Alsace: Comment la vache vosgienne Dynamo est bichonnée avant le Salon de l'Agriculture

AGRICULTURE Entre alimentation à base de céréales plus riches, brossages quotidiens voire shampooings occasionnels, la vache vosgienne Dynamo et son veau Manioc sont bichonnés avant le Salon de l’Agriculture…

Bruno Poussard

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Dynamo, à droite, et Manioc, à gauche, participent à leur premier Salon de l'Agriculture.
Dynamo, à droite, et Manioc, à gauche, participent à leur premier Salon de l'Agriculture. — B. Poussard / 20 Minutes.

Dynamo n’est peut-être pas l’égérie de ce salon de l’agriculture 2017. Mais avec son joli veau Manioc, la Vosgienne a une sacrée classe. D’autant que la vache de Lièpvre, à la frontière du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, est une des toutes premières vaches à viande de sa race à participer au grand rendez-vous de la porte de Versailles.

A trois jours du départ pour Paris, leurs éleveurs du domaine d’Estary sont aux petits soins. Depuis deux mois, en fait… Dynamo a ainsi le droit à une alimentation plus riche, en céréales notamment. Mais aussi à base de 20 kg de patates par jour, des carottes ou des pommes. « Il faut aussi que le veau ait du lait à volonté », ajoute Fanny Walter.

De l’huile de foie de morue pour lisser le poil

Pour mieux les bichonner, les deux bêtes sont même à l’intérieur depuis le passage du jury de l’Organisme de sélection de la race vosgienne, en janvier. Là où le travail du poil a pu alors commencer. Outre la cuillère d’huile de foie de morue quotidienne, Dynamo et Manioc ont ainsi le droit à un brossage par jour, et d’occasionnels shampooings.

Pour tenter de se rapprocher le plus possible du blanc, un tel lavage est ainsi prévu ce vendredi, un autre lundi, et un dernier mardi, une fois sur place après la journée de trajet au milieu de 14 autres vaches de race Vosgienne - alors que les cinq premières sont parties jeudi. Au salon, le comportement des deux bêtes sera aussi scruté.

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Un veau à dresser pour l’habituer à l’homme ou le nourrir à la main

Si bien que ces dernières semaines, le couple d’éleveurs a dû jouer les dresseurs. « Manioc est né en septembre et il y a encore trois mois, c’était Speedy Gonzales, rigole Laurent Walter. Il a fallu le rendre copain, l’habituer à l’homme, le nourrir à la main. » Avec des promenades à la main également quotidiennes, depuis le dégel, début février.

Depuis deux mois maintenant, les deux éleveurs sont aux petits soins avec leurs deux bêtes avant le Salon de l'Agriculture.
Depuis deux mois maintenant, les deux éleveurs sont aux petits soins avec leurs deux bêtes avant le Salon de l'Agriculture. - B. Poussard / 20 Minutes.

Depuis qu’ils ont été retenus parmi les représentants des vaches Vosgiennes cette année, les Walter ont fait le maximum. « On y a passé des heures tous les jours, ça nous a pris un temps de taré », rigole le grand barbu. Pris au jeu, le couple ramènerait bien une médaille désormais, aux côtés de leur fils de huit ans, présent avec eux à Paris.

« La Vosgienne, une vache rustique, il n’y en a pas deux pareilles »

Un rendez-vous auquel les Alsaciens n’ont eux non plus jamais pris part, si ce n’est une petite fois, en touristes. « Le salon, c’est le regroupement des plus bêtes des plus belles races, estime Laurent Walter. L’occasion de rencontrer des éleveurs et sensibiliser à nos races locales. » Avec une fierté toute particulière pour la Vosgienne, adaptée au massif.

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« C’est une belle vache, rustique, et il n’y en a pas deux pareilles ! », souligne-t-il encore avec un grand sourire. Quatorze ans, d’ailleurs, que le couple de passionnés la défend, depuis son installation dans cet ancien hôtel-restaurant transformé en élevage (de vaches, mais aussi de brebis et de chèvres), mais aussi en gîte, de Pâques à Noël.

De la vente directe uniquement, et une activité de gîte à côté

« On cherchait à faire de l’agritourisme à côté, parce que ça ne suffit pas, justifie Laurent Walter. Il faudrait plus de bêtes, et donc plus de surface pour vivre de l’élevage… » Mais le couple a déjà 40 hectares en exploitation et le gibier, présent en masse dans le coin, semble aussi se faire plaisir. « Il nous est impossible d’avoir plus de bêtes ici », termine-t-il.

Laurent et Fanny Walter sont basés au-dessus de Liepvre, dans une vallée située à la frontière entre le Haut-Rhin et Bas-Rhin.
Laurent et Fanny Walter sont basés au-dessus de Liepvre, dans une vallée située à la frontière entre le Haut-Rhin et Bas-Rhin. - B. Poussard / 20 Minutes.

Mais la situation convient bien. Parce que les Walter font uniquement de la vente en direct, à 100 % à la ferme. « Cela nous permet de dégager un petit revenu tout en proposant une viande de qualité au même niveau de prix qu’un supermarché », se réjouissent les éleveurs qui aiment ouvrir leurs portes, comme cette journée, mi-mai.

D’ici-là, le salon pourrait permettre aux Walter et à leur race de gagner un peu en connaissance et reconnaissance. Voire de futurs clients. A leur retour, la vache Dynamo et Manioc le futur taureau (sacrément caractériel chez les Vosgiens) n’auront, eux plus leurs avantages. Ils retrouveront le pâturage, comme tout le monde.