiante ne concernaient en 2008 pas le process industriel. Les quelques petits points relevés dans le rapport ont été nettoyés au fur et à mesure de petits travaux, notamment au niveau de vannes. Quand on fait des travaux qui ne touchent pas au process industriel, on ne fait pas de recherche d’amiante, c’est le règlement dans l’industrie. »

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Les débats seront, nul doute, animés lors du prochain conseil de l’eurométropole vendredi.