Strasbourg: A quoi pourrait ressembler l’A35 transformée en boulevard urbain?

AMENAGEMENT Présenté mardi par le président de l’Eurométropole, le groupe de travail sur la requalification de l’A35 attaque sa réflexion sur la transformation de cet axe majeur en boulevard urbain….

Bruno Poussard
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L'A35 pourrait-elle être un jour supprimée entre la Vigie et le Nord de Strasbourg ? C'est une piste de réflexion...
L'A35 pourrait-elle être un jour supprimée entre la Vigie et le Nord de Strasbourg ? C'est une piste de réflexion... — G .VARELA / 20 MINUTES

Le constat est largement partagé. L’accessibilité de Strasbourg est compliquée, l’ trop facilement bouchée et les pics de pollution trop fréquents. Afin de réfléchir aux solutions à long terme, un groupe de travail piloté par l’  (Adeus) a été lancé mercredi.

« Comment attaquer la reprise de l’A35 en 2020 ? » tâchera ainsi d’interroger au fil des années à venir Yves Gendron, . Avec la volonté d’inscrire cette réflexion plus largement. En cherchant des pistes d’aménagement de cette partie de l’agglomération, au-delà de la diminution du trafic et   visée.

La possibilité d’un nouveau tracé parallèle à l’autoroute…

Concrètement, quelle forme cette requalification prévue dans plus de cinq ans pourrait-elle donc prendre ? De 2013 à 2016, les urbanistes Micha Andreieff et Michel Messelis ont justement travaillé sur , dont ils partagent les conclusions sur  .

Ce qu’ avant tout dans les possibilités d’une telle transformation, c’est une valorisation de ces espaces. Ils imaginent en fait un nouveau tracé pour ce boulevard parallèle à l’actuelle autoroute. Ponctué de ronds-points, il ne nécessiterait plus d’échangeurs, de talus ou de grands murs antibruit. Et libérerait de la place.

… et de l’espace ainsi dégagé pour des logements ou un parc

Dégagés, ces endroits sur ou à proximité de l’actuelle A35 pourraient notamment permettre d’ouvrir un nouvel axe et de rendre accessible  de l’autre côté, à l’ouest. Ils pourraient aussi offrir un nouveau potentiel foncier pour créer des logements, ou encore augmenter les espaces verts autour d’un parc.

Quant à , difficile de ne pas imaginer une importante place faite aux transports au commun – et donc aux piétons et aux cyclistes –, forcément encouragés afin de fluidifier la circulation. En deux fois deux voies ou encore deux fois trois voies, tout est imaginable à l’heure du lancement du processus de réflexion.

Plusieurs interrogations autour du réalisme soulevées par Alsace Nature

Car tout cela est donc très loin d’être arrêté. Les échanges s’annoncent vifs. « L’idée des architectes est séduisante, mais qu’en sera-t-il du barreau entre le Nord et le Sud de la ville, comment un artisan de Bischheim pourra-t-il se rendre facilement à la Meinau ? », interroge Luc Huber, de , convaincue de la nécessité de ce « débat majeur sur l’A35,   ».

En mettant en place ce groupe d’études,  a en effet souhaité associer l’ensemble des acteurs impliqués ou impactés. « De Brumath à La Vigie, les maires et élus seront consultés », a précisé Robert Hermann lors de la première réunion, mardi. Sans oublier les services de l’Etat, plusieurs entreprises, et d’autres associations, dont   ou l’ .

Comment impacter vraiment le trafic sans toucher l’économie ?

Alsace Nature compte bien questionner. « Même , les expertises prévoient toujours 150.000 véhicules quotidiens sur cet axe, comment pourraient-ils passer sur un boulevard urbain ? Nous ne sommes pas convaincus que ce soit   », clame Luc Huber, également maire délégué   qui espère « un vrai débat sur la circulation de l’ensemble du bassin ».

Autour d’une partie plutôt politique et d’une autre plus technique, le groupe de travail sera ainsi chargé d’écouter  de chacun. « Notre plateforme de dialogue sera là pour entendre tout le monde », reprend Yves Gendron, à propos de ces phases séparées en trois ans. La diffusion sur le Web des auditions est également envisagée, pour « jouer la transparence », souhaite Robert Hermann.