C'est nouveau, des kits d'activités créatives pour handicapés arriveront d'Alsace en 2017

ENTREPRENEURIAT A 24 ans, l'Alsacienne Sandra Willauer monte sa novatrice entreprise d'activités créatives pour les personnes handicapées mentales à l'aide, notamment, du statut d'étudiant entrepreneur...

Bruno Poussard

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Originaire du Sungdau, Sandra Willauer vit désormais à Strasbourg, et travaille dans des locaux situés à Rosheim, également dans le Bas-Rhin.
Originaire du Sungdau, Sandra Willauer vit désormais à Strasbourg, et travaille dans des locaux situés à Rosheim, également dans le Bas-Rhin. — B. Poussard / 20 Minutes.

Pour cette Alsacienne, le passage à l’année 2017 marquera une sacrée étape. Avec un planning plutôt chargé. A 24 ans, Sandra Willauer, ancienne étudiante de la Haute école des arts du Rhin, va monter sa société. Avant de tester puis commercialiser ses premiers kits d’activités créatives destinées aux personnes handicapées mentales.

Un projet mûri mois après mois, depuis quelques années déjà. Spécialisée dans la pédagogie par l’image, la graphiste s’est rendu compte d’un déficit dans ce domaine au fil de ses études, d’échanges et de stages. « Ce n’est pas forcément cohérent de donner des jeux d’enfants en maternelles à des adultes déficients, par exemple », illustre-t-elle.

Un diplôme étudiant entrepreneur parfait pour se tester

Devant l’inexistence de tels équipements pédagogiques, Sandra Willauer, originaire du Sungdau, a progressivement décidé de se lancer. A travers un projet de dernière année d’études en didactique visuelle, d’abord. Puis à l’aide du nouveau diplôme étudiant entrepreneur, lancé à l’université d’économie de Strasbourg en janvier 2015.

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« C’est un dispositif national que chaque fac organise comme il peut, précise Sabine Cullmann, responsable en Alsace où sont déjà passés 53 inscrits. On offre aux étudiants l’opportunité de tester, un coaching universitaire ou professionnel, et des relations. La maturité des projets est très différente. L’expérience reste un apprentissage énorme. »

« Des contenus adaptés et adaptables », d’abord pour les familles

Ce n’est pas donc le cas de tous, mais le projet de Sandra Willauer est l’un des plus aboutis. Primée par le Grand Prix Pépite cette année, la graphiste désormais installée à Rosheim dans le Bas-Rhin a également intégré l’incubateur strasbourgeois Semia en septembre, concrétisant un peu plus son projet de création d’entreprise.

Intitulé « Hors piste », il pourrait très vite grandir. Au-delà des personnes déficientes, la jeune entrepreneuse pense aux personnes touchées par Alzheimer ou des troubles psychiques… « Le but est de concevoir et éditer des contenus adaptés et adaptables, le plus largement possible », résume-t-elle, accompagnée par un designer produit.

Des jeux créatifs autour du portrait ou des couleurs

Déjà, elle commencera par un premier kit à destination des familles d’ici la fin de l’année 2017, avant de lancer des kits plus imposants pour les instituts spécialisés. A commander sur Internet, ils comporteront le matériel pour mettre en place simplement plusieurs activités créatives aux différentes thématiques, et un petit guide pratique.

A l’image d’un exercice de portrait à mener derrière une vitre, les possibilités sont nombreuses (si ce n’est infinies) autour du mélange des couleurs, de l’abstrait et du concret, ou des paysages… « En jouant sur la vue, le toucher, en mettant parfois l’accent sur la motricité, ou en amenant dehors… », liste la Strasbourgeoise.

Dans les mains de Sandra Willauer, le guide pratique de plusieurs activités, dont certains exemples figurent aussi sur la table.
Dans les mains de Sandra Willauer, le guide pratique de plusieurs activités, dont certains exemples figurent aussi sur la table. - B. Poussard / 20 Minutes.

Une phase de test lancée dès le début de l’année

Avant une phase de test prévue dès le début de l’année (et pour laquelle elle cherche encore des familles, des aidants ou des professionnels libéraux motivés), elle passe encore beaucoup de temps à rencontrer des parents ou des orthophonistes, par exemple, afin de comprendre et s’adapter aux attentes et besoins de chacun.

Une autre facette de l’entrepreneuriat, éloignée de son activité de base de graphiste en freelance, comme les nombreuses notions administratives. Mais à terme, les perspectives sont grandes. Entre des ateliers locaux ou des instituts, son projet pourrait permettre la création d’emplois. L’année 2017 sera celle des débuts.