Avec un nouveau plan vélo, Strasbourg peut-elle devenir championne du monde de la petite reine?

MOBILITE Avec la mise en place d’un nouveau plan global de « modes actifs » de déplacement d’ici la fin de l’année, l’Eurométropole de Strasbourg veut continuer de favoriser la pratique du vélo…

Bruno Poussard

— 

En plus des aménagements comme les pistes cyclables ou les arceaux de stockage, la ville de Strasbourg souhaite ancrer la culture vélo à travers les acteurs associatifs dans les quartiers.
En plus des aménagements comme les pistes cyclables ou les arceaux de stockage, la ville de Strasbourg souhaite ancrer la culture vélo à travers les acteurs associatifs dans les quartiers. — G. Varela / 20 Minutes

Après un an de travaux, le nouveau local de l’atelier d’autoréparation A’Cro du vélo de Cronenbourg, en périphérie de Strasbourg, a enfin été inauguré jeudi. Lancée en 2012 mais longtemps cachée, l’association espère profiter de cette visibilité pour attirer plus d’habitants à venir réparer eux-mêmes leur bicyclette avec ses bénévoles.

Dans la lignée de l’atelier Bretz’selle, le plus connu en plein centre de Strasbourg, l’initiative soutenue financièrement par l’Eurométropole illustre la volonté d’encourager la pratique de la petite reine dans les différents quartiers de la ville. C’est un des enseignements tirés par une enquête menée récemment.

>> A lire aussi : En vélo, bus ou covoiturage, les entreprises du Port de Strasbourg encore mieux desservies

Des quartiers périphériques beaucoup moins pratiquants que le centre

En plus du baromètre en ligne aux 4.300 réponses, une enquête téléphonique sur 600 personnes a permis de dégager certaines réflexions. Notamment autour des quartiers périphériques moins pratiquants, comme les personnes sans activité. Un constat pris en compte dans le cadre du nouveau plan de « modes actifs » de déplacement.

En fonction à la fin de l’année, ce dernier vise à aider la première ville cyclable de France et la quatrième du monde à progresser dans son nombre de pédaleurs avec, au fond, l’objectif de doubler d’ici 2030 les 8 % actuels de citoyens à vélo au quotidien. « On progresse mais certains n’en font toujours pas du tout », retient Jean-Baptiste Gernet.

>> A lire aussi : INFOGRAPHIE. Avec les déplacements au travail, Strasbourg confirme son rang de capitale du vélo

« Les acteurs associatifs indispensables » pour ancrer la culture vélo

Et l’adjoint aux mobilités alternatives d’embrayer sur les conclusions de l’enquête, au-delà des habituelles questions de lisibilité des trajets ou de sécurité aux carrefours : « On se rend compte qu’en plus des infrastructures, l’humain, à travers les acteurs associatifs, est indispensable. » A l’image de Bretz’selle créé en 2010, le terreau est actif.

L’Eurométropole veut ainsi poursuivre l’accompagnement de ces ateliers d’autoréparation pour toucher une plus large population. D’autres existent aussi à Koenigshoffen ou Montagne Verte et d’autres encore sont en projet, parfois aidés par Bretz’selle, justement. Un moyen d’ancrer toujours plus la culture vélo à Strasbourg.

>> A lire aussi : Comment Strasbourg veut davantage développer sa culture vélo

Quelle légitimité, enfin, pour le vélo sur les routes strasbourgeoises ?

A terme, l’Eurométropole veut aussi relancer le débat de la place du vélo sur la route. « On a souvent mis les cyclistes sur les zones piétonnes, mais pour ceux qui vont le plus vite, pourquoi ne pas matérialiser un espace réglementaire sur la chaussée afin de pacifier la relation avec les voitures ? », s’interroge Jean-Baptiste Gernet. La question sera prise en compte dans la création des nouvelles infrastructures.

Bientôt une borne de réparation en libre-service. Outre les ateliers d’autoréparation, la ville réfléchit à d’autres outils pour les cyclistes. Ainsi, une borne de réparation (remplie d’outils) en libre-service devrait bientôt être expérimentée à Strasbourg. Une existe déjà sur le canal du Rhône au Rhin en direction de Colmar.