Strasbourg: Après la banderole sur la cathédrale, jusqu'où ira la grève des étudiants en dentaire?

SANTE Après un mois de mouvement, les étudiants alsaciens en chirurgie dentaire ont déployé une grande banderole sur la cathédrale de Strasbourg, mardi. Cette action d’ampleur devrait en appeler d’autres…

Bruno Poussard

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La banderole s'est invitée mardi après-midi sur la cathédrale.
La banderole s'est invitée mardi après-midi sur la cathédrale. — Amine Jafari.

L’histoire ne dit pas si, en ce jour de grand beau temps, elle a été vue depuis le mont Saint-Odile où l’on aperçoit parfois la magnifique cathédrale. A Strasbourg en tout cas, la banderole « votre santé en #DENTger » des étudiants en chirurgie dentaire déroulée depuis la plateforme de l’édifice millénaire n’est pas passée inaperçue, mardi après-midi.

En grève hospitalière depuis le 13 janvier, ils ont décidé de frapper un beau coup en s’organisant une semaine à l’avance, afin de tenter de faire pénétrer la banderole dans la cathédrale, malgré les contrôles de sécurité. A une vingtaine en haut, autant en bas, ils ont donc réussi, après avoir prévenu les autorités de leurs intentions au dernier instant.

Les étudiants en chirurgie dentaire ont dû faire preuve d'inventivité pour faire passer la banderole jusqu'en haut.
Les étudiants en chirurgie dentaire ont dû faire preuve d'inventivité pour faire passer la banderole jusqu'en haut. - Amine Jafari.

Déjà des actions, dans la banderole sur la cathédrale un cran plus haut

« On est monté d’un cran », reconnaît Amine Jafari, le délégué strasbourgeois de l’Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire. Bien relayée médiatiquement, l’action n’est pourtant pas leur première, en Alsace comme ailleurs en France. Dans les rues, les étudiants - en grève à 97 % ici - sont déjà souvent au contact de la population.

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Dans un roadtrip, des externes en quatrième année ont même sillonné plusieurs villes du Grand Est comme Metz et Mulhouse, afin d’expliquer leurs revendications en faisant de la prévention la semaine passée. « On avait des grosses brosses à dents, du dentifrice et des conseils à offrir tout en répondant à leurs questions », illustre Bérangère Cournault.

D’autres idées pour aller plus loin déjà émises

A Strasbourg, deux sit-in à la Caisse primaire d’assurance maladie ont également eu lieu. Entre autres. Car toutes ces petites actions concertées se multiplient. « On veut attirer l’œil des représentants politiques en plus de la population, et alerter, parce qu’on a le sentiment de ne pas être écoutés », insiste Amine Jafari.

D’autres rassemblements de ce type vont certainement avoir encore lieu. « S’il n’y a pas encore de projet concret, pas mal d’idées ont été émises, reconnaît encore l’étudiant. On compte aller quand même plus loin ! Tout en veillant au respect de l’ordre public, on n’est pas là non plus pour foutre le bordel, mais juste se faire remarquer. » Et entendre, donc.

Pour la revalorisation des soins courants dentaires

« Quand on explique aux gens, ils comprennent de suite ce qui nous tient à cœur, mettre en application dans les meilleures conditions possible pour eux ce qu’on apprend », défend en exemple Bérangère Cournault. Après l’échec des négociations entre les deux caisses d’assurance maladie et les syndicats fin janvier, la grève est partie pour durer.

#DENTger est le slogan des étudiants depuis le début de la grève, le 13 janvier.
#DENTger est le slogan des étudiants depuis le début de la grève, le 13 janvier. - Amine Jafari.

« On trouve en fait que le système actuel est trop porté sur le curatif, alors que préventif est moins délabrant, précise Amine Jafari. Il pousse ainsi les patients vers des soins plus lourds. » Comme les prothèses, que le gouvernement souhaite plafonner. Le cœur du problème, aux yeux des étudiants mobilisés, néanmoins toujours en cours.

En contrepartie, ils demandent la revalorisation des soins courants (« dont l’Etat s’est désengagé depuis 30 ans », pour Amine Jafari) ou encore le remboursement des soins bucco-dentaires. Mais ils estiment que l’arbitrage destiné à les sortir de conflit a « des allures de 49-3 ». Avec l’idée de continuer à y répondre dans la rue, eux aussi.