Football: Le nouveau kop du Racing club de Strasbourg a pris ses marques à la Meinau

Sport Parti de son quart de virage, le kop du Racing club de Strasbourg fait désormais encore plus de bruit en tribune Ouest...

Bruno Poussard

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Les joueurs sentent la pression que le kop met sur les épaules de leurs adversaires. Lancer le diaporama
Les joueurs sentent la pression que le kop met sur les épaules de leurs adversaires. — G. Varela / 20 Minutes.

Pour sa deuxième en Ligue 2 seulement, Dimitri Liénard s’est régalé à la Meinau, voilà une semaine contre Troyes. Une entrée à 63e minute, un but à la 92e, et les cris à suivre… « Quel plaisir de marquer dans ce stade et devant ce public », commente-t-il. D’autant plus depuis le déplacement du kop du quart de virage en pleine tribune Ouest haute. D’où les chants sont encore plus repris, comme attendu encore ce lundi contre le Red Star (20h30).

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« J’ai vécu les premiers matchs en tribune presse (à cause d’une blessure, ndlr) et quand je sortais, j’avais mal à la tête, renchérit le Belfortain de naissance. J’adore ces supporters ! Certes, cela vaut dans le positif comme dans le négatif, mais ce qu’ils font est magnifique. » Impressionnant pour les adversaires, galvanisant pour les Strasbourgeois, ce soutien infaillible a pris une ampleur nouvelle.

Les chants sont parfois un peu plus grand public, démocratisation oblige.
Les chants sont parfois un peu plus grand public, démocratisation oblige. - B. Poussard / 20 Minutes.

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« Du même style que le mur de Dortmund ! »

« Ça peut facilement tétaniser un adversaire », témoigne le portier Alexandre Oudikja, habitué à sentir les supporters souffler dans son dos. A ses côtés, Yoann Salmier s’enflamme : « C’est un peu du style le mur de Dortmund (sic) ! Une très bonne idée du club. » Plutôt des supporters, à vrai dire, à l’issue d’une réunion avec les responsables du Racing à l’automne 2015.

Les Ultra Boys 90, après quelques adaptations, mettent encore plus d'ambiance.
Les Ultra Boys 90, après quelques adaptations, mettent encore plus d'ambiance. - G. Varela / 20 Minutes.

« Alors qu’on a évoqué dans le vent l’idée d’un déménagement au détour d’une discussion, Marc Keller a tilté », raconte Etienne, responsable des Ultra Boys 90, en charge de l’ambiance du kop depuis plus de 15 ans. Des mois de négociations plus tard côté club et supporters, le déplacement a été acté en mai. Dès août, le kop a ensuite dû s’adapter pour entraîner le stade avec lui.

Plus de matériel pour plus d’ambiance

Avec l’aval du Racing, le club de fans s’est déployé par ses propres moyens, autour d’un promontoire, d’une sono et d’une barrière surélevée à l’avant de la tribune. Avec des changements. « On a désormais de plus grand haut-parleurs, drapeaux, tifos… liste Etienne. Ça nous demande aussi plus de temps et d’investissement. » Comme lorsqu’il s’agit de critiquer les matchs programmés le lundi.

Côté ambiance aussi, la tribune nettement plus grande et donc plus ouverte a entraîné des évolutions. Etienne détaille : « On garde nos propres chants qui sont parfois historiques, mais on en ajoute certains assez simples aussi, avec moins de paroles, pour ceux qui nous rejoignent ». Démocratisation oblige. Le kop a ses idées, mais il n’est pas fermé. Il voit même débarquer une population nouvelle.

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Démocratisation des chants, public plus large

Loin de l’irrespirabilité du quart de virage bondé de jeunes en fin de saison dernière, la capacité tourne aujourd’hui à plus de 3.500 places. « Même si on aurait souhaité un peu moins cher, tout le monde peut venir à des tarifs abordables, et ça permet un mélange de différents publics », félicite Etienne, qui voit le nombre d’abonnés de son association croître.

Le volume désormais encore plus élevé de leurs chants sans réel arrêt demande aussi quelques adaptations sur le pré. « Je ne m’entends pas parler avec mes défenseurs pour les placer si un attaquant déboule, rigole Alexandre Oukidja. Avec les supporters derrière, je ne crie pas, ça ne sert à rien, j’essaye plutôt de me faire comprendre par des gestes à la limite. » Ils aiment trop ça. Le kop, lui, joue son jeu.