INFOGRAPHIE. Encore un prix Nobel pour l’université de Strasbourg… Ça change quoi au final?

COLLECTION Ce mercredi, l'université de Strasbourg a remporté son quatrième prix Nobel, le troisième en chimie, avec le chercheur Jean-Pierre Sauvage...

Alexia Ighirri et Bruno Poussard

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Encore un prix Nobel pour l’université de Strasbourg… Ça change quoi au final ? (Archives, INSTITUT DE SCIENCE ET D'INGENIERIE SUPRAMOLECULAIRE)
Encore un prix Nobel pour l’université de Strasbourg… Ça change quoi au final ? (Archives, INSTITUT DE SCIENCE ET D'INGENIERIE SUPRAMOLECULAIRE) — G . VARELA / 20 MINUTES

Et encore un prix Nobel pour l’université de Strasbourg ! L’Unistra en compte désormais quatre en activité – fait exceptionnel en France — puisqu' avec son prix en chimie mercredi le chercheur Jean-Pierre Sauvage a rejoint son ancien directeur de thèse Jean-Marie Lehn (Nobel en 1987), Jules Hoffmann (2011) et Martin Karplus (2013).

A croire qu’il y a une formule magique (scientifique ?) à l’université strasbourgeoise pour créer de potentiels nobélistes… Mais une fois ces prix décrochés, qu’est-ce que cela change pour elle ?

Pourquoi autant de Nobel à Strasbourg ? En fait, il n’y a pas de recette secrète. « Les gens collaborent, mettent en place des plateformes, des outils partagés, tente d’expliquer Catherine Florentz, vice-présidente de l’Unistra en charge de la recherche. Il y a un terreau, un état d’esprit mais qui n’est pas propre à la chimie, c’est valable pour toutes les disciplines. »

Reste que sur les quatre nobélistes strasbourgeois, trois concernent la chimie : « Il y a ici un centre d’excellence. Jean-Marie Lehn (qui a fondé l' Institut de science et d’ingénierie supramoléculaires) a instauré un recrutement systématique à l’international. On cherche les meilleurs pour travailler avec les meilleurs. Ils se stimulent, se challengent », poursuit la vice-présidente. Pour Jean-Marie Lehn, « il y a une tradition de chimie à Strasbourg, c’est vrai. Cela remonte à la période allemande, entre 1870 et 1918, où la ville disposait, avec Berlin, de la seule université impériale. Puis des gens ont voulu rendre les choses plus modernes ici. »

>> L’ancien président de l’Unistra a sorti une archive, lorsque Jean-Pierre Sauvage ne faisait pas encore parti du cercle des prix Nobel

La meilleure des publicités ? Catherine Florentz fait court : « Mercredi, le monde entier a su que l’université de Strasbourg était sur la planète et que c’est un acteur du plus haut niveau en chimie. C’est une pépite, là où on fait les plus grandes découvertes, où on est le plus créatif ». En plus de donner « un coup de boost général » aux jeunes étudiants du campus, un nouveau prix Nobel pour l’université va lui permettre de gagner des places dans différents classements, dont celui de Shanghai. Et par conséquent de continuer d’attirer des étudiants étrangers.

En 2013, pour le précédent prix Nobel à Strasbourg, l’ancien président de l’université Alain Beretz s’amusait à comparer science et sport : « L’écho d’un Nobel, c’est comme la médaille d’or d’un sportif. Ça permet au grand public de s’approprier la science. »

>> A lire aussi: «En termes de recherche, on est en Ligue des champions», assure le président de l'université de Strasbourg

Un gain financier ? Si le nobéliste gagne une somme d’argent (plus de 800.000 euros à se partager avec les deux autres lauréats, soit « ce que gagne le footballeur Ronaldo en dix minutes », sourit Jean-Pierre Sauvage), l’université de Strasbourg n’empoche... rien. Et elle ne s’attend pas forcément à ce qu’une partie du gain soit réinvestie dans la recherche à l’Unistra : « Le prix Nobel fait ce qu’il veut de sa récompense », assure Catherine Florentz.

 


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