Alsace: «Sotralentz c’est 2 Alstom», la bonne formule pour sortir de la crise?

ECONOMIE Dans une indifférence presque générale, le groupe Sotralentz placé en redressement judiciaire interpelle les plus hautes autorités de l’Etat à qui elle demande de l’aide pour sauver 700 emplois…

Gilles Varela

— 

Capture d'écran Sotralentz à Drulingen Google Maps/Google Earth
Capture d'écran Sotralentz à Drulingen Google Maps/Google Earth — capture d'écran Google Maps/Google Earth

C’est un drame qui se joue presque à huis clos… Bien loin des retentissements médiatiques et des sorties politiques que connaît le sort d’Alstom, le groupe Sotralentz situé en Alsace et en Moselle se noie, presque tranquillement. Pour les cinq filiales du groupe, placées dernièrement en redressement judiciaire, cela représente 730 emplois, sans compter les sous-traitants, qui se retrouvent en grande difficulté. Et pourtant, les carnets de commandes sont pleins.

La trésorerie au cœur des attentes

Multipliant pourtant les communiqués de presses, les réunions publiques, les représentants syndicaux rappellent, avec une formule toute simple que « Sotralentz, c’est 2 Alstom : la bataille pour l’emploi continue. »

Et pour cela, la CGT vient d’interpeller l’Etat « au plus haut niveau en demandant une audience au président de la République, au Premier ministre, ainsi qu’au ministre de l’Economie. »

« Mais pour l’instant, nous n’avons aucune réponse, aucun rendez-vous, regrette Elisabeth Mathis, secrétaire CGT du CE Sotralentz Packaging. Et pourtant il y a urgence car le calendrier est serré et la trésorerie commence à manquer. » En effet, la date limite de dépôt des offres de reprise devant le TGI est fixée au 28 octobre. Et déjà pas moins de quinze entreprises ont montré leur intérêt pour certaines des cinq filiales.

>> A lire aussi : Alstom: Le gouvernement a-t-il vraiment sauvé le site de Belfort ?

Mais il faudra attendre le 31 octobre, date à laquelle le TGI rendra son avis sur la situation de la trésorerie et fera un premier état des repreneurs déclarés. La date finale est fixée au 21 novembre, avec une nouvelle audience du TGI où il sera décidé une liquidation judiciaire, soit de céder aux repreneurs soit de poursuivre la procédure de redressement judiciaire, si la trésorerie le permet…

Une subvention de deux millions d’euros

Et c’est pour cette raison que les représentants syndicaux ont demandé aux pouvoirs publics une subvention de deux millions d’euros « temporaire et remboursable » lors d’une rencontre le 13 octobre avec le président du conseil départemental Frédéric Bierry, des représentants de l’Agence de développement d’Alsace (ADIRA), de la région et des services de l’État. Ceci afin de permettre notamment aux filiales Sotralentz Packaging et Sotralentz Construction, situées à Drulingen, de pouvoir continuer à s’approvisionner pour répondre aux nombreuses commandes. « Pour l’instant nous sommes ralentis par le manque de consommables qui n’arrivent pas en temps et en heure. Nous fonctionnons sur notre propre trésorerie, c’est de l’auto financement mais ça ne pourra pas durer longtemps comme ça », s’inquiète Elisabeth Mathis.

Et la CGT prévient, elle est prête à descendre dans la rue et explique dans un communiqué de presse qu’elle demande au procureur de la République de mener les investigations pour vérifier la légalité des montages financiers des actionnaires », car selon elle, « c’est bien leur gestion qui a amené le groupe au bord du gouffre. »