Strasbourg: Pour Annabelle, enseignante, rentrée scolaire rimera avec expédition polaire

EDUCATION Pour Annabelle Kremer, enseignante à Souffelweyersheim (Bas-Rhin), l'année scolaire s'annonce polaire...

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Pour cette enseignante, rentrée scolaire rimera avec expédition polaire. (Archives)
Strasbourg: Pour cette enseignante, rentrée scolaire rimera avec expédition polaire. (Archives) — Floreal Hernandez

Ce jeudi, elle vivra une rentrée scolaire classique. Mais cette année 2016/2017 sera particulière pour Annabelle Kremer, enseignante de SVT au collège des Sept Arpents à Souffelweyersheim : celle qui est également formatrice associée à la Maison pour la science en Alsace se prépare à une expédition polaire en Antarctique.

Dans le cadre d’une grande action portée par le Muséum national d’histoire naturelle (Mnhn), l' Institut polaire Paul Emile Victor (Ipev) et leurs partenaires, Annabelle Kremer séjournera de fin décembre à fin février sur la base française Dumont d’Urville, en terre Adélie.

Des manchots au climat

Sur place, elle suivra le travail des chercheurs au quotidien dans le cadre de plusieurs programmes : sur la biodiversité et l’évolution de la faune benthique (qui vit sous la glace), sur l’évolution du climat, sur la vie dans une base en milieu extrême ou encore sur l’écophysiologie des manchots.

Annabelle Kremer illustrera le tout avec des interviews de chercheurs, des photos et vidéos de leur travail. Autant de matière et de données que l’Alsacienne transmettra via une plateforme aux enseignants d’une dizaine d’établissements partenaires en Alsace et en Bretagne. « Je fais, en fait, de la formation pour les enseignants. Je ne serai pas en lien direct avec les élèves, cela se fait déjà, poursuit-elle. L’idée est de créer un lien fort entre les chercheurs et les enseignants pour promouvoir la culture scientifique et mieux faire comprendre le fonctionnement et les enjeux de la recherche actuelle. »

« Au plus près de la science »

Le but ? Montrer le travail sur le terrain, « être au plus près de la science qui est en train de se faire. Avec, en plus, les contraintes de ces lieux extrêmes, explique l’enseignante. C’est la science sous toutes ses facettes, avec des contraintes humaines et techniques. Les enseignants ne se rendent plus vraiment compte du fonctionnement de la recherche sur le terrain. »

Annabelle Kremer sera la seule enseignante de l’expédition : « C’est ma première expérience de ce type. J’aime faire de la pédagogie innovante », souligne la professeure de SVT.

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« Il faut une belle dentition »

Si elle attend le grand départ avec hâte, elle ne s’y est pas particulièrement préparée. « J’ai eu tellement d’avis différents. Comme je n’en sais rien, je verrai bien sur place », sourit celle qui a dû répondre à un questionnaire médical basique sans test d’efforts supplémentaire : « Dumont d’Urville n’est pas en altitude. Par contre, il faut une dentition parfaite. Si on a une carie ou un pépin, il faut s’en débarrasser avant. Sur place, le médecin ne pourra rien faire et on sait qu’une infection dentaire peut être grave. »

Autre avantage, lorsqu’elle arrivera en Antarctique, ce sera l’été. « Il fera entre -5°C, -10°C, et sec. C’est gérable. En plus on a eu un super-équipement de l’Ipev qui le prend en charge, comme la vie sur place, avec des bottes, des combinaisons polaires, des lunettes spécifiques… » Avec ça, tout de même, quelques instructions sur les règles à respecter en milieu extrême.

A son retour, la professeure de SVT retrouvera ses classes de 4e qui participent à l’Enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) « ça chauffe en Antarctique »… Histoire de prolonger encore un peu le plaisir… glacé évidemment.