Strasbourg: Faut-il avoir peur des tiques particulièrement nombreuses en Alsace?

SANTE La prévention des risques liés aux morsures de tiques s’intensifie…

Gilles Varela

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Illustration d'une tique.
Illustration d'une tique. — AP/SIPA

Craintes justifiées ? Idées fausses ? Prévention trop timide ? Les morsures de tiques s’invitent de plus en plus dans les pensées des familles alsaciennes, des randonneurs et autres amoureux de la nature mais aussi dans le débat public. Aussi, les actions de prévention lancées par les autorités, conscientes du problème de santé publique que représentent les maladies véhiculées par le redouté parasite, se multiplient. Le dévoilement des premiers panneaux « Gare au tiques » à l’entrée de la réserve naturelle du Neuhof mercredi, a été l’occasion pour 20 Minutes d’obtenir quelques éclaircissements auprès de médecins acteurs de la prévention des risques liés aux morsures de tiques.

Panneaux de prévention des risques liés aux morsures de tiques. Forêt du Neuhof.
Panneaux de prévention des risques liés aux morsures de tiques. Forêt du Neuhof. - G. Varela / 20 Minutes

 

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Les tiques aiment l’Alsace. L’Alsace est particulièrement touchée et le phénomène semble même s’amplifier ces dernières années. « C’est une région endémique pour un certain nombre de maladies transmises par les tiques », explique Pascale Herbrecht, médecin chef du service de santé au travail de la MSA d’Alsace.

Une des explications avancée pour expliquer la présence des tiques est l’humidité des forêts du bassin rhénan. La densité de la présence des tiques varie à la fois avec le degré d’humidité, la couverture végétale et avec l’abondance de la faune sauvage. Selon l’Agence régionale de santé Alsace, (ARS), la maladie de Lyme est actuellement la plus préoccupante (environ 3.000 cas par an en Alsace).

Forêt du Neuhof
Forêt du Neuhof - G. Varela / 20 Minutes

Combattre les idées reçues. Si une morsure n’est jamais banale, ce n’est pas forcément grave. Le risque infectieux, selon les spécialistes, est réel et préoccupant pour toute personne se rendant dans des zones à tiques mais il ne faut pas paniquer. Toutes ne sont pas infectées par la bactérie borrelia, responsable de la maladie de Lyme et si la prise en charge médicale est rapide, elle est efficace. Le traitement contre la maladie de Lyme, sa durée, son évolution fait polémique et certaines idées reçues sont fausses.

Non, les tiques ne se trouvent pas que dans les forêts. Elles se trouvent également dans les parcs, les jardins et il n’existe pas de vaccin pour éviter la maladie de Lyme. Autre idée reçue, il faut utiliser des produits tel du savon liquide, de l’éther ou autre avant de retirer une tique. C’est faux, il faut surtout éviter de stresser l’animal car en l’arrachant elle régurgite dans le corps humain tout ce qu’elle a dans les glandes salivaires. Il faut utiliser un tire tiques ou à défaut une pince à épiler, le mieux dans les douze heures après la morsure.

D’autre part, une tache rouge, un érythème migrant, (symptôme de la maladie de Lyme) peut apparaître seulement cinq semaines après la morsure, il faut donc surveiller. Enfin, les tiques sont aussi la cause de méningo-encéphalite à tiques (MET), une maladie plus connue mais qui bénéficie d’un vaccin.

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Quelle est la meilleure arme contre les tiques ? « La prévention ! », a indiqué le docteur Pascale Herbrecht. Aussi, une campagne de sensibilisation pour le grand public est lancée. La MSA et l’ARS, mettent à disposition des communes une trentaine de panneaux d’information, des réunions sont tenues, l’accent sur les scolaires sera fait. Une prévention utile puisqu’une diminution des maladies auprès des professions de la nature au contact avec les tiques après une campagne de sensibilisation a été constatée.

Et comme des tiques, on en trouve aussi dans les parcs des villes et dans les jardins, Christel Kohler, adjointe au maire de Strasbourg en charge de la nature en ville a évoqué l’idée de mettre des panneaux d’information dans les parcs de la ville. Une prévention d’autant plus utile lorsque l’on sait que les tiques connaissent deux pics d’activités, un au printemps mais aussi un… à l’automne.