Lyre le temps: «C'est notre travail de participer à l'émergence d'une scène strasbourgeoise»

MUSIQUE Après une tournée internationale puis de longs mois de studio, les Strasbourgeois de Lyre le temps sortent ce lundi leur troisième album. Largement reconnus, ils restent pourtant méconnus en Alsace. Le chanteur, Ludo, s’en explique…

Propos recueillis par Bruno Poussard

— 

Les Lyre le temps, c'est désormais un quatuor, à l'image de Prohibition Swing, le premier de leur morceau dévoilé.
Les Lyre le temps, c'est désormais un quatuor, à l'image de Prohibition Swing, le premier de leur morceau dévoilé. — Bartosch Salmanski / 128DB.

C’est un peu l’effervescence. Après plus d’un an de travail, « Prohibition Swing », troisième album de Lyre le temps est sorti ce lundi. Entre interviews pour l’essentiel des radios locales et community management international, la journée a été chargée. C’est que les Strasbourgeois sont bien plus connus au-delà des frontières de l’Alsace - jusqu’au Canada ou au Japon - que chez eux.

>> A lire aussi : VIDEO. Notre playlist de projets musicaux «made in Alsace»

« Le soutien local est assez récent, on avait plus de mal à en parler avant », reconnaît Ludo alias Ry’m, le chanteur. Hip-hop, électro, soul ou jazz, les Strasbourgeois n’ont pourtant rien perdu de leur recette, en recentrant leurs productions autour du swing. De solides bassiste contrebassiste et batteur ont ainsi rejoint  Ry’m et DJ Q dans une nouvelle formule à quatre.

En plus de Ry'm le chanteur et DJ Q le beatmaker, Lyre le temps tournera désormais avec Marco et Sam, respectivement bassiste-contrebassiste et batteur.
En plus de Ry'm le chanteur et DJ Q le beatmaker, Lyre le temps tournera désormais avec Marco et Sam, respectivement bassiste-contrebassiste et batteur. - Bartosch Salmanski / 128DB.

Avant une date attendue à Strasbourg le 16 décembre, Ludovic Schmitt, l’historique leader du groupe natif de la cité (presque) voisine de Haguenau a répondu aux questions de 20 Minutes sur son rapport à la ville…

Une journée de sortie d’album doit déjà toujours être synonyme d’excitation ?

C’est un jour très rythmé ! On a eu pas mal de travail, entre la promo, les interviews à la radio ou sur le web, le community management avec l’animation de nos pages, la sortie programmée du clip de notre troisième single, «  Violetta Swing », ou encore une soirée avec nos partenaires sur Strasbourg…

Partagez-vous le constat d’une plus faible connaissance à Strasbourg qu’à d’autres endroits ?

C’est clair ! Quand on voit les salles dans l’Ouest, à Bordeaux, il y a quatre fois plus de gens, quatre fois plus de spectateurs qui connaissent nos paroles… On n’a pas joué tant que ça en Alsace non plus, après. Est-ce qu’il n’y a pas assez d’événements ? Je ne sais pas trop. Nos influences font aussi qu’on ne représente pas la musique de tout le monde. On est arrivé avec des sons à notre sauce, ça prenait ou ça ne prenait pas, mais on a surtout été là où ça prenait, à la rencontre de notre public. Après, tous les médias parlent de nous, maintenant. On a plus d’impact aujourd’hui.

Quel est votre ancrage à Strasbourg, justement ?

On est physiquement à Strasbourg. Mais pour le projet Lyre le temps, on va donc souvent dans l’Ouest, par exemple. Il y a peut-être un lien avec notre style, mais notre musique marche mieux à certains endroits que d’autres. Il y a pourtant de bons publics dans l’Est, peut-être faut-il aussi plus de temps pour les fidéliser, peut-être est-ce lié aux mentalités… Je ne suis pas sociologue (rires) !

Les gens auraient-ils alors un rapport différent au live en Alsace, par exemple ?

Quand on regarde le nombre de festivals pendant l’été, on voit une énorme différence. En Alsace, ils sont peut-être quoi, une vingtaine, à attirer plus de 2.000 personnes. Dans la région bordelaise, il y en a trois par week-end à la même période. C’est un autre rythme. Les gens sont forcément moins habitués ici. Et ce qui nous fait exister, ce sont les lives.

Vous vous présentez pourtant toujours comme Strasbourgeois ?

Complètement ! Je pense important de s’ancrer en tant que groupe national, comme les Colt Silvers ou nous. Et quand on dit qu’on vient de Strasbourg, les gens sont souvent surpris. Il y a pas mal de clichés. A la différence de Nantes ou Rennes par exemple, on n’a pas de scène historique ni autant de structures. Mais aujourd’hui, ça change. Des gens défendent ça à Strasbourg. Et on est acteurs là-dedans. C’est notre prétention, notre travail de participer à faire émerger une scène strasbourgeoise.

Où passez-vous votre temps quand vous êtes ici et pas en tournée ?

Avec notre label indépendant French Gramm, on est hébergé sur la plateforme Artefact en résidence à la Laiterie, et on collabore aussi avec le Noumatrouff à Mulhouse. C’est donc à Strasbourg qu’on bosse notre son, ce qu’on veut monter en live… Même dans notre vie perso, on se retrouve souvent autour de la Laiterie. Après, comme DJ Q mixe dans tous les bars de Strasbourg, on est toujours bien accueillis partout, au Big Apple ou ailleurs. Mais ici, on profite de nos proches et on passe pas mal de temps à la maison.

Lyre le temps se replonge un peu plus dans le swing dans ce troisième album.
Lyre le temps se replonge un peu plus dans le swing dans ce troisième album. - Bartosch Salmanski / 128DB.

Le concert du vendredi 16 décembre à la Laiterie sera-t-il une date spéciale ?

Nous allons donc tourner avec notre nouvelle formule à quatre, mais à Strasbourg, on a préparé un petit truc spécial. On invitera aussi les copains qui sont pour l’essentiel du coin. Au total, avec les musiciens qui sont sur l’album, on sera treize sur scène ! Et puis on a rarement l’occasion de jouer devant nos familles et nos proches. Comme ils ont parfois du mal à matérialiser ce qu’on fait, on va pouvoir leur montrer qu’on a bossé sur un beau spectacle. C’est toujours une fierté de jouer ici, et c’est aussi l’occasion de renouer avec le  public strasbourgeois. C’est comme un petit cadeau. Ça va être une belle fête pour tout le monde !