Strasbourg: Six syndicalistes devant la justice, «pour faire peur aux organisations»

SOCIETE Nouvelle comparution devant la justice de six militants syndicaux mardi 17 janvier pour avoir organisé en mai 2016 à Haguenau une manifestation contre la Loi Travail sans autorisation préalable, les sympathisants sont attendus en nombre…

Gilles Varela
Illustration. Strasbourg le 31 mars 2016. Manifestation contre la loi travail. Entre 5.000 et 9.000 manifestants.
Illustration. Strasbourg le 31 mars 2016. Manifestation contre la loi travail. Entre 5.000 et 9.000 manifestants. — G. Varela / 20 Minutes

Pour les six syndicalistes d’Haguenau (CGT, FO) qui passent une nouvelle fois en jugement devant le tribunal de grande instance de Strasbourg mardi 17 janvier, « c’est de l’acharnement ». Ces militants, à qui l’on reproche l’organisation d’une manifestation contre la Loi Travail sur la voie publique sans autorisation préalable et avoir participé à des actions entravant la circulation, avaient déjà répondu à une convocation de la justice le 9 novembre dernier, mais l’affaire a été renvoyée à ce 17 janvier.

Les syndicats CGT et FO voient dans cette affaire une volonté de « criminaliser les luttes sociales » et « d’intimider » les syndicalistes. Pour Jean Michel Delaye, un des six syndicalistes d’Haguenau, qui espérait en novembre dernier l’abandon des poursuites, « c’est de l’acharnement. »

Le syndicaliste, qui craint des sanctions au vu des peines infligées dans d’autres actions syndicalistes en France mais espère la relaxe, considère ces poursuites comme un prétexte et souligneles « contradictions du gouvernement » : « Nous sommes poursuivis pour avoir montré notre opposition à la Loi Travail qui est passée en force avec l’article 49.3, alors que certains qui ont fait passer cette loi en force disent aujourd’hui que s’ils sont élus, ils supprimeront le 49.3. C’est un double langage. »

« La volonté de faire peur aux organisations syndicales »

Un avis partagé et réaffirmé par Jacky Wagner, secrétaire général de la CGT du Bas-Rhin qui voit en ces poursuites la volonté des pouvoirs publics de « criminaliser les luttes sociales » et de « vouloir faire peur » aux organisations syndicales. « Il faut remettre ça dans le contexte. A ce moment-là, le gouvernement faisait passer le texte en force. En réaction, la CGT aussi décidait de passer en force. »

Et Jacky Wagner ne manque pas de s’étonner quant aux poursuites judiciaires des éléments reprochés aux syndicalistes d’Haguenau. « C’est un des seuls dossiers en France où l’on reproche de ne pas avoir demandé l’autorisation. C’est un des seuls dossiers de syndicalistes où il n’y a pas eu de casses, de dégradations, de violences avec les forces de l’ordre ». Il ajoute : « Il y a toujours eu des manifestations organisées sans demande d’autorisation au préalable, comme ce fût plusieurs fois le cas en 2010 pour les manifestations contre la réforme des retraites, ou parfois un simple coup de fil au dernier moment suffit. Mais il n’y a jamais eu de poursuites. C’est incompréhensible. »

Lors de la première convocation en novembre dernier, près de 200 personnes étaient venues soutenir les « six d’Haguenau ». Mardi, les syndicats CGT et FO appellent à un nouveau rassemblement de soutien dès 8h devant le TGI (quai Finkmatt) et demandent leur relaxe.