Football: Avant Brest-Strasbourg, les anciens du Racing racontent Jean-Marc Furlan

SPORT S'il a laissé des souvenirs contrastés aux supporters strasbourgeois, le désormais coach brestois Jean-Marc Furlan a inspiré plusieurs joueurs et membres du staff entre 2007 et 2009...

Alexia Ighirri et Bruno Poussard

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Jean-Marc Furlan, entraîneur du Racing club de Strasbourg de 2007 à 2009. (Archives)
Jean-Marc Furlan, entraîneur du Racing club de Strasbourg de 2007 à 2009. (Archives) — G . VARELA / 20 MINUTES

Aux yeux des supporters strasbourgeois, il est celui qui a fait jouer Kévin Gameiro dans le couloir droit, descendre le club en 2008 et rater la montée un an plus tard. En revanche, le passage de  Jean-Marc Furlan, technicien jugé « ouvert » ou « inspirant », a marqué l’encadrement sportif, à l’heure où le Racing le retrouvera samedi à Brest (15h).

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Le paradoxe est grand. Déjà à la tête de la réserve à l’époque, François Keller résume : « Si les gens retiennent les échecs sportifs, pourtant, jamais un entraîneur n’a laissé d’aussi bons souvenirs au centre de formation. » Ceux d’un passionné qui aime le partage et qui va vers les autres, « avec respect, sans méfiance ».

« Grosse culture foot » et « une recherche du beau jeu »

Ancien équipier puis collègue en tant que coordinateur sportif du Racing en 2007, Ferhat Khirat savait « qu’il deviendrait un bon coach, parce qu’il est très réfléchi et qu’il a une grosse culture foot. » Encourageant par exemple François Keller à passer son diplôme d’entraîneur, Jean-Marc Furlan a marqué le chemin de plusieurs encadrants.

Jean-Marc Furlan à l'entrainement du Racing en août 2008.
Jean-Marc Furlan à l'entrainement du Racing en août 2008. - G . VARELA / 20 MINUTES

Toujours offensif, le style prôné et défendu par le Girondin d’origine est dans toutes les têtes. « Rien que les entraînements, ils étaient basés sur le beau jeu, se remémore l’ancien attaquant David Ledy. Il ne recherchait que ça. Quand on commençait à balancer pendant les matchs, il n’était pas content. »

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Son amour du jeu, le désormais coach brestois a toujours aimé le décrypter, l’expliquer. Lancé par Jean-Marc Furlan en Ligue 2, le désormais joueur de Martigues relance : « Il est très simple et très proche de ses joueurs. C’est un meneur d’hommes. Quand il veut se faire comprendre, il y arrive. A l’entraînement, on était très attentifs. »

Un « entraîneur-formateur » à impliquer sur le long terme ?

« Il voulait faire des garçons des joueurs intelligents dans le projet défini, complète François Keller. Il m’a apporté dans la lecture du jeu ou l’approche du métier. » A l’image de ses fortes relations avec la réserve et le centre de formation à Strasbourg, Jean-Marc Furlan viserait même plus la construction d’un projet de club que d’un projet de jeu.

La période où Jean-Marc Furlan signait des autographes à Strasbourg. (Archives)
La période où Jean-Marc Furlan signait des autographes à Strasbourg. (Archives) - G. VARELA / 20 MINUTES

« C’est un entraîneur-formateur qui veut donner de la valeur au club, reprend Ferhat Khirat, désormais recruteur des 8-20 ans de l’OM. Il s’inscrit dans la durée. A Strasbourg, il a donné leur chance à beaucoup, il ne faut pas oublier qu’on a vendu pour douze millions en descendant. A Brest, il s’adapte encore, avec un effectif jeune. »

Coach de Ligue 1 ou de Ligue 2 ? Des années charnières…

Aux fortes convictions, Jean-Marc Furlan est plutôt du genre à défendre son beefsteak. Même parfois trop ? « Il peut être jusqu’au boutiste », reconnaît François Keller. En 2008, ses idées lui ont-elles coûté la descente au bout d’une interminable série ? « Il n’a pas eu beaucoup de réussite, estime David Ledy. L’année suivante, on rate la montée sur un match. Ça se joue sur des détails. ».

Jean-Marc Furlan, entraîneur joueur du Racing club de Strasbourg. (Archives)
Jean-Marc Furlan, entraîneur joueur du Racing club de Strasbourg. (Archives) - G. VARELA / 20 MINUTES

Depuis sa période strasbourgeoise, l’entraîneur lancé à Libourne estime avoir grandi. Qualifiés de « traumatisme », ces deux ans au Racing resteront charnières dans sa carrière. « Il aurait dû basculer pour vingt ans comme un entraîneur de Ligue 1, et il a été catalogué comme un coach de Ligue 2, regrette le coach de la réserve. Mais sa capacité à rebondir après ça montre toutes ses qualités. »

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Ancien partenaire à Saint-Seurin Ferhat Khirat ajoute : « Il n’a jamais eu les effectifs qu’il aurait mérités. En tout cas, après le gâchis de l’époque, on voit bien que ceux qui le critiquaient de l’intérieur ne sont plus dans le football aujourd’hui, alors que lui a fait son chemin… » Les routes vont de nouveau se croiser. François Keller conclut : « Je lui souhaite de tout gagner cette année, sauf ce week-end ! »