Maladie de Lyme: Premières plaintes de 130 patients contre deux laboratoires, mardi

JUSTICE Pour commercialiser des tests de dépistage qui n’ont pas permis de les diagnostiquer de la borréliose de Lyme (transmise par les tiques), 130 malades assigneront deux laboratoires en justice, mardi…

Bruno Poussard

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L'Ixodes Ricinus, nom scientifique de la maladie de Lyme est transmise par les tiques.
L'Ixodes Ricinus, nom scientifique de la maladie de Lyme est transmise par les tiques. — GUTNER/SIPA

La démarche avait été annoncée dès la fin du mois de mai par leurs avocats. Ce mardi 18 octobre, 130 patients vont bien déposer plainte contre deux laboratoires pharmaceutiques, BioMérieux et DiaSorin, devant les tribunaux de Paris et Nanterre. Leur faute, selon eux : la commercialisation de tests de dépistage jugés inefficaces.

Une action regroupée à travers la cellule « Lymaction »

Non diagnostiqués, ces malades des quatre coins du pays sont regroupés au sein de la cellule de défense « Lymaction ». A travers ces assignations en responsabilité civile, ils mettent en cause la fiabilité du  test Elisa, premier niveau de dépistage autorisé en France, sur un nombre de souches de la pathologie ciblées qu’ils jugent insuffisant.

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Selon Me Julien Fouray, avocat à l’ordre du barreau d’Epinal à l’origine de l’action avec sa consœur Me Catherine Faivre, l’objectif est d’abord de « procurer, à travers la mise en cause de ces laboratoires, un mode d’indemnisation de nos clients qui sont pour beaucoup dans des situations dramatiques pour ne pas avoir été dépistées à temps. »

Une première vague de plaintes, en attendant la suite

Mais d’autres plaintes, notamment devant le Tribunal de grande instance de Strasbourg, suivront, prévient l’avocat. Et d’autres laboratoires seront concernés. « Cette première vague répond aux situations d’urgence auxquelles on devait d’abord répondre, justifie Me Fouray. Mais ce n’est que le premier étage de la fusée. »

La responsabilité de l’Etat pourrait également entre engagée devant la justice par des malades. En attendant, le laboratoire BioMérieux a réagi ce lundi, mettant en avant la conformité « aux réglementations européenne et américaine ». « Depuis l’annonce de cette action, aucun laboratoire ne s’est aventuré à parler de fiabilité », souligne Me Fouray.

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Un nouveau Plan national de lutte estimé pas assez concret

Ces plaintes regroupées visent aussi, pour les deux avocats, à encourager une réponse globale au « sous-diagnostic » des tests, alors qu’un Plan national de lutte contre les maladies transmises par les tiques a été annoncé début octobre. « On est passé du néant à quelque chose, et on partage le constat », commence par réagir Me Fouray.

Avant d’en lister, selon lui, les limites : « Mais le Plan pose l’absence de fiabilité des tests sans imposer de conséquences immédiates (comme le retrait des tests actuels) ou proposer des financements aux recherches nécessaires. Les seules mesures concrètes d’information, comme l’installation de panneaux en forêt, existent déjà. »

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La maladie de Lyme est-elle sous-estimée et mal soignée ?

Maladie complexe, la borréliose de Lyme oppose les spécialistes sur sa reconnaissance, sa prise en compte et son diagnostic. Plus de 25.000 cas par an sont détectés dans l’Hexagone. Mais certains estiment bien plus important le nombre de personnes touchées. Cent médecins ont même jugé Lyme « mal soignée » en France, cet été.

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Aux méthodes de diagnostic et de soin alternatives, les anciens professionnels de santé alsaciens Viviane Schaller et Bernard Christophe attendent quant à eux le verdict de la cour d’appel de Colmar, après l’audience du vendredi 7 octobre, au cours de laquelle ils étaient aussi défendus par Catherine Faivre et Julien Fouray.