Comment la plus impressionnante carte du ciel étoilé a en partie été réalisée grâce à Strasbourg

SCIENCES Des équipes strasbourgeoises du CNRS-Unistra ont participé à cartographier plus d’un milliard d’étoiles de la Voie Lactée, grâce aux mesures faites par le satellite Gaia…

Gilles Varela

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Vue d'artiste du télescope Gaïa face à la Voie lactée.
Vue d'artiste du télescope Gaïa face à la Voie lactée. — ESA

On ne l’a jamais vu comme ça, mais grâce à l’Agence spatiale européenne (ESA), pour la première fois, la carte du ciel, la plus précise et la plus détaillée a été publiée le 14 septembre dernier. Imaginez 1.14 milliards d’étoiles cartographiées. Soit dix mille fois plus que lors de la précédente mission publiée en 1997. Un exploit auquel des scientifiques strasbourgeois ont participé en développant des applications et des codes informatiques d’analyses des étoiles, indispensables pour l’ESA.

Mais pourquoi Strasbourg ?

Cette incroyable carte faisant partie du catalogue Gaia DR1 met à l’honneur le travail de l’Observatoire astronomique de Strasbourg (CNRS-Unistra) et particulièrement l’équipe du Centre de données astronomiques de Strasbourg (CDS).

C’est en effet à Strasbourg que « sont développées les technologies HiPS, c’est-à-dire permettant de manipuler facilement de gros volumes d’images et de catalogues. « C’est une des plus-values pour laquelle le CDS de Strasbourg a été retenu par l' ESA, explique Sébastien Derrière, chercheur au Centre de données astronomiques. Pour simplifier, cela permet de naviguer dans un gros volume de données sans pour autant tout télécharger d’un coup [de 500 Go à environ 1To pour les images]. » Une « simplicité » utile lorsque l’on sait que le CDS traite 800.000 requêtes par jour…

Autre plus value de l’Observatoire astronomique, une application (VIZIER) développée ici également et permettant de combiner des données, des informations, entre plusieurs catalogues et ce, jusqu’à plusieurs milliards de sources. Ainsi, les équipes strasbourgeoises vont contribuer àl’analyse des données collectées par le satellite. A Strasbourg, les scientifiques ont développé des codes informatiques d’analyse des étoiles doubles, afin de modéliser le « comportement » des systèmes multiples, comme deux étoiles qui tournent l’une autour de l’autre…

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Une précision cent fois plus grande

Ce qu’il y a d’extraordinaire avec le satellite Gaia, c’est que les nouvelles technologies intégrées permettent de mesurer à la fois la position d’un milliard d’étoiles, leurs distances par rapport au soleil pour près de deux millions d’entre elles, leurs mouvements et leurs propriétés physiques. Le tout avec une précision cent fois plus grande que celles obtenues lors de la dernière mission.

Des données accessibles à tous

Vous êtes curieux et vous voulez consulter l’incroyable carte du ciel ? Pas besoin d’être un scientifique reconnu. Astronomes amateurs ou du dimanche, le catalogue Gaia sera accessible à tous (ou presque) grâce aux scientifiques strasbourgeois et l’accès à un atlas du ciel interactif est dès à présent mis à jour. Mais ne nous emballons pas, « un milliard d’étoiles représente 1 % des étoiles de notre galaxie », tempère Sébastien Derrière.

Mais pour ceux qui ont toujours la tête dans les étoiles, il faudra patienter encore six ans, en 2022 pour avoir tous les résultats définitifs de Gaia et contempler alors une carte encore plus précise et plus détaillée du ciel.