Alsace: Six syndicalistes convoqués au tribunal pour une manifestation «non déclarée»

LOI TRAVAIL Pour l’organisation d’une manifestation « non déclarée » sur la voie publique à Haguenau en mai dernier, six syndicalistes sont convoqués au tribunal de Strasbourg, où un rassemblement sera organisé mercredi matin…

Bruno Poussard

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Une manifestation contre la loi Travail au printemps dernier à Strasbourg. Illustration
Une manifestation contre la loi Travail au printemps dernier à Strasbourg. Illustration — G. Varela / 20 Minutes

L’audience prévue mercredi à 8h au tribunal de grande instance pourrait être renvoyée. Mais les syndicats, inquiets de la tournure des événements, ne comptent rien lâcher pour les six manifestants contre la loi Travail convoqués devant la justice. « On s’engage clairement dans un bras de fer », ne cache pas Jean-Michel Delaye, l’un d’entre eux.

Dans un communiqué, l’intersyndicale du Bas-Rhin fait de son côté savoir qu’elle demande purement et simplement « l’arrêt immédiat » de ces poursuites jugées « inacceptables », à savoir « entrave à la circulation » et « organisation d’une manifestation non déclarée » en mai dernier à Haguenau, selon les précisions de Rue 89 Strasbourg.

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« On nous reproche d’avoir aidé à l’organisation de la manifestation »

« Ce qu’on nous reproche, c’est d’avoir aidé à l’organisation du rassemblement, embraye Jean-Michel Delaye. Et nous, on défend juste la liberté et le droit de manifester. » En n’hésitant pas à parler de « brutalité de la répression » et de « criminalisation du mouvement syndical », ces derniers appellent à un rassemblement devant le palais de justice à 8h.

« Si nous sommes six à être convoqués, nous étions 200 manifestants le 19 mai dernier, donc on espère être au moins autant », insiste Jean-Michel Delaye. Et s’il est particulièrement inquiet, c’est que, récemment, d’autres syndicalistes ont été ainsi condamnés, à l’image d’un représentant parisien de la fédération CGT de la construction. Auteur des jets de peinture à l’eau et de confettis sur un bâtiment patronal en 2014, ce dernier a tout récemment écopé d’un an de prison avec sursis pour « dégradations en réunion » selon L’Humanité.

« Quand vous voyez toutes les peines requises ou prononcées, c’est de la prison ferme ou avec sursis, regrette Jean-Michel Delaye. Vous faites un boulot syndical pour défendre le droit, et on vous met des peines sur la tête. »