En attendant de voir la fermeture de Fessenheim actée, salariés et associations dans l'expectative

NUCLEAIRE En validant le protocole d’indemnisation par l’Etat, le conseil d’administration d’EDF a franchi un pas vers la fermeture de Fessenheim, pas encore actée néanmoins. De quoi mitiger les sentiments des deux camps...

Bruno Poussard

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La centrale nucléaire de Fessenheim fermera normalement en 2018, une date qui reste à acter par un nouveau conseil d'administration préalable au décret gouvernemental.
La centrale nucléaire de Fessenheim fermera normalement en 2018, une date qui reste à acter par un nouveau conseil d'administration préalable au décret gouvernemental. — G. Varela / 20 Minutes

Au pied de la centrale de Fessenheim, les salariés n’avaient pas lâché le piquet de grève depuis lundi matin. Particulièrement ici, le vote du conseil d’administration du groupe EDF tenu était sacrément attendu. Une partie de l’avenir de la doyenne des centrales nucléaires françaises se jouait ainsi à Paris ce mardi, en vue de sa probable fermeture en 2018.

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Un principe validé, mais une fermeture qui reste à acter

Avec la validation du protocole d’indemnisation d’EDF par l’Etat - votée de justesse -, une étape du processus a été franchie. Pourtant, elle semble aujourd’hui plus satisfaire les salariés de la centrale que les associations militantes. Car le démantèlement n’est pas encore acté. Les étapes restantes à franchir laissent les acteurs dans l’expectative.

Centrale nucléaire de Fessenheim. Le 20 11 2008
Centrale nucléaire de Fessenheim. Le 20 11 2008 - G. VARELA / 20 MINUTES

« A ce jour, la fermeture n’est pas validée, se réjouit ainsi le délégué syndical de la CGT et technicien d’exploitation Jean-Luc Cardoso. Le conseil d’administration devra se réunir une nouvelle fois pour voter l’abrogation de l’autorisation d’exploiter la centrale. » Un préalable obligatoire au décret final du gouvernement dont la date n’est pas encore fixée.

« Absence d’une décision de fermeture immédiate », regrette Stop Fessenheim

En attendant ces avancées, les associations écologistes sont partagées. « Je ne peux me plaindre d’un vote qui va dans le bon sens, mais je regrette l’absence d’une décision de fermeture à effet immédiat », résume André Hatz, porte-parole de Stop Fessenheim. D’autant plus à l’approche de la présidentielle et d’un éventuel changement de majorité…

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« Il faut absolument que tout soit acté avant pour qu’il ne puisse pas y avoir de retour en arrière », insiste ce Haut-Rhinois. Militant pour une fermeture le plus tôt possible, il espère la tenue du second conseil d’administration au plus vite. Sans oublier de regretter « le troc » autour du conditionnement de la fermeture de Fessenheim à l’ouverture de l’EPR de Flamanville.

Des actions encore prévisibles des deux côtés

Entre les trois garanties obtenues par les actionnaires d’EDF qui ont voté en faveur de ce principe d’indemnisation (à hauteur de 490 millions minimum) et les échéances à venir, les associations restent extrêmement vigilantes. « On a longtemps été trop gentils, mais le mouvement pourrait très vite se radicaliser si ça ne se faisait pas », termine ainsi André Hatz de Stop Fessenheim.

S’ils ont quant à eux levé le mouvement de grève ce midi devant cette petite « victoire », les salariés de la centrale ne comptent pas relâcher la pression pour autant. Une assemblée générale du personnel est d’ores et déjà prévue mercredi matin afin d’envisager d’éventuelles actions à venir, dans le cadre de la mobilisation lancée lundi.

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« Le protocole d’indemnisation validé sous-entend la poursuite, derrière [en vue de la fermeture et du démantèlement, ndlr], nuance finalement Jean-Luc Cardoso. Et le président de la République a plutôt intérêt à ce que les choses aillent vite. Cela reste un chantage électoral. » Pour lequel le timing sera déterminant et ultra-surveillé. De tous les côtés.