Strasbourg: Des rues au Web, le magicien Markobi a de l'ambition

SPECTACLE Connu pour ses tours dans les rues ou les boîtes de Strasbourg, le magicien Markobi se régale avec ses cartes et beaucoup d’improvisation. Pour faire carrière, il compte désormais sur Internet…

Bruno Poussard

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Est-ce vraiment un as que Marc Bittar, alias Markobi, a dans la main gauche ?
Est-ce vraiment un as que Marc Bittar, alias Markobi, a dans la main gauche ? — G. Varela / 20 Minutes

Vous l’avez peut-être déjà croisé à Strasbourg. Dans le tram, à la terrasse d’un bar ou même en soirée, dans une boîte. C’est que Markobi a un penchant pour jouer de sa magie aux heures sombres : « Les émotions ne passent pas de la même façon. Mon kif, c’est le monde de la nuit pour son ambiance, son enthousiasme. »

A 22 ans, cet étudiant en biologie apprécie avant tout de s’amuser avec les gens et leurs réactions. Pour mieux les dérouter. Toujours un jeu sur lui, Marc Bittar (de son vrai nom) est capable de vous interpeller à tout moment. Entre deux séances de code, à la caisse d’un supermarché, ou même à votre fenêtre si vous êtes au rez-de-chaussée.

Son close-up, une magie de proximité, avec des cartes

La rue, c’est son école. Là où il a appris ce qui est efficace, ce qui nécessite d’être épuré. « Si ta personnalité est plus puissante que ton art, il passe partout », clame-t-il. Loin des grands illusionnistes, Markobi s’est lancé voilà un peu plus de quatre ans le close-up, cette magie rapprochée, de proximité, en direct. Pour la richesse de l’échange.

Sans ego trip démesuré, l’Alsacien assume : « Ça peut paraître égoïste, mais je veux que ce soit moi qui étonne. » D’autant qu’en live, la possibilité de rebond est énorme pour ce magicien habitué à utiliser également l’environnement proche. Et ça tombe bien, d’ailleurs, puisque ce qu’il apprécie tant, c’est l’improvisation. Où il excelle.

Beaucoup d’improvisation et d’anticipation pour toujours surprendre

Il faut le voir à l’œuvre, 52 cartes entre les mains et un regard à percer le fond de votre pensée. « J’adore quand on m’essaye de m’avoir, reprend-il, armé d’un stock de techniques. Je peux commencer un tour et changer au milieu si quelqu’un semble comprendre. Il faut avoir deux temps d’avance sur l’interprétation des gens. »

Depuis ses premiers tutoriels observés sur YouTube au début de ses études, Markobi est complètement tombé dedans. D’une vidéo à une autre, d’un site à un autre, d’un nom à un autre, d’un spectacle à un autre ou d’un bouquin à un autre, cette passion lui a mangé un paquet d’heures et de nuits. Sans qu’il n’y voit le temps passer.

Des tutos insuffisants pour apprendre la vie psychologie de la magie

Pas forcément bien vus dans le milieu, ces tutos en ligne ne lui ont donc donné qu’une base. « L’émotion créée ne s’acquiert pas juste avec des techniques, tranche ce fils de médecins, pas tellement destiné à un milieu artistique. Tu apprends d’abord en observant, mais le travail se fait ensuite en ajoutant une touche d’inventivité. »

Markobi manie les cartes mais surtout la psychologie de son audience.
Markobi manie les cartes mais surtout la psychologie de son audience. - G. Varela / 20 Minutes

Avec un livre de psychologie dans la poche, Markobi continue d’apprendre sur les principes de présentation de son art. Un travail individuel. Les secrets du milieu restent gardés. « Entre magiciens, on se donne essentiellement surtout des pistes d’exploration de technique, au compte-gouttes, précise-t-il. Il faut chercher seul pour savoir où aller. »

Une page Facebook et bientôt YouTube pour se faire connaître

Comme Bernard Bilis du Plus grand cabaret du monde, Markobi a pourtant déjà rencontré des grands noms. Mais plutôt pour parler carrière. Car le Strasbourgeois se lance sérieusement. Créée en avril 2015, « parce que les gens dans la rue demandaient où (l) e suivre », sa page Facebook compte plus de 10.600 likes. Il y fait parfois des lives.

Equipé d’une caméra toute neuve, Marc Bittar compte désormais débarquer (enfin) sur YouTube. Il veut se donner un maximum de chances de se faire connaître. A quelques mois d’arrêter ses études, il ne cache qu’il aimerait vivre du close-up, mais se dit prêt à explorer d’autres pistes. Sans cacher son ambition : « Je veux faire partie de la crème. »