Fessenheim: EDF et l’ancien directeur de la centrale devant le tribunal après une plainte des associations

NUCLEAIRE Le tribunal de police de Guebwiller examine la plainte d’associations déposée après des fuites à la centrale haut-rhinoise au printemps 2015…

Alexia Ighirri

— 

Fessenheim: EDF et l'ancien directeur de la centrale devant le tribunal après une plainte des associations (Archives)
Fessenheim: EDF et l'ancien directeur de la centrale devant le tribunal après une plainte des associations (Archives) — G. VARELA / 20 MINUTES

La source du problème : des fuites d’eau à la centrale nucléaire de Fessenheim. Suite à ces incidents, des associations - le Réseau « Sortir du nucléaire », Stop Fessenheim, Stop Transports - Halte au nucléaire, Comité de sauvegarde de Fessenheim et plaine du Rhin et Alsace Nature - avaient déposé plainte contre EDF et Thierry Rosso, directeur de la centrale au moment des faits.

Que s’est-il passé ? Le 28 février 2015, une première fuite est observée dans la salle des machines, hors de la zone nucléaire, suite à une fissure sur une tuyauterie d’eau. Les équipes de conduite de la centrale ont alors procédé à la mise à l’arrêt de l’unité de production n°1. Un incident de niveau 0 sur l’ échelle INES. Mais le 5 mars, lors de la remise en service, une nouvelle fuite se déclare en un point non loin du précédent alors que des inspecteurs de l' Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le gendarme du nucléaire, étaient présents pour analyser la gestion de l’événement. Le directeur de la centrale précisait alors que la canalisation constituait un circuit connexe. Le 21 avril, ces cinq associations ont déposé plainte.

>> A lire aussi : >> A lire aussi: Des associations portent plainte contre EDF après «des mensonges et des infractions» à la centrale de Fessenheim

Que reprochent les associations ? S’appuyant sur des dispositions pénales du code de l’environnement, elles assurent que les deux fuites ont été minimisées en évoquant un « défaut d’étanchéité ». Selon les plaignants, « il s’agissait en réalité d’une fuite de plus de 100m3 d’eau qui s’étaient déversés dans la salle des machines éclaboussant des boîtiers électriques ». Ils espèrent une condamnation d’EDF et de l’ancien directeur de la centrale : « C’est symbolique mais aussi fondamental parce qu’on parle d’une centrale nucléaire, indique le militant antinucléaire de Stop Fessenheim, André Hatz. Le fait de ne pas avoir entretenu la conduite, de ne pas avoir respecté les règles, [d'avoir] remis la conduite en marche au nez et à la barbe des inspecteurs de l’ASN… Ce sont des faits extrêmement graves ».

>> A lire aussi: La centrale de Fessenheim était «assez satisfaisante» en 2015 selon l'Autorité de sûreté nucléaire

Que dit le gendarme du nucléaire ? Quelques mois après l’incident, la chef de la division de Strasbourg de l’ASN Sophie Letournel, évoquait « un manque de rigueur d’EDF. La réparation aurait dû être fiable ». Son président Pierre-Franck Chevet, avait fait savoir qu’il n’était « pas content » de l’attitude d’EDF : « Il y a eu une communication plus que décalée par rapport à la réalité ».​