L'Alsace est la région la plus généreuse de France, mais comment l'expliquer?

DONS Lundi, le baromètre de la générosité de Recherches & Solidarités a placé Strasbourg comme la quatrième ville de France et l’Alsace comme la première région, alors «20 Minutes» a cherché à savoir pourquoi…

Bruno Poussard

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Paris le 04 fevrier 2013. Illustration  argent, billets de banque tenus dans une main.
Paris le 04 fevrier 2013. Illustration argent, billets de banque tenus dans une main. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Certains de ses cadeaux sont connus dans le monde entier. La statue de la Liberté, entre autres, a pour origine Colmar où est né son auteur, Frédéric Auguste Bartholdi. Le grand entraîneur du FC Arsenal, Arsène Wenger, n’est lui pas né ailleurs qu’à Strasbourg. Sans parler de  M. Pokora… Preuve qu’en Alsace, on partage ce qu’on aime.

Outre ces exemples un brin chauvins, la générosité alsacienne n’est pas un mythe. Chiffres à l’appui. Après l’Observatoire de la philanthropie de la Fondation de France, voilà que le baromètre du réseau Recherches & Solidarités pose l’Alsace comme la région la plus généreuse. Et Strasbourg, la quatrième ville de France.

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Près de 18 % des foyers alsaciens feraient des dons à des assos

Pour tenter de comprendre, 20 Minutes a commencé par questionner plusieurs habitants. Au hasard. Victoria et Laura, la vingtaine à peine : « Lundi, on a distribué une soixantaine de plats du monde à des personnes SDF, avec notre centre culturel. » Sur l’ensemble des foyers alsaciens, 17,8 % donneraient d’ailleurs à des organisations.

Strasbourg le 26 11 2013. La banque alimentaire et ses bénévoles se préparent pour la grande collecte annuelle.
Strasbourg le 26 11 2013. La banque alimentaire et ses bénévoles se préparent pour la grande collecte annuelle. - G. Varela \ 20 Minutes

La solidarité régionale ne se résume pas à ça. « Je peux être généreux quand quelqu’un que je croise me le demande, rebondit Jean-Yves, Strasbourgeois. L’autre jour, j’ai donné 20 euros à une personne en galère pour une chambre d’hôtel. Mais ce n’est pas tout le temps. » Les Alsaciens ont en tout cas un penchant pour les bonnes intentions.

« Un coin où on a plutôt la fibre généreuse » selon les Restos du cœur

En témoigne encore Aïcha qui, à 26 ans, offrira pour Noël des Bredele à son regretté ex-collègue parti sous d’autres cieux. Option partagée par Marie-Helène d’Hoenheim : « J’essaye d’aider, en famille d’abord, à chaque fois que je peux donner un coup de main, et puis en donnant de mon temps à des associations, pas seulement en espèce. »

A Bordeaux, le 9 novembre, présentation de la collecte 2015 de la banque alimentaire.
A Bordeaux, le 9 novembre, présentation de la collecte 2015 de la banque alimentaire. - E.Provenzano / 20 Minutes

Les organismes caritatifs font aussi état de cet état d’esprit. « Par rapport à d’autres départements, on est notamment bien placé en termes de volume de ce que l’on ramasse lorsque l’on fait des collectes, illustre Daniel Belletier, président des Restos du cœur du Bas-Rhin. C’est un coin où on a plutôt la fibre généreuse. »

Des dons en augmentation du côté de l’organisme Caritas Alsace

Pour sa part, Caritas Alsace peut même compter sur les dons des expatriés de la région. L’association a justement reçu plus d’ 1,7 million d’euros en 2015, soit 10 % de plus qu’en 2014. Le droit local facilite par ailleurs le don (à titre gratuit) aux associations (pas tenues par la loi française de 1901 mais par une autre de 1908), en Alsace et en Moselle.

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« On a peu de très gros dons, mais une foule de petits, complète justement le délégué diocésain de Caritas Laurent Hochart. Le soutien vient aussi des plus pauvres. Et toutes les classes d’âge donnent. » L’histoire compliquée de l’Alsace et son identité forte (et fière) pourraient en plus être autant de facteurs de solidarité.

Une terre d’accueil, de partage, à l’identité forte et plutôt riche

« On est aussi une région à forte activité économique, il y a beaucoup de manifestations importantes, et puis ce territoire a toujours été une terre d’accueil, de transit », soumet Daniel Belletier des Restos qui ont lancé leur campagne d’hiver lundi. Mais les vraies raisons seraient ainsi plutôt à chercher parmi la culture locale.

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« L’esprit convivial des Alsaciens se décline peut-être dans les dons, valide Daniel Belletier, dont les Restos reçoivent des dons de 100 euros en moyenne. Pour moi, c’est un plaisir de faire une collecte, puisque les gens sont solidaires et parce qu’on est toujours bien reçus. » Loin des clichés de froideur de cette belle région du Grand Est