Attentat déjoué: «C’est d’autant plus difficile que je connaissais» l’animateur périscolaire interpellé

TERRORISME L’animateur périscolaire interpellé dans le cadre d'une opération antiterroriste s’occupait des enfants de l’école maternelle et primaire de la Meinau. Apprécié de tous, « qui était cet homme ? », s’interrogent à présent parents et ceux qui l’ont côtoyé…

Gilles Varela

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Ecole maternelle de la Meinau, Strasbourg le 22 novembre 2016.
Ecole maternelle de la Meinau, Strasbourg le 22 novembre 2016. — G. Varela / 20 Minutes

Une petite fille dévastée par les larmes s’empresse de quitter l’école : « Mais qu’est-ce qu’il a fait ? » demande-t-elle en serrant très fort la main de sa maman. « Quelque chose de grave, je ne sais pas quoi mais quelque chose de pas bien », répond cette dernière, retenant avec mal son émotion.

Des questions, beaucoup de parents, de personnes qui ont côtoyé l’animateur du périscolaire placé en garde à vue dans la nuit de samedi à dimanche dans le cadre d’une opération antiterroriste, s’en posent.

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Pour Michel*, père de deux enfants âgés de cinq et huit ans scolarisés à l’école, « c’est d’autant plus difficile qu’il le connaissait autrement, les enfants n’avaient pas le même rapport et ce n’est pas facile de leur expliquer. D’ailleurs il faudra trouver les mots ou tout faire pour ne pas en parler. On verra bien. C’est un monde de fêlés. Mais, si c’est vrai, c’était indétectable, il était très apprécié, très gentil. » L’animateur était d’ailleurs inconnu des services de renseignement et des services de justice.

Consternation

Même consternation dans son environnement professionnel. Certains, sous couvert d’anonymat, confient que c’était un « très bon élément, gentil et attentionné ». Même avis chez les élus qui ont eu accès à son dossier : « Son évaluation était très bonne. Il n’y a jamais eu la moindre remontée, le moindre signalement que ce soit de la part de ses collègues, de sa hiérarchie, des parents, des enfants. On voit vite quand il y a quelque chose qui ne fonctionne pas avec les animateurs, mais là, rien, aucun retour », assure Alain Fontanel, premier adjoint au maire.

Et pourtant : interpellé et placé en garde à vue comme six autres individus, l’animateur périscolaire, résident à Strasbourg, avait chez lui, selon une source proche de l’enquête et rapportée à l’AFP, deux pistolets automatiques, des munitions et de la propagande djihadiste. Il est soupçonné également d’avoir gagné la Syrie en passant par Chypre en 2015.

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« Si c’est vrai ce que l’on dit, comment a-t-il pu développer une telle haine ? ».

Pour tous les parents rencontrés par 20 Minutes, c’était avant tout un gentil animateur qui travaillait à l’école élémentaire à l’heure du déjeuner et à l’école maternelle, jouxtant cette dernière, après les heures de classes. Âgé de 37 ans, il n’est pas marié et n’a pas d’enfant. Il avait été vacataire pendant 10 ans, depuis 2005 dans cette même école avant d’être titularisé en 2014.

Ouarda, maman d’un petit garçon en classe de maternelle a peur : « Ce que je ne veux pas, c’est que tous les enfants de cette école soient stigmatisés et que cela nuise à leur avenir. Ce sont de bons élèves. Les bons ne doivent pas payer pour les autres. Si c’est vrai ce que l’on dit, comment a-t-il pu développer une telle haine ? ».

*Son prénom a été changé à sa demande