Strasbourg: L’Insa a désormais son prototype de balcon en verre, chauffé par le soleil

ARCHITECTURE Développé au fil de trois années de projet dans le cadre de la rénovation d’une façade de ses bâtiments, le balcon de l’Insa de Strasbourg, chauffé à l’énergie solaire, termine d’être installé…

Bruno Poussard

— 

Le balcon de l'Insa dépasse de cinq mètres du bâtiment.
Le balcon de l'Insa dépasse de cinq mètres du bâtiment. — B. Poussard / 20 Minutes.

Au-dessus du vide, l’avancée mesure près de cinq mètres de long. Et elle a de l’allure, entourée de verre, et posée sur une grosse dalle en béton dans la continuité d’un bureau, au deuxième étage du bâtiment. Au vitrage en phase désormais terminale, cet objet est en fait le nouveau prototype de l’Insa ( Institut national des sciences appliquées) de Strasbourg, dont l’installation a démarré fin août.

>> A lire aussi : Strasbourg: Comment les étudiants pourront faire des économies à la rentrée

En attendant la pose de capteurs permettant d’en connaître concrètement les apports énergétiques solaires, des étudiants ont calculé l’économie d’énergie potentielle à 20%. En revanche, le balcon ne sera en revanche pas vraiment utilisable été comme hiver, trop chaud ou trop froid. « Mais ça donnera aussi de la chaleur aux autres pièces du bâtiment », précise l’architecte Franck Guêné.

Trois années de réflexion d’étudiants architectes et ingénieurs

Initié par cet enseignant de l’école, le projet est le fruit de près de trois ans de réflexion, autour de la rénovation thermique de cette façade sud de l’école. Sans toucher aux propriétés actuelles des baies vitrées productrices d’un effet de serre. « Ce projet des balcons, qu’on pensait presque utopique à un moment, a marqué plusieurs générations d’étudiants, renchérit Marine Marvillet, ancienne élève. Ca a été une belle émulation. »

S’ajoutant à l’édifice historique, les idées, plus ou moins insolites, ont avancé depuis 2013. Jusqu’à ce que le balcon ne soit donc retenu puis financé, à l’aide de plusieurs partenaires. « Quand j’ai présenté le projet aux étudiants, j’avais idée d’un prototype, mais je n’y croyais peut-être pas tant que ça, alors le voir aujourd’hui et avec notre bâtiment comme support, c’est fabuleux », félicite l’enseignant-chercheur Franck Guêné.

Le fameux balcon de l'Insa, développé après trois ans de réflexion par plus de cent étudiants.
Le fameux balcon de l'Insa, développé après trois ans de réflexion par plus de cent étudiants. - B. Poussard / 20 Minutes.

 

Des questions sur l’énergie, le patrimoine, et l’utilisation de l’espace

Au fil des ans, l’initiative a impliqué une centaine d’étudiants. Avec un autre intérêt, la transversalité entre les différentes spécialités. « C’est quand même la seule école d’architecture qui se trouve au sein d’une école d’ingénieurs », concrétise Marine Marvillet. Diplômée en 2015, cette dernière a justement été embauchée par la maîtrise d’œuvre Urbane Kultur, sollicitée (au même titre que le bureau d’études Capem) afin de mettre à bien ce projet et veiller à sa sécurité.

>> A lire aussi : Strasbourg: Le président de l’université Alain Beretz rejoint le ministère de l’Education et de la Recherche

Les dernières vitres posées sont essentiellement en double vitrage. « C’est moins réactif, mais ça dispose d’une plus grande inertie », décrypte le professeur. Au-delà de la consommation d’énergie, le projet soulève aussi des questions sur la préservation du patrimoine dans les rénovations, et l’utilisation de l’espace. Franck Guêné s’en réjouit : « Ca cogite déjà dans l’école pour savoir ce que va devenir ce lieu ! J’ai envie que l’expérience se prolonge. » Le travail ne fait que commencer.