Attentat déjoué: Comment les animateurs des écoles de Strasbourg sont-ils recrutés ?

SOCIETE L'interpellation d'un animateur périscolaire soupçonné de projeter un attentat interroge sur le recrutement de ces agents de la ville de Strasbourg, bien que ce trentenaire soit largement décrit comme «apprécié»...

Bruno Poussard (avec G.V.)

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La ville de Strasbourg compte environ 200 animateurs périscolaires au total.
La ville de Strasbourg compte environ 200 animateurs périscolaires au total. — Elisa Frisullo / 20 Minutes

La question s’est rapidement posée. Une fois confirmée l’interpellation d’un animateur d’une école de Strasbourg dans le cadre de l’ opération antiterroriste menée dans la nuit de samedi à dimanche, les élus ont évoqué le statut des agents de la ville. « Ils sont tous recrutés selon une procédure stricte », insiste le premier adjoint Alain Fontanel.

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Chargés de l’occupation des enfants lors de la pause méridienne, des fameux temps périscolaires à la sortie des classes ou encore le mercredi, les animateurs aux profils variés doivent ainsi fournir un CV, une lettre de motivation et leur casier judiciaire, avant un entretien. Vacataire depuis 2004, le trentenaire suspecté a été titularisé en 2015.

Une copie du casier au recrutement, des évaluations annuelles ensuite

Au fil de ces années, il a fait l’objet de nombreuses évaluations, comme les 200 autres animateurs de la ville (qui compte 8.000 agents au total). Un habituel entretien annuel a eu lieu avec son responsable hiérarchique, « pour savoir si ses compétences sont en adéquation avec ses fonctions », précise Julie Aradener, directrice du service éducation.

Et pour l’homme de 37 ans, sans enfant ni marié, le bilan de travail à l’école maternelle le midi et la primaire de la Meinau le soir est resté positif. Un dossier même « très bon », selon les vérifications du premier adjoint Alain Fontanel : « Il n’a jamais fait remonter de menaces ou d’inquiétudes. » Dans un tel cas, d’autres auditions auraient été réalisées.

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« Mais lui semble apprécié des enfants avec lesquels il travaillait au quotidien et leurs parents, rebondit Julie Aradener. Son responsable était effaré. » Suivie par Françoise Buffet, adjointe à l’éducation : « De l’avis de sa hiérarchie, de ses collègues, il n’y avait rien à dire sur ses qualités professionnelles pendant ses 23 heures hebdomadaires. »

« La collectivité était-elle en capacité de le mesurer ? »

« Seule l’enquête en cours a permis de déceler des risques, rappelle enfin Alain Fontanel. Il n’y a jamais eu d’indicateurs avant. La collectivité était-elle en capacité de le mesurer ? » C’est la question que soulève le profil de cet individu soupçonné. Après son interpellation dans la nuit de samedi à dimanche, l’enquête est toujours en cours.

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En attendant, la municipalité ne compte pas revoir sa procédure de recrutement et d’évaluation qui n’a, pour l’heure, pas fait état de faille. « Sans chercher à les modifier, on travaillera quand même dessus, pour s’assurer qu’elles continuent à bien fonctionner, clarifie Alain Fontanel. Mais il ne faut pas croire, le risque 0 n’existe pas. »