Déraillement d'un TGV en Alsace: Un rapport qui «pose les bonnes questions»

ENQUETE Les conclusions d'une nouvelle étude sur le déraillement mortel d'un TGV en Alsace le 14 novembre 2015 ont été dévoilées ce vendredi...

Alexia Ighirri
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Les conclusions d'une nouvelle étude sur le déraillement mortel d'un TGV à Eckwersheim (Alsace) le 14 novembre 2015 ont été dévoilées ce vendredi.
Les conclusions d'une nouvelle étude sur le déraillement mortel d'un TGV à Eckwersheim (Alsace) le 14 novembre 2015 ont été dévoilées ce vendredi. — G. Varela / 20 Minutes

Quelques jours après le déraillement d’une rame d’essai TGV à Eckwersheim près de Strasbourg, causant la mort de 11 personnes le 14 novembre 2015, il demandait, sur son blog, « si les procédures mises en œuvre pour assurer la sécurité de circulation du train sont assez abouties » ? Et si « plus globalement, l’organisation même des essais n’est-elle pas à revoir » ?

Autant dire que Bernard Aubin, secrétaire général de la Fédération indépendante du rail et des syndicats des transports (FiRST), a plutôt bien accueilli les conclusions d’une nouvelle enquête menée par le cabinet Technologia et dénonçant une organisation défaillante des essais.

« Ça me conforte dans mon analyse, notamment par rapport à la position de la SNCF qui expliquait très rapidement que l’accident était dû à une erreur humaine », débute le syndicaliste qui estime que « ce rapport pose enfin les bonnes questions. C’est en allant au fond de choses qu’on évitera qu’un tel accident puisse se reproduire. »

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Les conclusions de cette nouvelle enquête, dévoilées ce vendredi par Le Parisien, accablent Systra, la filiale de la SNCF chargée de l’organisation des essais. Un manque de rigueur et l’imprécision dans la chaîne de commandement sont notamment évoqués.

« Pas quelque chose de récurrent »

Concernant ce manque de rigueur dans les procédures d’essais, Bernard Aubin assure qu'« on ne peut pas dire que ce soit quelque chose de récurrent. Lors des essais, on est en dehors de la réglementation habituelle. Les erreurs observées pendant les essais n’arrivent pas en période commerciale. En temps normal, dans un TGV, on est en fait en sur-sécurité ».

Le secrétaire général FiRST concède néanmoins que certains risques ont pu être sous-estimés. « Lors des essais, on débranche le dispositif de contrôle de vitesse, mais il est important de mettre en place d’autres procédures de sécurité. Il y a peut-être des habitudes mises en place, peut-être des insuffisances au niveau des procédures. Ça nous interpelle sur la pertinence de ces procédures », poursuit-il.

Systra attend les conclusions de l’enquête pour communiquer

Avant de rappeler que « jusqu’à présent, il n’y avait pas eu de problèmes. Quelques incidents, mais c’est normal en période d’essais. On ne découvre souvent les risques que lorsqu’il y a un accident. Mais il faut avoir le courage de le reconnaître quand cela arrive. »

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Ses homologues des syndicats Unsa et CFDT attendaient, vendredi, d’avoir tous les éléments en main pour pouvoir réagir. La filiale Systra, mise en cause, souhaite également attendre les conclusions d’enquête en cours pour se prononcer.