Strasbourg: Parmi les plus légers du marché, les vélos électriques V'Lec commencent à cartonner

TRANSPORTS Lancés discrètement en 2011, les vélos électriques pliables V’Lec, parmi les plus légers du marché du haut de leurs 10,6 kg, font doucement leur place. Et 2017, avec plusieurs nouveautés, s’annonce comme une belle année…

Bruno Poussard

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Ici sur un bateau au salon nautique de Paris, le V'Lec peut s'embarquer partout, du haut de sa dizaine de kilos...
Ici sur un bateau au salon nautique de Paris, le V'Lec peut s'embarquer partout, du haut de sa dizaine de kilos... — Augustin Charlot / VLec.

En moyenne, le poids des vélos à assistance électrique dépasse légèrement les 20 kilos. Le modèle pliable de ce Jurassien, lui, pèse seulement 10,6 kg ! Basée à Strasbourg, sa marque V’Lec commence à se faire un nom, à l’aide d’un moteur déplacé sur l’extérieur de la roue arrière, un peu à la manière d’un solex.

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Avec la sortie prochaine de nouveaux vélos, l’année 2017 promet pour Augustin Charlot, six ans après la création de V’Lec. Ancien analyste sectoriel d’activité économique, cet entrepreneur de 31 ans s’est lancé en 2011 dans ce projet comme un passionné de la bicyclette qui a déjà traversé les Etats-Unis d’Est en Ouest à la force de ses cannes.

Augustin Charlot, au centre, lors de sa traversée des Etats-Unis à vélo.
Augustin Charlot, au centre, lors de sa traversée des Etats-Unis à vélo. - Augustin Charlot / VLec.

« Moins de contraintes qu’un vélo »

« Le vélo à assistance électrique est en pleine croissance, il participe à un meilleur confort de vie en société, d’autant qu’il est rare d’utiliser un seul moyen de transport aujourd’hui, argumente le fondateur de l’entreprise. Puis le secteur est assez porteur. Et c’est un produit sympa, il y a un côté créatif. » Voilà pour les motivations.

Mais en bon chef d’entreprise, Augustin Charlot embraye sur le terme de vélo à assistance électrique : « Pour moi, c’est plutôt un outil de transport personnel ultra-ergonomique. Ça a moins de contraintes qu’un vélo. » Avec plus de 3.500 exemplaires vendus sans publicité monstrueuse, le sien a trouvé son créneau, avec la légèreté.

De un à trois modèles pour rentrer dans les réseaux

Amélioré au fil des cinq dernières années, le Pocket Plus est pourtant l’unique modèle de V’Lec. Jusqu’ici, en tout cas. En mai 2017 est prévue la sortie du Pocket R - plus polyvalent avec ses trois vitesses - puis d’un vélo pliable non électrique. De 995 à 1.599 euros, son expansion - auprès d’un public surtout aisé - peut donc commencer.

« Jusque-là, on avait une seule référence, c’était dur de rentrer dans les réseaux [de distribution] », décrypte Augustin Charlot, rentré chez Cyclable qui ouvre bon nombre de boutiques, dont une attendue à Strasbourg. Et s’il squatte beaucoup de salons, l’entrepreneur prospecte aux Etats-Unis, sans oublier de garder un œil sur l’Allemagne.

Une origine dans le Jura, un siège à Strasbourg, un atelier à Shanghaï

C’est d’ailleurs pour ces raisons, également logistiques, qu’il a basé sa société à Strasbourg, voilà bientôt trois ans. Mais sa production, elle, est réalisée dans un atelier à Shanghaï, en Chine, en attendant de sous-traiter le montage de son modèle non-électrique en France. « Mais ce n’est un problème de coûts », défend-il.

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Et de justifier : « En France, il y a des machines que l’on n’a plus et cela rend impossible la construction de certaines pièces ici. Puis en Chine, 20 millions de vélos et vélos à assistance électrique sont vendus par an, la recherche avance tous azimuts. » En plus d’un Allemand, Augustin Charlot est aujourd’hui associé à un gros industriel chinois.

Le Pocket R, déplié, des V'Lec.
Le Pocket R, déplié, des V'Lec. - Augustin Charlot / VLec.

Le vélo à assistance électrique en plein boom

Profitant d’une forme de mode, des politiques de subvention à l’achat de ce moyen déplacement et de développement des infrastructures cyclables, le chiffre d’affaires de V’Lec est espéré par son fondateur vivant à Lons-le-Saunier à un million d’euros pour cette année, contre moins de 500.000 euros en 2016. C’est l’heure du coup de boost.