Strasbourg: Vers une navette sans chauffeur entre la France et l'Allemagne?

TRANSPORTS Un challenge de navettes autonomes entre la France et l’Allemagne est lancé par l’Eurodistrict, les frontaliers vont pouvoir essayer et attribuer un trophée à leur navette préférée…

Gilles Varela

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La navette Navya, développée par une start-up lyonnaise.
La navette Navya, développée par une start-up lyonnaise. — Navya

Voitures, navettes autonomes, expérimentations sur les autoroutes… Une chose est sûre, une révolution silencieuse est à l’aube des transports éco-responsables. Qu’ils concernent les particuliers, les entreprises ou les transports en commun, les véhicules sans (ou presque) chauffeur comptent bien se tailler la part du lion sur le marché de la mobilité électrique et numérique.

Un test grandeur nature pendant trois jours

Si les techniques évoluent, c’est souvent un frein administratif qui entrave son développement. Aussi dans le cadre d’une coopération entre l’Allemagne et la France, l’Eudrodistrict lance un challenge et invite les concepteurs et constructeurs de navettes autonomes de toutes les nationalités à faire circuler leurs navettes pendant trois jours sur un itinéraire reliant Strasbourg à Kehl.

Un trophée sera décerné par les usagers qui vont pouvoir les tester. Si l’on est encore très loin de voir ce genre de véhicules effectuer le « dernier kilomètre » dans les deux villes respectives, cette expérimentation transfrontalière devrait permettre de lever certaines barrières, notamment administratives.

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Des tests symboliques

Car ce challenge est la déclinaison locale d’un plus vaste projet de coopération entre la France et l’Allemagne. Pour exemple, une zone de test longue de 70 kilomètres entre les deux pays permettra prochainement d'expérimenter sur route des véhicules autonomes et connectés. Les essais se feront sur un parcours reliant Metz à Merzig, (dans l’ouest de l’Allemagne).

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Plus modestement, le challenge de l’Eurodistrict est le deuxième projet de l’initiative franco-allemande sur la mobilité électrique et numérique. Placé sous le patronage du secrétariat d’Etat français auprès du ministre des Transports ainsi que du ministre des Transports du Bade-Wurtemberg, ce challenge est avant tout symbolique car il témoigne de la volonté de renforcer les liaisons entre l’Ortenau et l’Eurométropole de Strasbourg.

Symbolique également car les navettes autonomes passeront par l’un des ponts enjambant le Rhin (ce devrait être le nouveau Pont sur le Rhin). Mais outre la « belle image », cette expérimentation « bénéficiera aux diverses administrations puisque sera mis en place un nouveau protocole de réglementation transfrontalière des navettes autonomes permettant aux deux côtés de la frontière de mieux se connaître », assure le président de l’Eurodistrict Frank Scherer.

Plus que technique, (des expérimentations sont déjà menées à Lyon ou Paris), c’est surtout un challenge réglementaire car il impacte la législation des deux pays. « Nous allons travailler sur une procédure d’autorisation commune et qui implique les citoyens », se réjouit Lioba Markl-Hummel, en charge du projet à L’Eurodistrict.

Le prix du public

Le challenge est ouvert aux concepteurs et constructeurs de toutes nationalités. Ces derniers ont jusqu’au 28 février pour déposer leur dossier. Chaque navette circulera, du 19 au 21 juin, sur un même itinéraire d’environ 2 km reliant Strasbourg et Kehl, mais sur des créneaux horaires séparés.

Les navettes doivent être des véhicules électriques pouvant transporter de sept à vingt personnes. Mais pour des raisons de sécurité et de réglementation, un opérateur sera toujours à bord, pouvant prendre le contrôle du véhicule en cas de besoin. Les passagers ayant emprunté les navettes (inscription obligatoire) décerneront un trophée – le prix du public – établi d’après un questionnaire multicritère.